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Le soutra du lotus
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Coeur de Loi
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Inscrit le: 03 Avr 2010
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MessagePosté le: Mer 2 Juin 2010 - 22:17    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 15 : Durée de la vie de l'Ainsi-Venu
Çâkyamuni fait enfin connaître qu'il est Bouddha depuis toute éternité. Et que c'est pour inciter les êtres a faire des efforts dans la Loi qu'il annonce qu'il va entrer bientôt en Disparition.


_____________


Chapitre 15

Durée de la vie de l'Ainsi-Venu

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Ensuite le Bienheureux s'adressa ainsi à la foule tout entière des êtres d'Éveil : "Ayez confiance en moi, ô fils de famille; croyez à l'Ainsi-Venu qui prononce la parole de vérité". Une seconde et une troisième fois le Bienheureux s'adressa ainsi aux êtres d'Éveil : "Ayez confiance en moi, ô fils de famille, croyez à l'Ainsi-Venu qui prononce la parole de vérité."

Ensuite la foule tout entière des êtres d'Éveil, se faisant précéder de l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant, et réunissant les mains en signe de respect, parla ainsi au Bienheureux : "Que le Bienheureux, que le Bien-Allé nous expose la cause de ces faits; nous avons foi dans la parole du Bienheureux". Une seconde fois la foule tout entière des êtres d'Éveil parla ainsi au Bienheureux. Une troisième fois la foule tout entière des êtres d'Éveil parla ainsi au Bienheureux.

Alors le Bienheureux voyant que la prière des êtres d'Éveil était répétée jusqu'à trois fois, s'adressa ainsi à ces êtres d'Éveil : "Écoutez donc, ô fils de famille, ce produit de la force de ma méditation profonde. Le monde, ô fils de famille, avec les dieux, les hommes et les demi-dieux qui le composent, a la conviction suivante, et se dit : "C'est aujourd'hui que le bienheureux Sage-des-Çâkyas, après avoir abandonné la maison des Çâkyas, après être parvenu à l'intime et suprême essence de l'état d'Éveil, dans la ville nommée Gayâ, est arrivé à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli". Et cependant il ne faut pas considérer le fait ainsi; bien au contraire, ô fils de famille, il y a déjà plusieurs myriades de milliers de milliards d'éons, que je suis arrivé à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

_____________

Soient, par exemple, ô fils de famille, les atomes de poussière dont se compose la terre de cinquante fois de myriades de milliers de milliards de mondes. Qu'il naisse un homme qui, prenant un de ces atomes de poussière, aille le déposer à l'orient, après avoir franchi cinquante fois des myriades de milliers de milliards d'univers incalculables. Que, de cette manière, cet homme, pendant des myriades de milliers de milliards d'éons, enlève de tous ces univers la totalité des atomes de poussière qu'ils renferment, et qu'il se trouve ainsi avoir déposé de cette manière et par cette méthode, du côté de l'orient, tous ces atomes de poussière.

Que pensez-vous de cela, ô fils de famille ? Est-il possible à quelqu'un d'imaginer, de compter, ou de déterminer ces univers ?"

Cela dit, l'être d'Éveil Amour-Bienveillant et la foule tout entière des êtres d'Éveil parla ainsi au Bienheureux : "Ils sont innombrables, ô Bienheureux, ces univers, ils sont incalculables, ils dépassent le terme auquel atteint la pensée. Tous les Auditeurs et les Éveillés-pour-Soi eux-mêmes, ô Bienheureux, ne peuvent, avec la science des Nobles, ni s'en faire une idée, ni les compter, ni les déterminer. Nous-mêmes, ô Bienheureux, qui sommes des êtres d'Éveil établis sur le terrain de ceux qui ne se détournent pas, nous ne pouvons faire de ce sujet l'objet de nos pensées, tant sont innombrables, ô Bienheureux, ces univers."

_____________

Cela dit, le Bienheureux s'adressa ainsi à ces êtres d'Éveil, ces grands êtres : "Je vais vous parler, ô fils de famille, je vais vous instruire. Oui, quelque nombreux que soient ces univers sur lesquels cet homme a déposé ces atomes de poussière et ceux sur lesquels il n'en a pas déposé, il ne se trouve pas, ô fils de famille, dans toutes ces myriades de milliers de milliards d'univers, autant d'atomes de poussière qu'il y a de myriades de milliers de milliards d'éons, depuis l'époque où je suis parvenu à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

Depuis le moment où j'ai commencé, ô fils de famille, à enseigner la loi aux créatures dans cet univers Endurance, et dans d'autres myriades de milliers de milliards d'univers, les vénérables Ainsi-Venus, tels que l'Ainsi-Venu Brûle-Lampe et d'autres, dont j'ai parlé depuis cette époque, ô fils de famille, pour faire connaître leur entrée dans l'Extinction complète, ces Ainsi-Venus, ô fils de famille, ont été miraculeusement produits par moi dans l'exposition et l'enseignement de la loi, par l'effet de l'habileté dans l'emploi des moyens dont je dispose.

Il y a plus, ô fils de famille, l'Ainsi-Venu, après avoir reconnu les mesures diverses d'énergie et de perfection des sens qu'ont possédées les êtres qui se sont succédé pendant ce temps, prononce en chacun de ces Ainsi-Venus son propre nom, expose en chacun d'eux sa propre Extinction complète, et, de ces diverses manières, il satisfait les créatures par différentes expositions de la loi.

_____________

Alors, ô fils de famille, l'Ainsi-Venu parle ainsi aux créatures qui ont des inclinations diverses, qui n'ont que peu de racines de vertu et qui souffrent de beaucoup de douleurs : "Je suis jeune d'âge, ô religieux; il n'y a pas longtemps que je suis sorti de la maison, que je suis parvenu à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli."

Mais si l'Ainsi-Venu, ô fils de famille, depuis si longtemps parvenu à l'état d'Éveillé parfait, s'exprime ainsi : "Il n'y a pas longtemps que je suis parvenu à l'état suprême d'Éveillé parfait," c'est uniquement dans le dessein de conduire les créatures à la maturité et de les convertir, c'est pour cela qu'il fait cette exposition de la loi.

Toutes ces expositions de la loi, ô fils de famille, sont faites par l'Ainsi-Venu pour discipliner les créatures; et les paroles, ô fils de famille, que prononce l'Ainsi-Venu pour discipliner les créatures, soit qu'il se désigne lui-même, soit qu'il désigne les autres, soit qu'il se mette lui-même en scène, soit qu'il y mette les autres, en un mot, tout ce que dit l'Ainsi-Venu, tout cela et toutes ces expositions de la loi sont faites par l'Ainsi-Venu conformément à la vérité. Il n'y a pas là mensonge de la part du Ainsi-Venu.

Pourquoi cela ? C'est que l'Ainsi-Venu voit la réunion des trois mondes telle qu'elle est; ce monde, à ses yeux, n'est pas engendré, et il ne meurt pas; il ne disparaît pas et il ne naît pas; il ne roule pas dans le cercle de la transmigration, et il n'entre pas dans l'anéantissement complet; il n'a pas été, et il n'est pas n'ayant pas été; il n'est pas existant, et il n'est pas non existant; il n'est pas ainsi, et il n'est pas autrement; il n'est pas faussement, et il n'est pas réellement; il n'est pas autrement, et il n'est pas ainsi; c'est de cette manière que l'Ainsi-Venu voit la réunion des trois mondes; en un mot, il ne la voit pas comme la voient les hommes ordinaires et les ignorants.

_____________

Aussi possède-t-il, de la manière la plus certaine, les conditions de ce sujet, et aucune n'échappe à son attention. Les paroles quelles qu'elles soient que l'Ainsi-Venu prononce sur ce sujet sont toutes vraies et non fausses. Afin de faire naître des racines de vertu dans les créatures dont la conduite et les intentions sont diverses, et qui s'abandonnent à leurs conceptions et à leurs raisonnements, il fait diverses expositions de la loi, à l'aide de divers sujets.

Ce que l'Ainsi-Venu doit faire, ô fils de famille, il le fait. l'Ainsi-Venu qui est depuis si longtemps parvenu à l'état d'Éveillé parfait, a une existence dont la durée est incommensurable. l'Ainsi-Venu qui, n'étant pas entré dans l'Extinction complète, subsiste toujours, parle de l'Extinction complète de l'Ainsi-Venu, dans une intention de conversion.

Cependant, ô fils de famille, je n'ai pas encore, même aujourd'hui, rempli Complètement les anciens devoirs qui m'étaient imposés en tant qu'être d'Éveil; la durée de mon existence n'est même pas accomplie; bien au contraire, ô fils de famille, aujourd'hui même il me reste, pour atteindre le dernier terme de mon existence, deux fois autant de myriades de milliers de milliards d'éons que j'en ai déjà vécu.

Je n'en annonce pas moins, ô fils de famille, que je vais entrer dans l'Extinction complète, quoique je ne doive pas y entrer encore. Pourquoi cela ? C'est que de cette manière je conduis tous les êtres à la maturité. Si je restais trop longtemps dans le monde, les êtres qui n'ont pas acquis des racines de vertu, qui sont privés de pureté, qui sont misérables, entraînés par leurs désirs aveugles, enveloppés dans les filets des fausses doctrines, diraient en voyant sans cesse l'Ainsi-Venu : "l'Ainsi-Venu reste dans le monde"; et ils s'imagineraient qu'il n'y a là rien que d'aisé à rencontrer; ils ne concevraient pas la pensée de quelque chose de difficile à obtenir.

_____________

S'ils disaient : "Nous sommes près de l'Ainsi-Venu", ils ne déploieraient pas leur énergie pour sortir de la réunion des trois mondes, et ne concevraient pas la pensée que l'Ainsi-Venu est difficile à rencontrer. De là vient, ô fils de famille, que l'Ainsi-Venu, grâce à son habileté dans l'emploi des moyens dont il dispose, prononce ces paroles : "C'est une chose difficile à obtenir, ô religieux, que l'apparition des Ainsi-Venus.

Pourquoi cela ? C'est qu'il peut se passer plusieurs myriades de milliers de milliards d'éons sans que les êtres voient un Ainsi-Venu, comme aussi ils peuvent en voir un dans cet espace de temps". De là vient, ô fils de famille, que je leur dis, après avoir introduit ce sujet : "C'est une chose difficile à obtenir, ô religieux, que l'apparition des Ainsi-Venus".

Les êtres, alors, sachant, par des développements nombreux, que l'apparition des Ainsi-Venus est une chose difficile à rencontrer, concevront des pensées d'étonnement et de chagrin; et ne voyant pas l'Ainsi-Venu, ils auront soif de le voir. Ces racines de vertu produites par la conception d'une pensée dont l'Ainsi-Venu est l'objet, leur deviendront pour longtemps une source d'avantages, d'utilité et de bonheur.

Voyant cela, quoique l'Ainsi-Venu n'entre pas dans l'Extinction complète, il annonce aux êtres son Extinction, en vertu de la volonté qu'il a de les convertir. C'est là, ô fils de famille, l'exposition de la loi que fait l'Ainsi-Venu; quand il parle ainsi, il n'y a pas alors mensonge de sa part.

_____________

C'est, ô fils de famille, comme s'il y avait un médecin instruit, habile, prudent, très-expert à calmer toute espèce de maladie. Que cet homme ait beaucoup d'enfants, dix, vingt, quarante, cinquante, cent, et qu'il soit parti pour faire un voyage; que tous ses enfants viennent à être malades d'un breuvage vénéneux ou de poison, qu'ils éprouvent des sensations de douleur causées par ce breuvage ou ce poison, et que brûlés par ce breuvage ils se roulent par terre.

Qu'ensuite le médecin leur père revienne de son voyage; que tous ses enfants soient souffrants de ce poison ou de cette substance vénéneuse; que les uns aient des idées fausses, et les autres l'esprit juste. Que tous ces enfants souffrant également de ce mal, à la vue de leur père, soient pleins de joie, et lui parlent ainsi : "Salut, cher père, tu es heureusement revenu sain et sauf et en bonne santé; délivre-nous donc de ce breuvage ou de ce poison qui détruit notre corps, et donne-nous la vie."

Qu'ensuite le médecin. voyant ses enfants souffrants de ce mal, vaincus par la douleur, brûlés, se roulant par terre, après avoir préparé un grand médicament doué de la couleur, de l'odeur et du goût convenables, et l'avoir broyé sur une pierre, le donne en boisson à ces enfants et leur parle ainsi : "Buvez, mes enfants, cette grande médecine qui a de la couleur; de l'odeur et du goût; après avoir bu, mes enfants, cette grande médecine, vous serez bien vite délivrés de ce poison, vous reviendrez à la santé, et vous n'aurez plus de mal."

_____________

Alors que ceux de ces enfants dont les idées ne sont pas fausses, après avoir vu la couleur de ce médicament, après en avoir flairé l'odeur, et savouré le goût, le boivent aussitôt et qu'ils soient complètement, entièrement délivrés de leur mal. Mais que ceux de ces enfants dont les idées sont fausses, après avoir salué leur père, lui parlent ainsi : "Salut, cher père, tu es heureusement revenu sain et sauf et en bonne santé; donne-nous la guérison;" qu'ils prononcent ces paroles, mais qu'ils ne boivent pas la médecine qui leur est présentée.

Pourquoi cela ? C'est que par suite de la fausseté de leur esprit, la couleur de cette médecine ne leur plaît pas, non plus que son odeur ni sa saveur. Qu'ensuite ce médecin fasse cette réflexion : "Mes enfants que voilà ont l'esprit faussé par l'action de ce breuvage ou de ce poison; c'est pourquoi ils ne boivent pas cette médecine, et ne me louent pas; si je pouvais, par l'emploi de quelque moyen adroit, faire boire cette médecine à ces enfants !"

Qu'alors le médecin désireux de faire boire la médecine à ses enfants à l'aide d'un moyen adroit, leur parle ainsi : "Je suis vieux, ô fils de famille, avancé en âge, cassé, et la fin de mon temps approche; puissiez-vous n'être pas malheureux, ô mes enfants ! puissiez-vous ne pas éprouver de douleur ! J'ai préparé pour vous cette grande médecine, vous pouvez la boire si vous le désirez."

_____________

Que le médecin, après avoir ainsi averti ses enfants à l'aide de ce moyen adroit, et s'être retiré dans une autre partie du pays, fasse annoncer à ses enfants malades qu'il a fait son temps; qu'en ce moment ceux-ci se lamentent extrêmement, et se livrent aux plaintes les plus vives : "Il est donc mort seul, notre père, notre protecteur, celui qui nous a donné le jour, et qui était plein de compassion pour nous; maintenant nous voilà sans protecteur."

Qu'alors ces enfants se voyant sans protecteur, se voyant sans refuge, soient incessamment en proie au chagrin, et que, par suite de ce chagrin incessant, leurs idées de fausses deviennent justes, et que ce médicament qui avait de la couleur, de l'odeur et du goût, soit reconnu par eux comme ayant en effet ces qualités; qu'en conséquence, ils le prennent alors, et que l'ayant pris, ils soient délivrés de leur mal. Qu'ensuite le médecin sachant que ses enfants sont délivrés de leur mal, se montre de nouveau à eux.

Comment comprenez-vous cela, ô fils de famille. Y a-t-il en quoi que ce soit mensonge de la part de ce médecin à employer ce moyen adroit ?" Les êtres d'Éveil répondirent : "Non, il n'y a pas mensonge, Bienheureux; il n'y a pas mensonge, Bien-Allé."

Le Bienheureux reprit : "De la même manière, ô fils de famille, il y a un nombre immense, incalculable, de millions de milliards d'éons, que je suis parvenu à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli; mais je développe de temps en temps, aux yeux des créatures, des moyens de cette espèce, dont je possède l'emploi habile, dans le dessein de les convertir, et il n'y a là, de ma part, mensonge en aucune manière.

_____________

Ensuite le Bienheureux voulant exposer ce sujet avec plus de développement, prononça, dans cette occasion, les stances suivantes :

"Ils sont inconcevables, ils sont à jamais incommensurables,
les dizaines de milliards d'éons qui se sont écoulés
depuis que j'ai atteint à l'état suprême d'Éveil
et que je ne cesse d'enseigner la loi.

Je convertis de nombreux êtres d'Éveil
et je les établis dans la science d'Éveillé;
depuis de nombreuses dizaines de millions d'éons,
je mûris complètement des myriades infinies de créatures.

Je désigne le terrain de l'Extinction
et j'expose mes moyens à l'effet de discipliner les créatures;
et cependant je n'entre pas dans l'Extinction
au moment où j'en parle, ici même j'explique les lois.

Alors je me bénis moi-même, et je bénis
aussi tous les êtres; mais les hommes ignorants
dont l'intelligence est faussée, ne me voient pas,
même pendant que je suis en ce monde.

Croyant que mon corps est entré dans l'Extinction complète,
ils rendent des hommages variés à mes reliques,
et ne me voyant pas, ils ont soif de me voir;
par ce moyen leur intelligence devient droite.

Quand les êtres sont droits, doux, bienveillants,
et qu'ils méprisent leurs corps,
alors réunissant une assemblée d'auditeurs,
je me fais voir sur le sommet du Pic-du-Vautour.

Et je leur parle ensuite de cette manière :
"Je ne suis pas entré ici, ni en tel temps,
dans l'Extinction complète; j'ai fait seulement usage,
ô religieux, de mon habileté dans l'emploi des moyens,
et je reparais à plusieurs reprises dans le monde des vivants."

Honoré par d'autres créatures, je leur enseigne
l'état suprême d'Éveil qui m'appartient; et vous,
vous n'écoutez pas ma voix, à moins d'apprendre
que le Chef du monde est entré dans l'Extinction complète.

Je vois les êtres complètement détruits,
et cependant je ne leur montre pas ma propre forme;
mais s'il arrive qu'ils aspirent à me voir,
j'expose la bonne loi à ces êtres qui en sont altérés.

Ma bénédiction a toujours été telle que je viens de la dire,
depuis un nombre inconcevable de dizaines de milliards d'éons,
et je ne sors pas d'ici, du sommet du Pic-du-Vautour,
pour aller m'asseoir sur des myriades d'autres sièges et d'autres lits.

_____________

Lors même que les êtres voient et se figurent
que cet univers est embrasé par les flammes,
alors même la terre d'Éveillé qui m'appartient
est remplie d'hommes et de divinité des éléments.

Ces êtres s'y livrent à des jeux et à des plaisirs variés;
ils y possèdent des dizaines de millions de jardins,
de palais et de chars divins; cette terre est ornée de montagnes
faites de diamant, et pleine d'arbres couverts de fleurs et de fruits.

Et les dieux frappent les tambours au-dessus de cette terre,
et ils font tomber une pluie de fleurs céleste rouge;
et ils m'en couvrent ainsi que mes auditeurs
et les autres sages qui sont arrivés ici à l'état d'Éveillé.

C'est ainsi que ma terre subsiste continuellement,
et les autres êtres se figurent qu'elle est en proie à l'incendie;
ils voient cet univers redoutable livré au malheur
et rempli de cent espèces de misères.

Et ils restent pendant de nombreux dizaines de millions d'éons
sans entendre jamais le nom même d'Ainsi-Venu ou de loi,
sans connaître une assemblée telle que la mienne;
c'est là la punition de leurs actions coupables.

Mais lorsque ici, dans le monde des hommes,
il vient à naître des êtres doux et bienveillants,
â peine sont-ils au monde, que, grâce à leur vertueuse conduite,
ils me voient occupé à expliquer la loi.

Et je ne leur parle jamais de cette œuvre sans fin
que je continue sans relâche; c'est pourquoi il y a longtemps
que je ne me suis fait voir, et de là vient que je leur dis :
"Les Vainqueurs sont difficiles à rencontrer."

Voilà quelle est la force de ma science, cette force éclatante
à laquelle il n'y a pas de terme; et j'ai atteint
à cette longue existence, qui est égale à un nombre infini d'éons,
pour avoir autrefois rempli les devoirs de la vie religieuse.

Ô sages, ne concevez à ce sujet aucun doute;
renoncez absolument à toute espèce d'incertitude,
la parole que je prononce est véritable;
non, jamais ma parole n'est mensongère.

De même que ce médecin exercé à l'emploi des moyens convenables,
qui, vivant encore, se dirait mort dans l'intérêt de ses enfants
dont l'esprit serait tourné à la contradiction, et de même que ce serait là
un effet de la prudence de ce médecin, et non une parole mensongère;

De même moi qui suis le père du monde, l'être existant par lui-même,
moi le chef et le médecin de toutes les créatures, quand je les trouve
disposées à la contradiction, égarées par l'erreur et ignorantes,
je leur fais voir mon Extinction, quoique je n'y sois pas encore entré.

À quoi bon me montrerais-je continuellement aux hommes ?
Ils sont incrédules, ignorants, privés de lumières,
indolents, égarés par leurs désirs;
leur ivresse les fait tomber dans la mauvaise voie.

Ayant reconnu quelle a été en tout temps leur conduite,
je dis aux créatures : "Je suis l'Ainsi-Venu,"
pour les convertir par ce moyen à l'état d'Éveillé,
et pour les mettre en possession des lois des Éveillés."
_________________
'
________________


Dernière édition par Coeur de Loi le Ven 18 Mar 2011 - 01:41; édité 3 fois
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MessagePosté le: Mer 2 Juin 2010 - 22:17    Sujet du message: Publicité

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Coeur de Loi
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Inscrit le: 03 Avr 2010
Messages: 330

MessagePosté le: Mer 2 Juin 2010 - 22:19    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 16 : Le discernement des bienfaits
Dialogue entre Çâkyamuni et Mâitrêya sur les mérites incommensurables de la foi et de la dévotion sur le chapitre concernant la longévité incroyable du Bouddha.


_____________


Chapitre 16

Proportion des mérites

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Pendant que cette exposition de la durée de la vie de l'Ainsi-Venu était faite, un nombre immense et incalculable de créatures en retirèrent du profit. Alors le Bien-Allé s'adressa ainsi à l'être d'Éveil, au grand être Amour-Bienveillant : "Pendant qu'a été donnée, ô toi qui es invincible, cette indication de la durée de la vie de l'Ainsi-Venu, laquelle est une exposition de la loi, des myriades de milliers de milliards d'êtres d'Éveil en nombre égal à celui de soixante-huit Ganges, ont acquis la patience surnaturelle dans la loi. Un nombre cent mille fois plus grand d'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, a obtenu la possession des formules.

D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes de mille univers, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont obtenu le pouvoir de n'être enchaînés par aucun contact. D'autres êtres d'Éveil, en nombre égal à celui des atomes d'un univers, ont obtenu la possession de la formule qui fait mille milliards de tours. D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes d'un univers formé de trois mille mondes, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont fait tourner la roue qui ne revient pas en arrière. D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes d'un moyen univers, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont fait tourner la roue de la loi nommée "Celle dont l'éclat est sans tache."

D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes d'un petit univers, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont été destinés à obtenir, au bout de huit naissances, l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli. D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes de quatre univers formés de quatre îles, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont été destinés à obtenir, au bout de quatre naissances, l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes de trois univers formés de quatre îles, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont été destinés à obtenir, au bout de trois naissances, l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli. D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes de deux univers formés de quatre îles, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont été destinés à obtenir, au bout de deux naissances, l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

D'autres êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes d'un seul univers forme de quatre îles, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont été destinés à obtenir, au bout d'une naissance, l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli. Des êtres d'Éveil, des grands êtres, en nombre égal à celui des atomes de huit univers formés d'un grand millier de trois mille mondes, après avoir entendu cette exposition de la loi, ont conçu la pensée de l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli."

_____________

À peine le Bien-Allé eut-il exposé à ces êtres d'Éveil, ces grands êtres le sujet qui renferme la démonstration de la loi, qu'alors du haut de l'atmosphère et du ciel il tomba une grande pluie de petits et grands pétales de fleur céleste rouge. Les myriades de milliers de milliards d'Éveillés qui, après être arrivés dans ces myriades de milliers de milliards d'univers, étaient assis sur des trônes auprès d'arbres de diamant, furent tous couverts de cette pluie.

Le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas et le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor qui était entré dans l'Extinction complète, tous deux assis sur un trône de diamant, en furent complètement couverts, ainsi que la foule tout entière des êtres d'Éveil, avec les quatre assemblées.

Des poudres divines de santal et d'Aguru tombèrent comme une pluie. On entendit, du haut du ciel, retentir dans les airs de grandes timbales qui rendaient, sans être frappées, des sons agréables, doux et profonds; des pièces doubles d'étoffes divines tombèrent par centaines et par milliers du haut des airs; des colliers, des guirlandes, des chapelets de perles, des joyaux, de grands joyaux et de gros diamants parurent en l'air, suspendus à tous les points de l'horizon. Des centaines de mille de vases de diamant qui contenaient un encens précieux, s'avancèrent d'eux-mêmes de tous côtés.

Les êtres d'Éveil, les grands êtres soutinrent en l'air, au-dessus de chaque Ainsi-Venu, des lignes de parasols faits de pierreries, qui s'élevaient jusqu'au ciel de Brahmâ; c'est de cette manière que les êtres d'Éveil, les grands êtres soutinrent en l'air au-dessus de ces innombrables myriades de milliers de milliards d'Éveillés, des lignes de parasols faits de pierreries qui s'élevaient jusqu'au ciel de Brahmâ. Chacun d'eux célébra ces Ainsi-Venus en faisant entendre des stances sacrées à la louange des Éveillés.

_____________

Alors l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"L'Ainsi-Venu nous a fait entendre une loi merveilleuse,
une loi qui n'a jamais été entendue par nous auparavant;
il nous a dit quelle est la bienveillance des Guides du monde
et combien est infinie la durée de leur existence.

Aussi, après avoir entendu aujourd’hui cette loi
qui leur est donnée de la bouche du Bien-Allé,
des dizaines de milliards d'êtres vivants,
qui sont les fils chéris du Guide du monde, se sentent épanouis de joie.

Quelques-uns sont établis dans l'état suprême d'Éveil
qui ne retourne pas en arrière; quelques-uns possèdent
la meilleure des formules; d'autres sont fermes dans l'énergie du détachement,
et d'autres ont la possession de dizaines de milliards de formules.

Quelques-uns, aussi nombreux que les atomes d'un monde,
sont arrivés à l'excellente science d'Éveillé;
d'autres sont destinés à devenir, à partir de leur huitième existence,
des Vainqueurs doués d'une vue infinie.

Après avoir franchi les uns quatre, les autres trois,
les autres deux existences, ceux qui ont entendu
cette loi de la bouche du Guide du monde,
obtiendront l'état d'Éveil en voyant la vérité.

Quelques-uns, au bout d'une seule existence, arriveront
à l'omniscience dans la vie suivante; c'est là le fruit excellent
qu'ils recueilleront de l'attention qu'ils auront donnée
à ce récit de la vie du Guide du monde.

Ils sont aussi innombrables, aussi incalculables
que les atomes de poussière que renferment huit mondes,
les dizaines de milliards de créatures qui, après avoir
entendu cette loi, ont conçu la pensée de l'excellent état d'Éveil.

C'est là l'œuvre que vient d'accomplir le grand solitaire,
quand il a expliqué l'état d'Éveillé,
cet état qui n'a ni terme ni mesure,
et qui est aussi incommensurable que l'élément de l'éther.

De nombreuses dizaines de milliards de fils des dieux
ont fait tomber une pluie de pétales de fleur céleste rouge;
des Çakras et des Brahmâs en nombre égal à celui des sables du Gange,
ont quitté des dizaines de milliards de terres pour se réunir ici.

Répandant des poudres odorantes de bois de santal
et d'Aguru. ils parcourent le ciel, semblables
à des oiseaux, et ils en couvrent l'empereur
des Vainqueurs d'une manière convenable.

Du haut des airs, des timbales font entendre,
sans être frappées, des sons agréables;
des dizaines de milliards de pièces d'étoffes divines
tombent en tournant autour des Guides des hommes.

Des dizaines de milliards de vases
faits de pierreries et contenant un encens précieux,
se rendent ici d'eux-mêmes de tous côtés,
afin d'honorer le Protecteur, le Chef des mondes.

Les sages êtres d'Éveil soutiennent d'innombrables
myriades de dizaines de millions de parasols,
hauts, grands et faits de pierreries,
qui s'élèvent en ligne jusqu'au monde de Brahmâ.

Ils dressent au-dessus des Guides des hommes
des drapeaux et des étendards beaux à voir;
les fils de Bien-Allé, l'esprit transporté de joie,
les louent dans des milliers de stances.

Voilà, ô Guide des hommes, les êtres merveilleux,
éminents, admirables et variés que je vois aujourd'hui;
toutes ces créatures ont été comblées de joie par l'exposition
qui leur a été faite de la durée de la vie du Bien-Allé.

Il est vaste le sens de la parole des Guides des hommes,
laquelle s'est répandue aujourd'hui dans les dix points de l'espace;
des dizaines de milliards de créatures en sont remplies de joie,
et elles sont douées de vertu pour arriver à l'état d'Éveillé."

_____________

Ensuite le Bien-Allé s'adressa ainsi à l'être d'Éveil, au grand être Amour-Bienveillant : "Tous ceux qui, pendant que se donnait cette indication de la durée de l'existence de l'Ainsi-Venu, laquelle est une exposition de la loi, ont fait preuve de confiance, ne fût-ce que par un seul acte de pensée, ou qui y ont ajouté foi, quel immense mérite en recueillent-ils, ces fils ou ces filles de famille ?

Écoute cela, et grave bien dans ton esprit quel immense mérite ils en recueillent. Supposons d'un côté, ô toi qui es invincible, un fils ou une fille de famille qui, désirant obtenir l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, remplirait, pendant huit myriades de milliers de milliards d'éons, les devoirs des cinq perfections, c'est-à-dire, de la perfection de l'aumône, de celle de la moralité, de celle de la patience, de celle de l'énergie et de celle de la contemplation.

Et d'un autre côté, ô toi qui es invincible, un fils ou une fille de famille, qui après avoir entendu cette indication de la durée de la vie de l'Ainsi-Venu, laquelle est une exposition de la loi, ferait preuve de confiance, ne fut-ce que par un seul acte de pensée, ou qui y ajouterait foi.

Eh bien ! comparée à cette dernière masse de mérites, la première masse de mérites et de vertus acquise par l'accomplissement des cinq perfections pratiquées pendant huit myriades de milliers de milliards d'éons, n'en égale pas la centième partie, ni la millième, ni la cent-millième, ni la dix-millionième, ni la dix-trillionième, ni la quintillionième; la seconde masse de mérites surpasse tout nombre, tout calcul, toute comparaison, toute similitude.

Un fils ou une fille de famille, ô toi qui es invincible, qui est pourvu d'une telle masse de mérites, ne peut jamais se détourner de l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli; non, cela n'est pas possible."

_____________

Ensuite le Bien-Allé prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"Qu'un homme cherchant à obtenir
la science d'Éveillé, laquelle
est sans égale, fasse vœu en ce monde
de pratiquer les cinq perfections;

Qu'il emploie huit dizaines de milliards
d'éons complets à donner,
à plusieurs reprises, l'aumône
aux Éveillés et aux auditeurs,

À réjouir des myriades d'Éveillés-pour-Soi
et d'êtres d'Éveil, en leur donnant de la nourriture,
des aliments, du riz, des boissons,
des vêtements, des lits et des sièges;

Qu'il fasse faire ici, pour ces personnages,
des habitations et des monastères
de bois de santal, des ermitages agréables
avec des lieux de promenade;

Qu'il répande en ce monde des dons variés
et de diverses espèces, et qu'ayant fait
de telles aumônes pendant des dizaines
de milliards d'éons, il songe à l'état d'Éveillé;

Qu'en vue de la science d'Éveillé,
il observe la règle de la moralité qui est pure,
qui a été décrite par tous les Éveillés,
qui forme un tout continu, qui est louée par les sages;

Que, plein de patience, il soit établi
sur le terrain de la modération;
qu'il soit plein de constance et de mémoire,
et qu'il supporte beaucoup d'injures;

Qu'en vue de la science
d'Éveillé, il supporte
les dédains des êtres arrogants
qui se reposent dans l'orgueil;

Que, toujours attentif à déployer sa force,
toujours énergique et doué d'une mémoire ferme,
il reste pendant des dizaines de milliards
d'éons occupé de la même pensée;

Que, dans la forêt où il habite, soit qu'il marche,
ou qu'il soit debout, ou qu'il se lève,
il vive pendant des dizaines de millions d'éons,
étranger au sommeil et à la paresse;

Que, livré à la contemplation;
à la grande contemplation, y trouvant son plaisir
et toujours recueilli, il passe à méditer
huit dizaines de milliards d'éons complets;

Que, dans son héroïsme, il demande,
par cette méditation, l'excellent état d'Éveil,
et qu'en disant : "Puissé-je obtenir l'omniscience,"
il soit parvenu à la perfection de la contemplation.

Eh bien ! le mérite que pourrait acquérir
un tel homme, en accomplissant pendant
des dizaines de milliards d'éons
les devoirs que je viens de décrire,

Est de beaucoup inférieur au mérite sans fin
qu'acquiert l'homme ou la femme qui ayant entendu
ce récit de la durée de mon existence,
y ajouterait foi, ne fût-ce qu'un seul instant.

Celui qui renonçant au doute, à l'inquiétude
et à l'orgueil, accorderait à ce récit
ne fût-ce qu'un moment de confiance,
doit en recueillir le fruit que je viens d'indiquer.

Les êtres d'Éveil qui, pendant des milliers d'éons,
ont rempli les devoirs qui leur sont imposés.
n'éprouveront aucun sentiment d'effroi en entendant
cet inconcevable récit de la durée de mon existence.

Ils diront en inclinant la tête :
"Et moi aussi, puissé-je, dans un temps à venir,
être semblable à ce Éveillé ! Puissé-je sauver
des dizaines de millions de créatures !

Puissé-je être comme le chef Sage-des-Çâkyas,
comme le Lion-des-Çâkyas, le grand Solitaire !
Qu'assis au sein de l'intime essence de l'état d'Éveil,
je fasse entendre le rugissement du lion !

Et moi aussi, puissé-je, dans l'avenir, honoré
par tous les êtres et assis au sein de l'intime
essence de l'état d'Éveil, enseigner également
que mon existence a une pareille durée !"

Les hommes doués d'une application extrême,
qui après avoir entendu et possédé cette exposition,
comprennent le sens de mon langage énigmatique,
ne conçoivent aucun doute.

_____________

Encore autre chose, ô toi qui es invincible. Celui qui après avoir entendu cette indication de la durée de la vie de l'Ainsi-Venu, laquelle est une exposition de la loi, la comprendrait, l'approfondirait et la connaîtrait, celui-là recueillerait une masse de mérites, plus incommensurable encore que celle que je viens d'indiquer, de mérites faits pour conduire à la science d'Éveillé.

À bien plus forte raison, celui qui entendrait une exposition de la loi semblable à celle-ci, qui la ferait entendre à d'autres, qui la répéterait, qui l'écrirait, qui la ferait écrire, qui après l'avoir renfermée en un volume, l'honorerait, la vénérerait, l'adorerait, en lui offrant des fleurs, de l'encens, des parfums, des guirlandes, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des vêtements, des parasols, des drapeaux, des étendards, des lampes alimentées par de l'huile, par du beurre clarifié, par des huiles odorantes; celui-là, dis-je, recueillerait une masse bien plus grande encore de mérites, faits pour conduire à la science d'Éveillé.

Et quand un fils ou une fille de famille, ô toi qui es invincible, après avoir entendu cette indication de la durée de la vie de l'Ainsi-Venu, laquelle est une exposition de la loi, y donnera sa confiance avec une application extrême, voici à quel signe devra se reconnaître son application. C'est qu'il me verra établi sur la montagne du Pic-du-Vautour, enseignant la loi, entouré d'une foule d'êtres d'Éveil, servi par une foule d'êtres d'Éveil, au milieu d'une assemblée d'auditeurs.

Qu'il verra cette terre d'Éveillé que j'habite, c'est-à-dire l'univers Endurance, faite de lapis-lazuli, présentant une surface égale, couverte d'enceintes tracées en forme de damier avec des cordes d'or, parsemée d'arbres de diamant; qu'il y verra des êtres d'Éveil habitant des maisons dont les étages seront élevés. C'est là, ô toi qui es invincible, le signe auquel il faut reconnaître qu'un fils ou qu'une fille de famille donne sa confiance avec une application extrême.

_____________

Il y a plus, ô toi qui es invincible, je dis qu'ils donnent leur confiance avec une application extrême, les fils de famille qui, lorsque L'Ainsi-Venu sera entré dans l'Extinction complète, ayant entendu cette exposition de la loi, ne la mépriseront pas, et bien au contraire, en éprouveront de la satisfaction; à bien plus forte raison en dis-je autant de celui qui la retiendra et la récitera.

Il porte L'Ainsi-Venu dans ses bras, celui qui après avoir renfermé cette exposition de la loi en un volume, la transporte dans ses bras. Ce fils ou cette fille de famille, ô toi qui es invincible, n'a pas besoin de faire pour moi des monuments, ni des monastères; il n'a pas besoin de donner à l'assemblée des religieux des médicaments destiné aux malades ou des meubles.

Pourquoi cela ? C'est que ce fils ou cette fille de famille, ô toi qui es invincible, a rendu à mes reliques le culte que l'on doit aux reliques de l'Éveillé, qu'il a fait des monuments formés des sept substances précieuses, s'élevant jusqu'au ciel de Brahmâ, recouverts d'un parasol proportionné à leur circonférence, ornés de bannières, retentissants du bruit des cloches.

C'est qu'il a rendu à ces monuments contenant mes reliques, des honneurs de diverses espèces, en leur offrant des fleurs, de l'encens, des parfums, des guirlandes, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des vêtements, des parasols, des drapeaux, des étendards, des bannières divines et humaines, en faisant retentir près de ces monuments, le bruit agréable et doux des instruments de toute espèce, des tambours, des grands tambours, des timbales, des grandes timbales, des plaques de cuivre, en exécutant des danses, des chœurs et des chants de diverses espèces, nombreux et sans fin.

_____________

En un mot, ces hommages ont duré pendant un nombre immense de myriades de milliers de milliards d'éons. Celui qui, depuis mon entrée dans l'Extinction complète, a possédé cette exposition de la loi, qui l'a récitée, qui l'a écrite, qui l'a expliquée, celui-là, ô toi qui es invincible, m'a construit des monastères spacieux, étendus, élevés, bâtis de santal rouge, renfermant trente-deux palais, ayant huit étages, pouvant servir d'habitation à mille religieux, embellis de fleurs, de jardins, ayant dans leur voisinage un bois pour la promenade, fournis de lits et de sièges, remplis de médicaments destinés aux malades, de boissons, d'aliments et de mets, ornés de toutes sortes de meubles commodes.

Ces êtres, qu'ils soient en grand nombre, en nombre incommensurable, qu'ils soient au nombre soit de cent, soit de mille, soit de cent mille, soit de dix millions, soit de milliers de millions, soit dizaines de milliards, soit de myriades de dizaines de milliards, doivent être regardés comme ayant été présentés devant moi, pour former l'assemblée de mes auditeurs, et comme ayant été de ceux dont j'ai joui complètement.

Celui qui, après l'entrée de l'Ainsi-Venu dans l'Extinction complète, possédera cette exposition de la loi, qui la récitera, l'enseignera, l'écrira, la fera écrire, oui, je le déclare de cette manière, ô toi qui es invincible, celui-là n'aura pas besoin de m'élever des monuments, quand je serai entré dans l'Extinction complète, il n'aura pas besoin d'honorer l'assemblée.

À bien plus forte raison, ô toi qui es invincible, le fils ou la fille de famille qui, possédant cette exposition de la loi, se perfectionnera soit dans l'aumône, soit dans la moralité, soit dans la patience, soit dans l'énergie, soit dans la contemplation, soit dans la sagesse, recueillera certainement une plus grande masse de mérites, faits pour conduire à la science d'Éveillé, de mérites immenses, innombrables, infinis.

_____________

Tout de même, ô fils de famille, que l'élément de l'éther est sans bornes, dans quelque direction qu'on se tourne, à l'orient, au midi, au couchant, au nord, au-dessus ou au-dessous de nous, ainsi est non moins immense et non moins innombrable la masse de mérites, faits pour conduire à la science d'Éveillé, que recueillera ce fils ou cette fille de famille.

Celui qui possédera cette exposition de la loi, qui la récitera, l'enseignera, l'écrira, la fera écrire, celui-là sera attentif à honorer les monuments élevés en l'honneur de l'Ainsi-Venu; il fera l'éloge des auditeurs de l'Ainsi-Venu; célébrant les cent mille myriades de qualités des êtres d'Éveil, des grands êtres, il les exposera aux autres.

Il sera accompli dans la patience; il aura de la morale; il possédera les conditions de la vertu; il aura d'heureuses amitiés; il sera patient, maître de lui, exempt d'envie et de toute pensée de colère; il ne concevra pas la pensée de nuire; il sera doué de mémoire, de force et d'énergie; il sera constamment appliqué à rechercher les conditions des Éveillés; il sera livré à la contemplation; il attachera le plus grand prix à la méditation profonde et s'y appliquera fréquemment; il saura résoudre habilement les questions qui lui seront faites; il se débarrassera de myriades de milliers de milliards de questions.

L'être d'Éveil, le grand être, ô toi qui es invincible, qui, après que l'Ainsi-Venu sera entré dans l'Extinction complète, possédera cette exposition de la loi, aura les qualités que je viens d'énumérer. Qu'il soit fils ou fille de famille, il doit être, ô toi qui es invincible, considéré de la manière suivante : "Entré dans la pure essence de l'état d'Éveil, ce fils ou cette fille de famille se rend auprès du tronc de l'arbre Éveil, afin de parvenir à l'état d'Éveillé parfait."

Et dans quelque endroit, ô toi qui es invincible, que ce fils ou cette fille de famille vienne à se tenir debout, ou à s'asseoir, ou à marcher, il faudra élever là un monument à l'intention de l'Ainsi-Venu. Ce monument devra être fait par le monde réuni aux dieux dans cette pensée : "Ceci est le monument de l'Ainsi-Venu"."

_____________

Ensuite le Bien-Allé prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"Il aura une masse infinie de mérites
que j'ai célébrée plus d'une fois,
celui qui possédera ce discours, lorsque
le Guide des hommes sera entré dans l'Extinction.

Celui-là m'a rendu un culte, il m'a fait
élever des monuments pour renfermer mes reliques,
des monuments faits de substances précieuses,
variés, beaux à voir et resplendissants,

Égalant en hauteur le monde de Brahmâ,
recouverts de lignes de parasols
ayant une circonférence proportionnée,
beaux et ornés d'étendards,

Retentissants du bruit des clochettes,
rehaussés de guirlandes faites d'étoffes de soie;
les cloches y sont agitées par le vent; ces monuments,
enfin, reçoivent leur éclat des reliques du Vainqueur.

Il leur a rendu un culte étendu avec des fleurs,
des parfums et des substances onctueuses,
avec des instruments de musique, des étoffes
et des timbales frappées à plusieurs reprises.

Il a fait retentir auprès de ces édifices
des instruments de musique dont le son est agréable;
il les a entourés de tous côtés de lampes
alimentées par des huiles odorantes.

Celui qui possédera ce discours,
et qui l'enseignera pendant la période
de l'imperfection, m'aura rendu le culte varié
et sans fin que je viens d'indiquer.

Il a fait construire de nombreuses
dizaines de millions d'excellents
monastères bâtis en bois de santal, formés
de trente-deux palais et hauts de huit étages,

Fournis de lits et de sièges,
remplis d'aliments et de mets,
munis d'excellentes tentures
et renfermant des chambres par milliers.

Il a donné des ermitages et des lieux
de promenade, ornés de jardins et pleins de fleurs,
ainsi que de nombreux coussins de diverses formes
et couverts de dessins divers.

Il a rendu en ma présence un culte
varié à l'assemblée, celui qui doit
posséder ce discours, quand le Guide
du monde sera entré dans l'Extinction.

Qu'un homme soit plein des meilleures
dispositions, eh bien ! celui qui récitera
ce discours ou qui l'écrira, recueillera
de cette action beaucoup plus de mérite que lui.

Qu'un homme le fasse écrire et le renferme
dans un volume; puis, qu'il rende un culte
à ce volume, en lui présentant des parfums,
des guirlandes et des substances onctueuses;

Qu'il lui offre sans cesse, en signe de respect,
une lampe alimentée d'huile odorante, avec
des offrandes de beaux lotus bleus,
de perles et de fleurs de Tchampaka;

Qu'un homme, en un mot, rende un culte
de cette espèce aux volumes sacrés,
il en recueillera une masse de mérites
dont il n'existe pas de mesure.

De même qu'il n'existe pas de mesure pour l'élément
de l'éther, de quelque côté des dix points
de l'espace qu'on se dirige, de même il n'en existe pas
davantage pour cette masse de mérites,

_____________

Que faudra-t-il donc dire, s'il s'agit d'un homme patient,
maître de lui-même, recueilli, fidèle à la morale,
livré à la contemplation, et dont l'activité
s'exerce tout entière à la méditation;

D'un homme exempt de colère et de méchanceté,
honorant de ses respects le monument de l'Éveillé,
s'inclinant sans cesse devant les religieux,
ne connaissant ni l'orgueil, ni la paresse;

Doué de sagesse et de fermeté, qui, lorsqu'on
lui adresse une question, ne se met pas en colère;
qui, le cœur plein de compassion pour les créatures,
leur donne une instruction proportionnée à leurs forces ?

Oui, s'il existe un tel homme
qui possède ce discours,
il possède des mérites
dont il n'existe pas de mesure.

Si un homme voit un tel
interprète de la loi
qui possède ce discours,
qu'il le traite avec respect.

Qu'il répande sur lui des fleurs divines
et qu'il le couvre de vêtements divins,
et qu'ayant salué ses pieds en les touchant de la tête,
il conçoive cette pensée : "Celui-ci est un Ainsi-Venu."

À la vue de ce personnage, il fera aussitôt
cette réflexion : "Oui, il va se rendre auprès
de l'arbre, et il y acquerra l'état suprême et fortuné
d'Éveillé, pour le bien du monde réuni aux dieux."

En quelque lieu que ce sage se promène,
qu'il se tienne debout, qu'il vienne à s'asseoir,
ou que, plein de constance, il s'arrête pour se coucher,
en récitant ne fut-ce qu'une seule stance de ce discours,

Qu'on élève dans ces divers endroits des monuments variés
et beaux à voir pour le Meilleur des hommes,
à l'intention du bienheureux Éveillé, le Guide du monde,
et qu'on rende à ces édifices des hommages de toute espèce,

J'ai certainement été en possession
de l'endroit de la terre où s'est trouvé
ce fils d'Éveillé; j'ai moi-même marché en ce lieu;
en ce lieu je me suis assis moi-même."
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Coeur de Loi
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MessagePosté le: Mer 2 Juin 2010 - 22:20    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 17 : Les bienfaits de l'acceptation joyeuse
Mise en évidence des mérites de celui qui éprouve de la joie à l’audition du soutra du lotus.


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Chapitre 17

Indication du mérite de la satisfaction

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Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant parla ainsi au Bienheureux : "Celui qui, ô Bienheureux, après avoir entendu cette exposition de la loi pendant qu'elle lui est enseignée, en témoignera de la satisfaction, que ce soit un fils ou une fille de famille, combien, ô Bienheureux, en recueillera-t-il de mérites ?"

Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant prononça en ce moment la stance suivante :

"Celui qui, après l'entrée du grand héros
dans l'Extinction complète, viendrait
à témoigner de la satisfaction à entendre
un tel discours, combien grand serait son mérite ?"

Alors le Bienheureux parla ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant : "Suppose, ô toi qui es invincible, que depuis l'entrée de l'Ainsi-Venu dans l'Extinction complète, un fils ou une fille de famille écoute, pendant qu'on la lui explique, cette exposition de la loi, que ce soit un religieux ou un fidèle, de l'un ou de l'autre sexe, un homme instruit, un jeune homme ou une jeune fille; qu'après l'avoir entendue, il en témoigne de la satisfaction, et que se levant après avoir entendu la loi, il aille dans un autre lieu, dans un monastère, ou dans une maison, ou dans la forêt, ou dans une rue, ou dans un village, ou dans une province, pour le motif et dans le dessein suivant :

Exposer la loi comme il l'aurait entendue, comme il l'aurait saisie, et selon ses forces, à une autre créature, soit à sa mère, soit à son père, soit à un parent, soit à quelqu'un qui s'en montre satisfait, soit à quelqu'un avec lequel il soit lié, soit à une autre personne quelle qu'elle soit; que ce dernier, après l'avoir entendue, en exprime de la satisfaction, puis après cela, l'expose à un autre; que cet autre à son tour après l'avoir entendue, agisse de même, exposant la loi à un autre qui en exprime de la satisfaction, et ainsi de suite successivement jusqu'au nombre de cinquante.

_____________

Eh bien, ô toi qui es invincible ! cet homme qui se trouverait ainsi le cinquantième à entendre cette loi et à en exprimer de la satisfaction, ce fils ou cette fille de famille, je vais t'indiquer l'accumulation des mérites attachés à la satisfaction qu'il exprime. Écoute et grave bien ceci dans ton esprit; je vais parler.

C'est, ô toi qui es invincible, comme si se trouvaient réunis tous les êtres qui existent dans quatre cent mille innombrables d'univers, après y être entrés dans les six voies de l'existence, qu'ils soient nés d'un œuf, ou d'une matrice, ou de l'humidité, que leur origine soit surnaturelle, qu'ils aient ou qu'ils n'aient pas de forme, qu'ils aient ou n'aient pas de conscience, qu'ils n'aient ni conscience ni absence de conscience, qu'ils n'aient pas de pieds, ou qu'ils soient bipèdes, quadrupèdes, ou polypodes, tous les êtres en un mot qui sont réunis et rassemblés dans le monde des créatures.

Qu'il vienne à naître un homme, ami de la vertu, ami du bien, qui donne à ce corps tout entier des êtres, le plaisir, les jeux, le bonheur, les jouissances que ces êtres désirent, qu'ils aiment, qu'ils recherchent, qu'ils affectionnent. Qu'il donne à chacun d'eux le continent du Jambu tout entier, pour son plaisir, ses jeux, son bonheur, et ses jouissances.

Qu'il leur donne de l'or, de la monnaie, de l'argent, des joyaux, des perles, du lapis-lazuli, des conques, du cristal, du corail, des aliments, des chars traînés par des chevaux, par des bœufs et par des éléphants, des palais et des maisons à étages élevés.

_____________

Que de cette manière, ô toi qui es invincible, ce maître de libéralité, ce grand maitre de libéralité, répande ses dons pendant quatre-vingts années complètes. Qu'ensuite, ô toi qui es invincible, ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité, fasse cette réflexion :

"Tous ces êtres tiennent de moi les jeux, les plaisirs et une heureuse existence; ces êtres sont couverts de rides; ils ont la tête blanchie; ils sont vieux, usés, cassés, âgés de quatre-vingts ans; ils sont bien près d'achever leur temps. Puissé-je maintenant les faire entrer dans la discipline de la loi expliquée par l'Ainsi-Venu ! Puissé-je les y instruire !"

Qu'alors, ô toi qui es invincible, cet homme communique ses enseignements à tous ces êtres, et que, les leur ayant communiqués, il les fasse entrer dans la discipline de la loi expliquée par l'Ainsi-Venu, qu'il la leur fasse adopter. Que ces êtres entendent de lui la loi, et qu'au même moment, au même instant, dans le même temps, ils deviennent tous des disciples entré dans la voie, qu'ils obtiennent les avantages de l'état de celui qui ne revient qu'une fois et de celui qui ne revient pas, jusqu'à ce qu'enfin ils deviennent des vénérables, exempts de toute faute, livrés à la contemplation, à la grande contemplation, à celle des huit délivrances.

Comment comprends-tu cela, ô toi qui es invincible ? Est-ce que ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité recueillera, comme conséquence de cette conduite, beaucoup de mérites, des mérites immenses, incalculables ?"

_____________

Cela dit, l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant répondit ainsi au Bienheureux : "Oui certes, ô Bienheureux, oui certes, ô Bien-Allé; à cause de cela, ô Bienheureux, cet homme recueillera beaucoup de mérites, lui qui aura fait don, à tant de créatures, de tout ce qui peut servir à leur bonheur; à bien plus forte raison, s'il les a établies dans l'état de vénérable."

Cela dit, le Bienheureux parla ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant : "Je Vais te parler, ô toi qui es invincible, je vais t'instruire. Plaçons d'un côté ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité, qui après avoir fait don de tout ce qui peut servir au bonheur de tous les êtres qui se trouvent dans quatre cent mille innombrables d'univers, et après les avoir établis dans l'état de vénérable, en retirera des mérites, et d'un autre coté l'homme placé au cinquantième rang dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu ne fût-ce qu'une seule stance ou qu'un seul mot de cette exposition de la loi, en témoignerait de la satisfaction.

De la masse des mérites attachés à la satisfaction de ce dernier, et de celle des mérites attachés à la libéralité de ce maître, de ce grand maître de libéralité, et à l'action qu'il a faite en établissant les êtres dans l'état de vénérable, la plus considérable est celle de l'homme placé au cinquantième rang dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu ne fût-ce qu'une seule stance ou qu'un seul mot de cette exposition de la loi, en témoignerait de la satisfaction.

_____________

En face de la masse des mérites, ô toi qui es invincible, de la masse des vertus attachées à l'expression de cette satisfaction, la masse des mérites que j'ai indiquée la première, celle qui est attachée à la libéralité et à l'action d'établir les êtres dans l'état de vénérable, n'en égale pas même la centième partie, ni la millième, ni la cent-millième, ni la dix-millionième, ni la dix-trillionième, ni la quintillionième; la seconde masse de mérites surpasse tout nombre, tout calcul, toute comparaison, toute similitude.

Ainsi est immense et incalculable, ô toi qui es invincible, la masse des mérites que recueille l'homme placé au cinquantième rang dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu une seule stance ou un seul mot de cette exposition de la loi, en témoigne de la satisfaction. Que dire, à plus forte raison, ô toi qui es invincible, de l'homme qui entendrait en ma présence cette exposition de la loi, et qui après l'avoir entendue, en témoignerait de la satisfaction ? Je déclare que la masse des mérites de cet homme serait de beaucoup plus immense et plus incalculable que celle de l'autre.

De plus, ô toi qui es invincible, le fils ou la fille de famille qui étant sorti de sa maison pour entendre cette exposition de la loi, se rendrait dans un monastère, et qui y étant arrivé, y entendrait, ne fût-ce qu'un seul instant, l'exposition de la loi, soit debout, soit assis, cet être, grâce à l'accomplissement de cette œuvre méritoire dont il doit recueillir le fruit, lorsqu'il reviendra à la vie, au temps de sa seconde existence, quand il reprendra un second corps, deviendra possesseur de chars traînés par des bœufs, par des chevaux, par des éléphants, possesseur de palanquins, de bateaux, de véhicules attelés de buffles et de chars divins.

_____________

De plus, si s'asseyant dans le monastère, ne fut-ce qu'un seul instant, pour entendre la loi et ce discours, il venait à écouter cette exposition de la loi, ou s'il faisait asseoir un autre homme, ou s'il partageait son siège avec lui, par l'accomplissement de cette œuvre méritoire, il deviendra possesseur des sièges de Çakra, de ceux de Brahmâ, des trônes d'un monarque universel.

Si un fils ou une fille de famille, ô toi qui es invincible, dit à un autre homme : "Viens, ô homme, et écoute l'exposition de la loi nommée le Lotus de la bonne loi", et que cet homme vienne en effet sur cette invitation, et qu'il l'écoute, ne fût-ce qu'un seul instant, ce fils de famille, pour avoir fait cette invitation qui est une racine de vertu, obtiendra l'avantage de rencontrer des êtres d'Éveil ayant acquis la possession des formules.

Il ne sera pas stupide, ses sens seront pénétrants, il aura de la sagesse; pendant le cours de mille existences, sa bouche n'exhalera jamais de mauvaise odeur, et il ne souffrira pas des maladies qui rendent la bouche et la langue fétide. Il n'aura les dents ni noires, ni inégales, ni jaunes, ni mal rangées, ni brisées, ni de travers; il aura toutes ses dents. Il n'aura les lèvres ni pendantes, ni trop serrées, ni tournées de travers, ni fendues, ni retroussées, ni noires, ni laides. Il n'aura le nez ni plat, ni de travers; la figure ni longue, ni large, ni noire, ni d'un aspect désagréable.

Bien au contraire, ô toi qui es invincible, il aura les lèvres, les dents et la langue petites et bien faites, le nez long, le contour du visage plein, les sourcils bien formés, le front très-haut. Il possédera d'une manière parfaite tous les organes de la virilité.

C'est de la bouche de l'Ainsi-Venu qu'il recevra les avis et l'enseignement, et il obtiendra bientôt l'avantage de rencontrer des Éveillés bienheureux. Vois, ô toi qui es invincible, combien est grand le mérite que recueillera ce fils de famille pour avoir excité un seul être à entendre la loi; que dire de celui qui après avoir honoré la loi, l'écouterait, la réciterait et l'enseignerait ?"

_____________

Ensuite, le Bienheureux prononça, dans cette occasion, les stances suivantes :

"Écoute quel est le mérite de celui qui,
placé au cinquantième degré dans la transmission de ce discours,
n'en entendrait qu'une seule stance, et qui,
l'esprit calme, en témoignerait de la satisfaction.

Supposons qu'il existe un homme qui comble sans cesse de ses dons
des myriades de dizaines de millions de créatures,
de ces créatures dont j'ai précédemment indiqué le nombre sous forme d'exemple,
et qu'il les comble de joie pendant le cours de quatre-vingts ans.

Que cet homme voyant que la vieillesse est venue pour ces êtres,
qu'ils sont couverts de rides, que leur tête est blanchie, vienne à s'écrier :
"Hélas ! tous ces êtres sont livrés à la corruption du mal.
Ah ! puissé-je les instruire au moyen de la loi !"

Que cet homme alors leur expose la loi
et qu'il leur explique ce que c'est que le terrain de l'Extinction;
qu'il leur dise : "Toutes les existences sont semblables à un mirage;
sachez promptement vous détacher de toutes les existences."

Et que tous ces êtres, ayant entendu la loi
de la bouche de cet homme généreux, deviennent
en ce moment même des vénérables affranchis de toute faute
et parvenus à leur dernière existence.

Eh bien, il recueillera beaucoup plus de mérites que cet homme,
celui qui entendra une seule stance de la loi qui lui aura été transmise,
et qui en témoignera de la satisfaction. La masse des mérites de celui
dont j'ai parlé le premier n'est pas même une partie des mérites du second.

Voilà quels seront les mérites, mérites infinis
et sans mesure, de celui qui aura entendu ne fût-ce
qu'une stance de cette loi qu'on lui aura transmise;
que dirai-je de celui qui l'entendrait de ma bouche !

Et si quelqu'un excite en ce monde ne fût-ce
qu'un seul être, en lui disant : "Viens et écoute la loi,
car ce discours est bien difficile à comprendre,
dût-on y consacrer plusieurs myriades d'éons de Kalpas;"

Et si l'être ainsi excité vient à entendre
ce discours, ne fût-ce qu'un seul instant,
écoute quelle est la récompense de cette action :
Jamais il n'a aucune maladie de la bouche.

Jamais sa langue n'est malade; jamais ses dents
ne tombent, elles ne sont jamais ni noires,
ni jaunes, ni inégales; jamais ses lèvres
n'offrent un aspect repoussant.

Sa face n'est ni de travers, ni blafarde,
ni trop longue; son nez n'est pas aplati;
au contraire, son nez, son front, ses dents, ses lèvres
et le contour de son visage sont parfaitement formés.

Son aspect est toujours agréable pour les hommes
qui le voient; jamais sa bouche n'exhale
de mauvaise odeur; un parfum semblable
à celui du lotus bleu s'en échappe sans cesse.

Qu'un homme plein de fermeté sorte de sa maison
pour aller dans un monastère entendre cette loi,
et qu'y étant arrivé, il l'écoute un seul instant,
apprenez la récompense qu'en recevra cet homme dont l'esprit est calme.

Son corps est d'une blancheur parfaite; cet homme
plein de fermeté s'avance porté sur des chars
traînés par des chevaux; il monte des chars élevés,
attelés d'éléphants et embellis de pierres précieuses.

Il possède des palanquins couverts d'ornements
et portés par un grand nombre d'hommes;
car c'est là la belle récompense
qu'il reçoit lorsqu'il est allé entendre ce discours.

Lorsqu'il s'est assis au milieu de l'assemblée,
il devient, en récompense de la pure action qu'il a faite,
possesseur des sièges de Çakra, de Brahma
et de ceux des Chefs des hommes."
_________________
'
________________


Dernière édition par Coeur de Loi le Dim 4 Déc 2011 - 12:32; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mer 2 Juin 2010 - 22:21    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 18 : Les bienfaits du maître de la Loi
Celui qui croira, lira, écrira, récitera et enseignera la Loi, obtiendra la perfection de ses 6 sens. Description détaillée des mérites liés à la purification des sens du maitre de la Loi
.

_____________


Chapitre 18

Exposition de la perfection des sens

_____________

Ensuite le Bienheureux s'adressa ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Zèle-Constant : "Celui qui, ô fils de famille, possédera cette exposition de la loi, ou qui la récitera, ou qui l'enseignera, ou qui l'écrira, que ce soit un fils ou une fille de famille, obtiendra les huit cents perfections de la vue, les douze cents perfections de l'ouïe, les huit cents perfections de l'odorat, les douze cents perfections du goût, les huit cents perfections du corps, les douze cents perfections de l'intellect.

Par ces nombreuses centaines de perfections, la réunion de ses sens deviendra pure, parfaitement pure. À l'aide de l'organe physique de la vue ainsi perfectionné, de cet œil de la chair qu'il doit à son père et à sa mère, il verra dans son entier ce grand millier de trois mille mondes, avec son intérieur et son extérieur, avec ses montagnes, avec ses forêts épaisses, avec ses ermitages, atteignant en bas de son regard jusqu'au grand enfer Sans-Intervalle, et en haut jusqu'aux lieux où commence l'existence. Il verra tout cela avec l'œil physique de la chair, et les êtres qui sont nés dans ce monde, il les verra tous. Il connaîtra quel doit être le fruit de leurs œuvres."

Ensuite le Bienheureux prononça, dans cette occasion, les stances suivantes:

"Apprends de ma bouche quelles seront les qualités
de l'homme qui, plein d'intrépidité, exposera
ce soutra au milieu de l'assemblée et qui
l'expliquera sans se laisser aller à la paresse.

Il aura d'abord les huit cents
perfections de la vue, perfections
qui rendront son œil parfait et pur
de toute tache et de toute obscurité.

Avec cet œil de la chair
qu'il doit à son père et à sa mère,
il verra la totalité de cet univers,
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Il verra tous les Mêrus et les Sumêrus,
les monts de l'Enceinte-de-Fer
et les autres montagnes célèbres;
il verra de même les océans.

Ce héros embrassera de son regard tout
ce qui se trouve en bas jusqu'à l'enfer Sans-Intervalle,
en haut jusqu'aux lieux où commence l'existence;
tel sera chez lui l'œil de la chair.

Il ne possédera pas cependant encore la vue divine,
et il n'aura pas encore la science,
le champ que je viens de décrire
sera celui de sa vue mortelle.

_____________

Encore autre chose, ô Zèle-Constant. Le fils ou la fille de famille expliquant cette exposition de la loi, la faisant entendre à d'autres y se met en possession des douze cents perfections de l'ouïe. Tous les sons divers qui se produisent dans ce grand millier de trois mille mondes, jusqu'au grand enfer Sans-Intervalle et jusqu'aux lieux où commence l'existence, en dedans comme en dehors de l'univers.

Comme par exemple les bruits que font entendre le serpent, le cheval, le chameau, la vache, la chèvre, les chars; ceux que produisent les lamentations et la douleur; les bruits effrayants; les sons de la conque, de la cloche, du tambourin, du grand tambour; la voix du plaisir, celle des chants et de la danse; le cri du chameau et du tigre; la voix de la femme, de l'homme, des enfants des deux sexes; les sons de la loi, de l'injustice, du bonheur, du malheur; les voix des ignorants et des vénérables; les bruits agréables et désagréables.

Ceux que font entendre les dieux, les dragons, les génies, les centaures, les titans, les griffons et les chimères, les serpents géants, les hommes, les êtres qui n'appartiennent pas à l'espèce humaine, le feu, le vent, l'eau, les villages, les villes, les religieux, les auditeurs, les Éveillés-pour-Soi, les êtres d'Éveils, les Ainsi-Venus.

Autant il y a de bruits qui se produisent dans ce grand millier de trois mille mondes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, autant il en entend avec cet organe de l'ouïe physique, ainsi perfectionné; et cependant il ne possède pas pour cela l'ouïe divine. Il perçoit les voix de chacun des êtres, il les discerne, il les distingue; et son oreille, qui entend les voix de tous ces êtres avec cet organe naturel de l'ouïe, n'est pas pour cela troublée par tous ces sons. C'est là, ô Zèle-Constant, l'organe de l'ouïe dont cet être d'Éveil, ce grand être, devient possesseur; et cependant il ne jouit pas pour cela de l'ouïe divine."

_____________

Voilà ce que dit le Bienheureux; ensuite le Bien-Allé, le Précepteur ayant ainsi parlé, prononça encore les paroles suivantes :

"L'organe de l'ouïe d'un tel homme devient pur,
et tout naturel qu'il est, rien ne l'émousse;
à l'aide de cet organe, il entend d'ici
la totalité des voix diverses de cet univers.

Il entend la voix des éléphants, des chevaux,
des bœufs, des chèvres, des moutons;
le bruit des chars, des timbales, des tambours au son agréable,
des instruments de musique, des flûtes et des luths.

Il entend les chants doux et qui vont au cœur,
et plein de fermeté, il ne se laisse pas attirer à ce charme;
il entend les voix de plusieurs dizaines de millions d'hommes;
il sait tout ce qu'ils disent, dans quelque lieu qu'ils le disent.

Il entend toujours les sons que produisent les dieux et les dragons;
il entend le bruit des chants doux et qui vont au cœur,
la voix des hommes, celle des femmes,
celle des enfants et celle des jeunes filles;

Celle des êtres qui habitent les montagnes et les cavernes;
celle des rossignols, des coucous et des paons,
celle des faisans et des autres oiseaux;
il entend les voix agréables de tous ces êtres.

Il entend les lamentations effrayantes
qu'arrache la souffrance aux habitants des enfers,
et les cris que poussent les fantômes
tourmentés par les douleurs de la faim;

Et les paroles diverses que s'adressent les titans
qui habitent au milieu de l'océan; tous ces sons,
en un mot, cet interprète de la loi les entend
de ce monde où il réside, et il n'en est pas ému.

Il entend les cris que poussent entre eux
les êtres qui sont nés dans des matrices d'animaux;
ces voix diverses et nombreuses,
il les perçoit du monde même où il se trouve.

Les discours que tiennent entre eux les dieux
qui habitent le monde de Brahmâ,
les Akanichthas et les dieux Abhâsvaras,
sont complètement perçus par lui.

Il entend toujours la voix des religieux qui,
après être entrés ici dans la vie religieuse
sous l'enseignement du Bien-Allé, sont occupés à lire;
il entend aussi la loi qu'ils enseignent dans les assemblées;

Et les voix diverses que font entendre
les êtres d'Éveils qui, dans cet univers,
sont occupés à lire entre eux, et le bruit
des entretiens auxquels ils se livrent sur la loi.

L'être d'Éveil qui possède ce soutra entend
en même temps la loi excellente qu'expose
dans les assemblées le bienheureux Éveillé
qui dompte l'homme comme un cocher dompte ses chevaux.

Les bruits nombreux que font tous les êtres renfermés
dans cet univers formé de trois mille mondes, tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur de son enceinte, jusqu'à l'enfer Sans-Intervalle,
et au-dessus, jusqu'aux lieux où commence l'existence;

Les bruits de tous ces êtres, en un mot, sont perçus par lui,
et cependant son oreille n'en est jamais offensée,
grâce à la perfection de son organe, il sait reconnaître
le lieu d'où naît chacune de ces voix.

Voilà quel est en lui l'organe naturel de l'ouïe,
et cependant il n'a pas l'usage de l'ouïe divine;
son oreille est restée dans son état primitif, car ce sont là
les qualités de l'homme intrépide qui possède ce soutra.

_____________

Encore autre chose, ô Zèle-Constant. L'être d'Éveil, le grand être qui possédera cette exposition de la loi, qui l'expliquera, qui la lira, qui l'écrira, obtiendra la perfection du sens de l'odorat, lequel deviendra pour lui doué de huit cents qualités.

Avec cet organe de l'odorat ainsi perfectionné, il percevra les diverses odeurs qui se trouvent dans le grand millier de trois mille mondes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, comme les mauvaises odeurs, les odeurs agréables ou désagréables, celle des fleurs de diverses espèces, du Djâtika, de la Mallikâ, du Tchampaka, du Pâtala.

Il sentira de même les divers parfums des fleurs aquatiques, telles que le lotus bleu, le lotus jaune, le lotus rouge, le lotus blanc, et le nénuphar. Il sentira les divers parfums qu'exhalent les fleurs et les fruits produits par les arbres qui en portent, comme l'odeur agréable du Santal, du Tamâlapatra, du Tagara et de l'Aguru.

Les cent mille espèces de mélanges de diverses odeurs, il les percevra et les distinguera toutes sans sortir de la place qu'il occupe. Il sentira aussi les odeurs qu'exhalent les diverses espèces de créatures, telles que l'éléphant, le cheval, le bœuf, la chèvre, les bestiaux, ainsi que celles qui s'échappent du corps des différentes créatures qui sont entrées dans des matrices d'animaux; celles des enfants des deux sexes, des femmes et des hommes; celles des herbes, des buissons, des plantes médicinales, des arbres, rois des forêts, qui cependant sont éloignés.

Il percevra ces odeurs réellement et telles qu'elles sont; et il ne sera pas ravi par ces odeurs, il n'en sera pas enivré. Quoique restant dans ce monde, il sentira les odeurs qui sont le partage des dieux, par exemple, le parfum des fleurs divines du Pûridjâta, du Kôvidâra, des fleurs célestes rouges, des petites et grandes fleurs célestes blanches.

_____________

Il respirera les parfums des poudres divines de Santal et d'Aguru, ainsi que celui des cent mille espèces de mélanges de fleurs divines de tout genre, et il en connaîtra les noms. Il sentira le parfum qui s'exhale du corps d'un fils des dieux, par exemple, de Çakra, l'empereur des dieux, et il le reconnaîtra, soit que, dans son palais Étendard-Victorieux, il se livre au plaisir, il s'amuse, il se divertisse, soit que, dans la salle d'assemblée des dieux, nommée "Bonne-Loi", il enseigne la loi aux dieux Trente-Trois, soit qu'il se retire dans son jardin de plaisance pour y chercher le plaisir.

Il saura distinguer l'odeur qui s'échappe du corps des autres dieux en particulier, de même que celle des filles, des femmes et des enfants des dieux; et il ne sera pas ravi par ces odeurs, il n'en sera pas enivré. C'est de cette manière qu'il percevra les odeurs que répand le corps des êtres nés jusqu'aux limites où commence l'existence.

Il respirera aussi le parfum qu'exhale le corps des fils des dieux Corps-Divins et des Grands-Divins. C'est de cette manière qu'il percevra l'odeur qu'exhalent toutes les troupes des dieux, ainsi que celles des Auditeurs-de-la-Loi, des Éveillés-pour-Soi, des être d'Éveils et des Ainsi-Venus.

Il percevra l'odeur des sièges des Ainsi-Venus, et, dans quelque lieu que se trouvent ces Ainsi-Venus vénérables, il les reconnaîtra; et l'organe de l'odorat ne sera pas pour cela blessé ni offensé chez lui de ces diverses odeurs. Lorsqu'il sera interrogé, il expliquera aux autres chacune de ces odeurs, et sa mémoire ne souffrira aucune diminution."

_____________

Ensuite le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"L'organe de l'odorat est chez lui très pur,
et il perçoit les nombreuses et diverses odeurs,
agréables ou désagréables,
qui existent dans cet univers;

Les odeurs des fleurs et des fruits divers,
telles que celles du Djâtîya,
de la Mallikâ, du Tamâlapatra,
du Santal, du Tagara et de l'Aguru.

Il connaît de même les odeurs que répandent les êtres,
quelque éloignés qu'ils soient, les hommes, les femmes,
les jeunes gens et les jeunes filles, c'est par l'odeur
qu'ils exhalent qu'il sait le lieu où ils se trouvent.

C'est à l'odeur qu'il reconnaît les rois souverain des quatre continents,
rois souverain d'un continent et rois d'un pays,
ainsi que leurs fils, leurs conseillers
et tout ce qui se trouve dans leurs cours.

Cet être d'Éveil connaît par l'odorat
les diverses espèces de joyaux précieux
qui sont cachés dans les retraites les plus secrètes
de la terre et qui sont destinés à parer les femmes.

Et les ornements de diverses espèces
dont le corps des femmes est couvert,
vêtements, guirlandes et substances onctueuses,
cet être d'Éveil reconnaît tout cela à l'odeur.

Il connaît, par l'énergie de son odorat, ceux
qui sont debout, assis, couchés, et ceux qui se livrent
au plaisir; il connaît la force des facultés surnaturelles,
le sage plein de fermeté qui possède ce soutra si puissant.

Dans le lieu où il se trouve,
il perçoit et sent à la fois les parfums
des huiles odoriférantes, ceux des fleurs et des fruits,
les rapportant chacun à la source qui les produit.

Les nombreux arbres de Santal tout en fleurs,
qui se trouvent dans les fentes des montagnes,
ainsi que les êtres qui habitent dans les cavernes,
ce sage les connaît tous par les parfums qu'ils exhalent.

Les êtres qui se trouvent sur les flancs des monts
de l'Enceinte-de-Fer, ceux qui résident au milieu de l'océan,
ceux qui vivent dans les entrailles de la terre,
ce sage les reconnaît tous à l'odeur.

Il connaît les divinités, les demi-dieux,
les filles des demi-dieux;
il connaît leurs jeux et leurs plaisirs,
tant est grande la force de son odorat.

Les animaux qui vivent dans les forêts,
lions, tigres, éléphants, serpents, buffles,
bœufs, Gayals, lui sont tous connus;
son odorat lui révèle leur retraite.

Il reconnaît à l'odeur, en quelque lieu
que ce soit, si c'est un fils ou une fille
que portent dans leurs flancs les femmes
enceintes dont le corps est épuisé de fatigue.

Il reconnaît les êtres dans le sein de leur mère;
il les reconnaît quand ils sont dans les conditions
de la destruction : "Cette femme, dit-il, débarrassée
de ses souffrances, mettra au monde un fils vertueux."

Il devine les diverses intentions des hommes,
et il les devine à l'odorat; c'est à l'odeur
qu'il reconnaît s'ils sont passionnés,
méchants, dissimulés ou amis de la quiétude.

_____________

Cet être d'Éveil reconnaît à l'odeur les trésors
cachés sous la terre, les objets précieux,
l'or, les Monnaies d'exception, l'argent,
les coffres de fer et les monnaies qu'ils renferment;

Les colliers, les guirlandes, les pierreries,
les perles et les divers joyaux de prix, lui sont tous
connus par leur odeur, ainsi que toutes les choses
dont le nom est précieux et la forme brillante.

Ce héros, de ce monde où il réside,
sent les fleurs célestes rouges et blanches,
et celles dont se couvrent les Arbres divins
qui croissent chez les dieux, au-dessus de nos têtes.

De ce monde, il connaît par la force de l'odorat
quels sont et à qui appartiennent les chars divins,
ceux qui sont grands, moyens ou petits; il connaît
leurs formes variées, et sait où chacun d'eux se trouve.

Il connaît de même la place du jardin des dieux,
la salle de Bonne-Loi et la ville
d'Étendard-Victorieux, et le meilleur des palais,
et les fils des dieux qui s'y livrent au plaisir.

De ce monde où il est, il perçoit l'odeur de tout cela;
il connaît, par ce moyen, les fils des dieux, et sait quelles actions
exécute chacun d'eux, en quel lieu il les exécute,
qu'il soit debout, qu'il marche ou qu'il écoute.

cet être d'Éveil reconnaît par l'odorat les filles des dieux
qui sont couvertes de fleurs, parées de leurs guirlandes
et embellies de leurs ornements; il sait où elles vont
et où elles se livrent au plaisir.

Avec ce sens, il voit au-dessus de lui,
jusqu'aux lieux où commence l'existence,
les dieux Divins et Grand-Divins qui montent des chars divins;
il les voit absorbés dans la contemplation et au moment où ils en sortent.

Il connaît les fils des dieux Éclat-de-Lumière,
et quand ils quittent leur condition, et quand ils naissent,
tant est puissant l'organe de l'odorat
chez L'être d'Éveil qui possède ce soutra.

Cet être d'Éveil reconnaît également tous les religieux
quels qu'ils soient, qui, sous l'enseignement du Bien-Allé,
toujours appliqués quand ils sont debout ou qu'ils se promènent,
sont passionnés pour l'enseignement et pour la lecture.

Les fils du Vainqueur qui sont des auditeurs,
ceux qui vivent sans cesse auprès des troncs des arbres,
il les connaît tous avec son odorat, et il peut dire :
"Voilà un religieux qui est dans tel endroit."

Les êtres d'Éveils pleins de mémoire et livrés
à la contemplation, qui, toujours passionnés
pour la lecture et pour l'enseignement, expliquent la loi
dans les assemblées, cet être d'Éveil les connaît par l'odorat.

En quelque lieu de l'espace que le Bien-Allé,
le grand solitaire, plein de bonté et de compassion,
explique la loi, cet être d'Éveil reconnaît par l'odorat le Chef
du monde au milieu de l'assemblée des auditeurs dont il est honoré.

Et les êtres qui écoutent la loi de la bouche de cet Éveillé,
et qui, après l'avoir entendue, en ont l'esprit satisfait,
cet être d'Éveil, du monde où il se trouve, les connaît,
ainsi que l'assemblée tout entière du Vainqueur.

Telle est la force de son odorat; et cependant
ce n'est pas l'odorat des dieux qu'il possède;
mais la sûreté de son organe l'emporte
sur celui des dieux, quelque parfait que soit ce dernier.

_____________

Encore autre chose, ô Zèle-Constant. Le fils ou la fille de famille qui possède cette exposition de la loi, qui l'enseigne, qui l'explique, qui l'écrit, obtiendra la perfection de l'organe du goût, lequel deviendra pour lui doué des douze cents qualités du goût.

Les saveurs quelconques qu'avec un organe du goût ainsi perfectionné, il goûtera, il percevra, celles qu'il déposera sur sa langue seront toutes, il faut aussi le savoir, des saveurs divines, d'excellentes saveurs; et il emploiera son organe de telle sorte, qu'il ne percevra aucune saveur désagréable; et les saveurs désagréables elles-mêmes qui viendront se déposer sur sa langue, seront appelées des saveurs divines.

Et la loi qu'il prononcera, quand il sera au milieu de l'assemblée, les créatures en ressentiront de la joie dans leurs organes; elles en seront satisfaites, contentes, pleines de plaisir. Il fera entendre une voix douce, belle, agréable, profonde, allant au cœur, aimable, dont les êtres seront contents et auront le cœur ravi; et les êtres auxquels il enseignera la loi, après avoir entendu ses accents doux, beaux, agréables, penseront, fussent-ils même des dieux, qu'ils doivent aller le trouver, pour le voir, pour le vénérer, pour le servir, pour entendre la loi de sa bouche.

_____________

Les filles des dieux elles-mêmes, les fils des dieux, Çakra, Brahmâ, les fils des dieux Corps-Divins, penseront qu'ils doivent aller le trouver pour le voir, pour le vénérer, pour le servir et pour entendre la loi de sa bouche. Les dragons et les filles des dragons elles-mêmes penseront de même, ainsi que les titans et leurs filles, les griffons et leurs filles, les chimères et leurs filles, les serpents géants et leurs filles, les génies et leurs filles, les vampires et leurs filles; et tous l'honoreront, le vénéreront, le respecteront, l'adoreront.

Les religieux et les fidèles des deux sexes éprouveront aussi le désir de le voir; les rois, les fils des rois, leurs conseillers, leurs grands ministres éprouveront le même désir. Les rois souverain d'un continent eux-mêmes, possesseurs des sept choses précieuses, accompagnés de leurs héritiers présomptifs, de leurs ministres et des femmes de leurs appartements intérieurs, viendront pour le voir, désireux de l'honorer, tant sera doux le langage dans lequel cet interprète de la loi exposera la loi, d'une manière fidèle et comme elle a été prêchée par l'Ainsi-Venu.

D'autres, comme les prêtres, les maîtres de maison, les habitants des provinces et des villages s'attacheront à la suite de cet interprète de la loi, jusqu'à la fin de leur vie. Les auditeurs de l'Ainsi-Venu eux-mêmes viendront pour le voir, ainsi que les Éveillés-pour-Soi et les Éveillés bienheureux.

Et dans quelque point de l'espace que se trouve ce fils ou cette fille de famille, dans ce lieu il enseignera la loi en présence de l'Ainsi-Venu, et il sera le vase capable de recevoir les lois des Éveillés. Tels et aussi agréables seront les accents profonds de la loi qu'il fera entendre."

_____________

Ensuite le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"L'organe du goût est excellent chez lui,
et jamais il ne perçoit une saveur désagréable;
les saveurs n'ont qu'à être mises en contact avec sa langue
pour devenir divines et douées d'un goût surnaturel.

Il fait entendre une voix douce, belle,
agréable, qu'on désire et qu'on veut écouter;
il parle toujours au milieu de l'assemblée
avec une voix profonde et ravissante.

Et celui qui écoute la loi pendant que ce sage
l'expose, au moyen de plusieurs myriades
de dizaines de millions d'exemples, en conçoit
une joie extrême et lui rend un culte incomparable.

Les dieux, les dragons, les titans et les Guhyakas
désirent le voir sans cesse; ils entendent
avec respect la loi de sa bouche; ce sont là,
en effet, les qualités qui le distinguent.

Il peut, s'il le désire, instruire
de sa voix la totalité de cet univers;
sa voix a un accent doux, caressant,
profond, beau et agréable.

Les rois universels, maîtres de la terre, désireux de l'honorer,
se rendent auprès de lui, accompagnés de leurs femmes
et de leurs enfants; et tenant les mains réunies en signe de respect,
ils entendent sans cesse la loi de sa bouche.

Il est toujours suivi par des génies,
par des troupes de dragons, de centaures,
de vampires mâles et femelles,
dont il est respecté, honoré et adoré.

Brahmâ lui-même obéit à sa volonté,
ainsi que les fils des dieux, Mahêçvara et Îçvara,
ainsi que Çakra et les autres dieux;
de nombreuses filles des dieux se rendent auprès de lui.

Et les Éveillés qui sont bons et compatissants pour le monde,
entendant avec leurs auditeurs le son de sa voix,
veillent sur lui pour lui montrer leur visage
et sont satisfaits de l'entendre exposer la loi.

_____________

Encore autre chose, ô Zèle-Constant. L'être d'Éveil, le grand être qui possède cette exposition de la loi, qui la récite, qui l'explique, qui l'enseigne, qui l'écrit, obtiendra les huit cents perfections du corps. Son corps deviendra pur et doué de la couleur et de l'éclat parfait du lapis-lazuli. Il sera pour les créatures un objet agréable à voir. Sur ce corps ainsi purifié, il verra tous les êtres que renferme le grand millier de trois mille mondes.

Les êtres qui meurent et ceux qui naissent dans le grand millier de trois mille mondes, les êtres inférieurs ou parfaits, ayant une couleur belle ou laide, suivant la bonne ou la mauvaise loi, ceux qui habitent les rois des montagnes, les Enceintes-de-Fer, les Mêrus et les Sumêrus, ceux qui résident au-dessous de la terre, depuis l'enfer Sans-Intervalle, et au-dessus, jusqu'aux limites où commence l'existence, il les verra sur son propre corps.

Les Auditeurs-de-la-Loi, les Éveillés-pour-Soi, les êtres d'Éveils et les Ainsi-Venus, quels qu'ils soient, qui habiteront dans ce grand millier de trois mille mondes, ainsi que la loi que ces Ainsi-Venus enseigneront, et les êtres qui serviront chaque Ainsi-Venu, il les verra tous sur son propre corps, parce qu'il aura reçu l'image de la forme de chacun d'eux. Pourquoi cela ? C'est à cause de la pureté que possède son corps."

_____________

Ensuite le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"Son corps devient parfaitement pur,
pur comme s'il était de lapis-lazuli;
celui qui possède ce noble soutra est constamment
un objet agréable aux yeux des créatures.

Il voit le monde sur son propre corps,
comme on voit l'image réfléchie sur la surface d'un miroir,
existant par lui-même, il ne voit pas d'autres êtres hors de lui,
car telle est la parfaite pureté de son corps.

Les créatures qui existent dans l'univers, hommes, dieux,
demi-dieux et Guhyakas, les êtres nés dans les enfers,
parmi les fantômes et dans des matrices d'animaux,
viennent chacun se réfléchir sur son propre corps.

Il voit complètement sur son corps les chars divins
des dieux, jusqu'aux lieux où commence l'existence,
les montagnes et les monts de l'Enceinte-de-Fer,
l'Himavat, le Sumêru et le grand Sumêru.

Il voit également sur sa personne les Éveillés
avec leurs auditeurs et les autres fils des Éveillés;
il voit les êtres d'Éveils qui vivent solitaires
et ceux qui, réunis en troupes, enseignent la loi.

La pureté de son corps est telle,
qu'il y voit la totalité de cet univers;
et cependant il n'est pas en possession de l'état de dieu;
c'est son corps naturel qui est ainsi doué.

_____________

Encore autre chose, ô Zèle-Constant. L'être d'Éveil, le grand être qui, depuis l'entrée de l'Ainsi-Venu dans l'Extinction complète, possédera cette exposition de la loi, qui l'enseignera, l'expliquera, l'écrira, la récitera, cet être d'Éveil, dis-je, obtiendra la perfection de l'organe de l'intellect, lequel sera doué des douze cents qualités de la compréhension.

Avec cet organe de l'intellect ainsi perfectionné, s'il vient à entendre ne fût-ce qu'une stance unique, il en connaîtra les sens nombreux. Après les avoir complètement pénétrés, il en fera pour un mois l'objet de l'enseignement qu'il donnera de la loi; il pourra même les expliquer pendant quatre mois, pendant une année.

La loi qu'il prêchera ne tombera jamais en oubli dans son esprit. Les maximes du monde relatives aux circonstances de la vie mondaine, soit dictons, soit axiomes, seront par lui conciliées avec les règles de la loi. Tous les êtres qui, étant entrés par les six voies de l'existence dans le grand millier de trois mille mondes, y sont soumis aux lois de la transmigration, il connaîtra l'action et les mouvements de leur intelligence à eux tous; il connaîtra, il distinguera leurs mouvements, leurs pensées et leurs actions.

Quoique n'ayant pas encore atteint à la science des Vénérables, l'organe de l'intellect sera doué chez lui d'une perfection aussi accomplie. Quand, après avoir médité sur les diverses expositions de la loi, il l'enseignera, tout ce qu'il enseignera sera conforme à la vérité. Il exposera tout ce qui aura été dit par l'Ainsi-Venu; il prêchera tout ce qui aura été expliqué dans l'exposition des soutras par les anciens Vainqueurs."

_____________

Ensuite le Bienheureux prononça, dans cette occasion, les stances suivantes :

"L'organe de l'intellect est chez lui parfaitement pur,
clair, lumineux et exempt de tout ce qui pourrait le troubler;
au moyen de cet organe, il connaît les diverses lois,
les inférieures, les supérieures et les intermédiaires.

Ce sage, plein de fermeté, entendant une stance unique,
sait y voir un grand nombre de sens, et il peut,
pendant un mois, quatre mois, ou même une année,
en expliquer la valeur véritable et parfaitement liée.

Et les êtres qui habitent ici-bas cet univers,
soit dans l'intérieur, soit à l'extérieur de son enceinte,
dieux, hommes, demi-dieux, Guhyakas, dragons
et créatures renfermées dans des matrices d'animaux,

Les êtres qui habitent ici dans les six voies de l'existence,
ce sage connaît dans le même moment toutes les pensées
qui s'élèvent dans leurs esprits; car c'est là
l'avantage attaché à la possession de ce soutra.

Il entend aussi la voix pure de l'Éveillé,
décoré des cent signes de vertu, qui explique
la loi dans toute l'étendue de l'univers,
et il saisit ce que dit l'Éveillé.

Il se livre à de nombreuses réflexions sur la loi excellente,
et il parle abondamment et sans relâche; jamais,
cependant, il n'éprouve d'hésitation; car c'est là
l'avantage attaché à la possession de ce soutra.

Il connaît les concordances et les combinaisons,
et ne voit entre toutes les lois aucune différence;
il en sait le sens et les explications,
et il les expose comme il les sait.

Le soutra qui a été pendant longtemps exposé ici-bas
par les anciens Maîtres du monde, c'est là la loi
qu'il ne cesse d'exposer, sans jamais éprouver
de crainte, au milieu de l'assemblée.

Tel est l'organe de l'intelligence de celui
qui possède ce soutra et qui l'expose;
et cependant ce n'est pas la science du détachement
qu'il a obtenue; mais celle qu'il possède est supérieure.

En effet, il est placé sur le terrain des Maîtres,
il peut exposer la loi à la totalité des créatures
et il dispose habilement de myriades d'explications,
celui qui possède ce soutra du Bien-Allé."
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:22    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 19 : L'être d'Éveil Toujours-sans-Mépris
Le Bouddha raconte l'histoire d'un religieux maltraité durant une période où la Loi dégénère, qui ne méprisait jamais les autres tout en restant à l'écart d'eux, il devient maitre de Loi du soutra du lotus puis fini par devenir Bouddha. C'était Çâkyamuni et les autres étaient les auditeurs présents qu'il a discipliné au long des éons.


_____________


Chapitre 19

Le religieux Toujours-sans-Mépris

_____________

Ensuite le Bienheureux s'adressa ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Obtention-de-Grande-Autorité : "Voici de quelle manière, ô Obtention-de-Grande-Autorité, il faut savoir que si l'on méprise une exposition de la loi pareille à celle que je fais, si l'on insulte les religieux ou les fidèles des deux sexes qui possèdent un discours de cette espèce, et si on les interpelle avec des paroles d'injure et de mensonge, le résultat futur de cette action sera malheureux, et à un tel point, que la parole ne peut l'exprimer.

Ceux qui posséderont un discours de cette espèce, qui le réciteront, qui l'enseigneront, qui le comprendront et qui l'exposeront largement à d'autres, ceux-là obtiendront un résultat heureux de cette action, tel que celui dont j'ai parlé plus haut, c'est-à-dire qu'ils acquerront les perfections de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût, du corps et de l'intellect, que j'ai décrites tout à l'heure.

Jadis, ô Obtention-de-Grande-Autorité, dans un temps passé, bien avant des éons plus innombrables que ce qui est sans nombre, immenses, incommensurables, inconcevables, sans comparaison comme sans mesure, avant cette époque, dis-je, et bien avant encore, apparut au monde l'Ainsi-Venu, le Vénérable nommé Roi-au-Son-Majestueux, doué de science et de conduite, dans l'éon Exempt-de-Déchéance, dans l'univers Grande-Réalisation.

_____________

Cet Ainsi-Venu, ce Vénérable, ô Obtention-de-Grande-Autorité, dans cet univers Grande-Réalisation, enseigna la loi en présence du monde formé de la réunion de tous les hommes et de tous les demi-dieux. C'est ainsi que pour faire franchir aux Auditeurs-de-la-Loi la naissance, il enseignait la loi dont le but est la science de celui qui sait tout.

La durée de la vie de ce bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-Majestueux, ce Vénérable, fut d'autant de myriades de milliers de milliards d'éons qu'il y a de grains de sable dans quarante Ganges. Après qu'il fut entré dans l'Extinction complète, sa bonne loi subsista autant de myriades de milliers de milliards d'éons qu'il y a d'atomes dans le continent Jambu; et l'image de cette bonne loi dura autant de myriades de milliers de milliards d'éons qu'il y a d'atomes dans un monde formé de quatre îles.

Quand dans cet univers Grande-Réalisation, ô Obtention-de-Grande-Autorité, l'image de la bonne loi du bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-Majestueux, vénérable, eut disparu, un autre Ainsi-Venu, nommé aussi Roi-au-Son-Majestueux, vénérable, apparut dans le monde, doué de science et de conduite.

De cette manière parurent successivement, l'un après l'autre, dans cet univers Grande-Réalisation, vingt fois des myriades de milliers de milliards d'Ainsi-Venus, nommés Roi-au-Son-Majestueux, des Vénérables.

_____________

Dans le temps qui suivit l'entrée du Bienheureux dans l'Extinction complète, quand commençait à disparaître l'image de la bonne loi de celui de ces Ainsi-Venus, qui, dans ce nombre, ô Obtention-de-Grande-Autorité; fut le premier du nom de Roi-au-Son-Majestueux, le Vénérable doué de science et de conduite; dans le temps que cette loi était opprimée par des religieux remplis d'orgueil, il y eut un religieux, l'être d'Éveil, le grand être nommé Toujours-sans-Mépris.

Pour quelle raison, ô Obtention-de-Grande-Autorité, cet être d'Éveil, ce grand être était-il ainsi appelé Toujours-sans-Mépris ?

C'est, ô Obtention-de-Grande-Autorité, qu'à chaque religieux ou fidèle de l'un ou de l'autre sexe, que voyait cet être d'Éveil, ce grand être, il lui disait en l'abordant : "Je ne vous méprise pas, ô vénérables personnages ! Vous êtes de ceux qu'on ne méprise pas. Pourquoi cela ? C'est que tous vous pratiquez les devoirs imposés aux êtres d'Éveil. Vous serez tous des Ainsi-Venus, des Vénérables."

C'est de cette manière, ô Obtention-de-Grande-Autorité, que cet être d'Éveil, ce grand être, devenu religieux, ne se livre pas à l'enseignement, ne fait pas la lecture; mais chacun de ceux qu'il voit, d'aussi loin qu'il les aperçoit, il leur fait entendre ces paroles, que ce soient des religieux ou des fidèles de l'un ou de l'autre sexe, il les aborde en leur disant : "Je ne vous méprise pas, mes sœurs, vous êtes de celles qu'on ne méprise pas. Pourquoi cela ? C'est que vous avez pratiqué autrefois les devoirs imposés aux êtres d'Éveil. Aussi deviendrez-vous des Ainsi-Venus, des Vénérables."

_____________

Voilà, ô Obtention-de-Grande-Autorité, ce qu'en ce temps-là cet être d'Éveil faisait entendre à chacun des religieux et des fidèles de l'un et de l'autre sexe. Mais tous s'en indignaient excessivement contre lui, tous lui en voulaient du mal, lui témoignaient de la malveillance, et l'injuriaient.

"Pourquoi ce religieux nous dit-il, sans que nous l'interrogions, qu'il n'a pas la pensée de nous mépriser ? Il nous traite avec mépris cependant, puisqu'il nous prédit que nous parviendrons à l'état suprême, d'Éveillé parfaitement accompli, état auquel nous ne pensons pas et que nous ne désirons pas."

Cet être d'Éveil, ô Obtention-de-Grande-Autorité, passa ainsi un grand nombre d'années exposé aux injures et aux outrages. Et cependant il ne s'indignait contre personne, il n'en concevait aucune pensée de malveillance; et ceux qui, quand il leur parlait ainsi, lui jetaient des mottes de terre, ou le frappaient à coups de bâton, il leur criait de loin en élevant la voix : "Je ne vous méprise pas."

Ces religieux et ces fidèles des deux sexes, qui étaient remplis d'orgueil, l'entendant répéter sans cesse, Je ne vous méprise pas, finirent par lui donner le nom de Toujours-sans-Mépris.

_____________

Or cet être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris, quand la fin de son temps approcha, quand vint l'instant de sa mort, entendit cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi. Cette exposition de la loi était faite par le bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-Majestueux, le Vénérable, en vingt fois vingt myriades de milliers de milliards de stances. L'être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris, quand approcha l'instant de sa mort, en entendit le son sortir du haut du ciel.

Ayant entendu cette voix qui partait du ciel, sans qu'il parût personne qui la prononçât, il saisit cette exposition de la loi et acquit chacune des perfections dont j'ai parlé, celles de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût, du corps et de l'intellect. À peine les eut-il acquises, que recevant comme bénédiction la conservation de la vie pendant vingt autres myriades de milliers de milliards d'années, il se mit à expliquer cette exposition du Lotus de la bonne loi.

Et tous ces êtres pleins d'orgueil, religieux ou fidèles des deux sexes, auxquels il disait autrefois : "Je ne vous méprise pas", et qui lui avaient donné le nom de Toujours-sans-Mépris, ces êtres, après avoir vu la grandeur de la force de ses facultés surnaturelles, celle de ses vœux, celle de sa puissance, celle de sa sagesse, se réunirent tous sous sa conduite pour entendre la loi.

Tous ces êtres, et beaucoup d'autres myriades de milliers de milliards de créatures, furent conduits à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

_____________

Ensuite, ô Obtention-de-Grande-Autorité, cet être d'Éveil, ce grand être, étant sorti de ce monde, combla de joie dans d'autres existences vingt milliers de millions d'Ainsi-Venus, portant tous le nom de Roi-de-l'Éclair-Illuminant, des Vénérables parvenus à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, et il expliqua sous tous ces Éveillés cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi.

Par l'effet de cet ancien principe de vertu, il revint encore dans la suite combler de joie un nombre égal d'Ainsi-Venus, portant tous le nom de Roi-du-Grondement, des Vénérables parvenus à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli; et il expliqua sous l'enseignement de tous ces Éveillés, en présence des quatre assemblées, cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi.

Puis encore, par l'effet de cet ancien principe de vertu, il revint dans la suite combler de joie un nombre égal d'Ainsi-Venus, portant tous le nom de Roi-du-Tonnerre, des Vénérables parvenus à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli; et il expliqua sous l'enseignement de tous ces Éveillés, en présence des quatre assemblées, cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi; et il fut, sous chacun d'eux, doué des perfections de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût, du corps et de l'intellect, dont j'ai déjà parlé.

_____________

Cet être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris, après avoir respecté, honoré, vénéré, adoré autant de myriades de milliers de milliards d'Ainsi-Venus, après leur avoir rendu des hommages et un culte, et après avoir suivi la même conduite à l'égard d'un grand nombre d'autres myriades de milliers de milliards d'Éveillés, après avoir, sous l'enseignement de tous ces Éveillés, expliqué cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, cet être d'Éveil, dis-je, par l'effet de cet ancien principe de vertu qui était parvenu à ses conséquences complètes, obtint l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

Pourrait-il, après cela, ô Obtention-de-Grande-Autorité, te rester quelque incertitude, quelque perplexité, quelque doute ? Il ne faut pas s'imaginer que dans ce temps-là et à cette époque, ce fût un autre que moi qui était l'être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris, lequel sous l'enseignement de ce bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-Majestueux, ce Vénérable complètement et parfaitement Éveillé, fut injurié par les quatre assemblées, et par qui fut comblé de joie un aussi grand nombre d'Ainsi-Venus.

Pourquoi cela ? C'est que, ô Obtention-de-Grande-Autorité, c'est moi qui dans ce temps-là, et à cette époque, étais l'être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris. Si je n'eusse pas anciennement saisi cette exposition de la loi, si je ne l'eusse pas comprise, je n'aurais pas atteint si rapidement à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

C'est, ô Obtention-de-Grande-Autorité, parce que j'ai, grâce à l'enseignement des anciens Ainsi-Venus, des Vénérables, possédé, récité, enseigné cette exposition de la loi, que j'ai atteint si rapidement à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

_____________

Et les centaines de religieux et de fidèles des deux sexes auxquels, sous l'empire du bienheureux Éveillé, l'être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris fit entendre l'exposition de la loi en leur disant : "Je ne vous méprise pas, vous tous vous accomplissez les devoirs imposés aux êtres d'Éveil, vous deviendrez tous des vénérables Ainsi-Venus."

Ces religieux, dis-je, qui avaient conçu contre l'être d'Éveil des pensées de malveillance, ne virent jamais d'Ainsi-Venu pendant vingt myriades de milliers de milliards d'éons; et ils n'entendirent prononcer ni le nom de "Loi" ni celui d'"Assemblée"; et, pendant dix mille éons, ils souffrirent des douleurs terribles dans le grand enfer Sans-Intervalle.

Délivrés ensuite des ténèbres dont les avait enveloppés cette action coupable, ils furent tous mûris par l'être d'Éveil, le grand être Toujours-sans-Mépris pour l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

Pourrait-il après cela, ô Obtention-de-Grande-Autorité, te rester, à l'égard de ces religieux, quelque incertitude, quelque perplexité ou quelque doute ? Quels étaient, en ce temps-là et à cette époque, les êtres qui insultaient cet être d'Éveil ?

C'étaient, ô Obtention-de-Grande-Autorité, les cinq cents êtres d'Éveil de cette assemblée même qui ont pour chef Drapeau-Glorieux, les cinq cents religieuses qui suivent Lune-Léonine, les cinq cents femmes que préside Pensant-au-Bien-Allé. Tous ont été rendus incapables de se détourner de l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli.

_____________

Telle est, ô Obtention-de-Grande-Autorité, la grande importance de l'accumulation des mérites qui résultent de l'action de posséder et de celle d'enseigner cette exposition de la loi, que, pour les êtres d'Éveil, les grand êtres, elle aboutit à leur faire obtenir l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli. C'est pourquoi, ô Obtention-de-Grande-Autorité, quand une fois l'Ainsi-Venu est entré dans l'Extinction complète, cette exposition de la loi doit être constamment possédée et enseignée par les êtres d'Éveil, les grands êtres.

Ensuite le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"Je me rappelle le temps passé, alors que Roi-au-Son-Majestueux
était un Vainqueur, et que, doué d'une grande puissance,
adoré par les hommes et par les dieux, il était le Guide
des hommes, des Titan des éléments et des démons religieux.

Vers la fin du temps où la bonne loi de ce Vainqueur
qui était entré dans l'Extinction complète,
avait commencé à dépérir, il y eut un être d'Éveil
nommé Toujours-sans-Mépris, qui était religieux.

Quand il s'approchait d'autres religieux, de l'un ou de l'autre
sexe, qui ne voyaient que les objets extérieurs : "Vous n'êtes
jamais méprisés par moi, leur disait-il, car vous pratiquez
les devoirs qui conduisent à l'état suprême d'Éveil.

Telles sont les paroles qu'il leur faisait entendre
sans cesse; mais on lui répondait par des reproches
et par des injures. Et quand s'approcha le moment
de sa fin, il lui arriva d'entendre ce discours.

Ce sage, alors, au lieu de faire son temps,
ayant reçu comme bénédiction une longue existence,
expliqua pendant ce temps ce discours,
sous l'enseignement de ce Guide des hommes.

Et tous ces religieux, en grand nombre, qui ne voyaient
que les objets extérieurs, furent mûris par cet être d'Éveil
pour l'état d'Éveillé, puis quand il fut sorti de ce monde,
il combla de joie des dizaines de milliards d'Éveillés.

Grâce aux bonnes œuvres qu'il avait ainsi successivement
accomplies, après avoir constamment expliqué ce discours,
ce fils de Vainqueur parvint à l'état d'Éveil;
or cet être d'Éveil, c'est moi, Sage-des-Çâkyas lui-même.

Et ces religieux qui ne voyaient que les objets extérieurs,
ces religieux, ainsi que tout ce qui se trouvait
de fidèles de l'un et de l'autre sexe, qui avaient
appris de ce sage ce qu'était l'état d'Éveil,

Et qui ont vu depuis, de nombreuses dizaines de millions d'Éveillés,
ce sont les religieux, au nombre de cinq cents au moins, ce sont
les religieux, ainsi que les fidèles de l'un et de l'autre sexe,
qui se trouvent ici en ma présence.

Tous ont appris de ma bouche la loi excellente;
tous ont été complètement mûris par moi;
et quand je serai entré dans l'Extinction complète,
tous ces sages posséderont cet éminent discours.

Il s'est écoulé de nombreuses dizaines de millions d'éons,
d'éons que la pensée ne peut concevoir, sans que jamais
une pareille loi ait été entendue; des milliers de millions d'Éveillés
ont existé, et ils n'ont cependant pas expliqué ce discours.

C'est pourquoi, après avoir entendu cette loi exposée
par celui qui existe par lui-même, et après l'avoir
possédée à plusieurs reprises, expose ce discours
quand je serai entré dans l'Extinction complète."
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:23    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 20 : Les pouvoirs mystiques de l'Ainsi-Venu
Les Bouddhas inspirent aux assistants une grande admiration par les démonstrations de leurs puissances surnaturelles avec un prodige. Ensuite le Bouddha promet à ceux qui observeront ce soutra d'arriver à l'Illumination.


_____________


Chapitre 20

Effet de la puissance surnaturelle de l'Ainsi-Venu

_____________

Ensuite les myriades de milliers de milliards d'êtres d'Éveil, en nombre égal à celui des atomes contenus dans mille univers, qui étaient sortis des ouvertures de la terre, réunissant tous leurs mains en signe de respect devant le Bienheureux, lui parlèrent ainsi :

"Nous expliquerons, ô Bienheureux, cette exposition de la loi, lorsque l'Ainsi-Venu sera entré dans l'Extinction complète, nous l'expliquerons dans toutes les terres d'Éveillé habitées par le Bienheureux, autant qu'il en existe, et autant de fois que le Bienheureux entrera dans l'Extinction complète. Nous désirons posséder, réciter, enseigner, expliquer, écrire une exposition de la loi comme celle-là."

Ensuite les nombreuses myriades de milliers de milliards d'êtres d'Éveil ayant Doux-et-Glorieux pour chef, qui habitent dans cet univers Endurance, les religieux et les fidèles des deux sexes, les dieux, les dragons, les génies, les centaures, les titans, les griffons, les chimères, les serpents géants, les hommes et les êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine, ainsi qu'une multitude d'êtres d'Éveil aussi nombreux que les sables du Gange, parlèrent ainsi au Bienheureux :

"Et nous aussi, ô Bienheureux, nous expliquerons cette exposition de la loi, quand l'Ainsi-Venu sera entré dans l'Extinction complète. Du haut des airs où nous serons suspendus avec un corps invisible, nous ferons entendre notre voix, et nous ferons croître les racines de la vertu dans les êtres chez qui elles ne seront pas encore développées."

Alors le Bienheureux s'adressa ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Pratique-Supérieure, suivi d'une troupe, d'une grande troupe, précepteur d'une troupe, lequel se trouvait à la tête de ces premiers êtres d'Éveil, ces grands êtres suivis chacun d'une troupe : "Bien, bien, ô Pratique-Supérieure, c'est comme cela que vous devez agir; vous avez été mûris par l'Ainsi-Venu pour l'intelligence de cette exposition."

_____________

Ensuite le bienheureux Sage-des-Çâkyas et le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor qui était entré dans l'Extinction complète, tous deux assis sur un trône au milieu du temple, se mirent à sourire ensemble. Leur langue sortit de l'ouverture de leur bouche et atteignit jusqu'au monde de Brahmâ.

Il s'en échappa en même temps plusieurs myriades de milliers de milliards de rayons. De chacun de ces rayons s'élancèrent plusieurs myriades de milliers de milliards d'êtres d'Éveil, dont le corps était de couleur d'or, qui étaient doués des trente-deux signes caractéristiques d'un grand homme, et qui se trouvaient assis sur un trône formé du centre d'un lotus.

Et tous ces êtres d'Éveil, qui s'étaient rendus dans ces centaines de milliers de myriades d'univers, situés aux points principaux et intermédiaires de l'espace, restèrent suspendus au milieu des airs dans les divers points de l'horizon et enseignèrent la loi.

Tout comme le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas qui opéra ce prodige, effet de sa puissance surnaturelle, au moyen de sa langue, de même aussi l'Ainsi-Venu Maint-Trésor, et de même tous les Ainsi-Venus, tous les Vénérables, qui, venus de myriades de milliers de milliards d'autres univers, étaient assis, chacun sur un trône au pied d'arbres de diamant, opérèrent ce même prodige, effet de leur puissance surnaturelle.

Alors le bienheureux Sage-des-Çâkyas, l'Ainsi-Venu Maint-Trésor et tous ces Ainsi-Venus, ces Vénérables, opérèrent cet effet de leur puissance surnaturelle pendant cent mille années complètes.

_____________

Ensuite, à la fin de ces cent mille années, ces Ainsi-Venus, ces Vénérables, ayant ramené à eux leur langue, firent entendre dans le même temps, au même instant, dans le même moment, le bruit qu'on produit en chassant avec force la voix de la gorge, et celui qui s'entend quand on fait craquer ses doigts.

Par ce grand bruit, les centaines de milliers de myriades de terres d'Éveillé qui se trouvaient dans les dix points de l'espace, furent toutes ébranlées, remuées, agitées, secouées; toutes tremblèrent et s'émurent; et tous les êtres, quels qu'ils fussent, qui existaient dans ces terres d'Éveillé, dieux, dragons, génies, centaures, titans, griffons, chimères, serpents géants, hommes et créatures n'appartenant pas à l'espèce humaine, tous du lieu où ils se trouvaient, virent, grâce à la puissance de l'Éveillé, cet univers Endurance.

Ils virent les myriades de milliers de milliards d'Ainsi-Venus, assis chacun sur un trône auprès d'arbres de diamant, le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas assis sur un trône, et l'Ainsi-Venu Maint-Trésor, qui était entré dans l'Extinction complète, assis sur un trône, au milieu du grand temple fait de substances précieuses, avec le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas.

_____________

Enfin ils virent les quatre assemblées réunies. À cette vue, ils furent frappés de surprise, d'étonnement et de satisfaction. Et ils entendirent une voix venant du ciel qui disait :

"Par delà des myriades de milliers de milliards d'univers, en nombre immense et infini, est un monde nommé Endurance; là l'Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, le Vénérable, explique aux êtres d'Éveil, les grands êtres le discours nommé le lotus de la bonne loi, ce discours où est expliquée la loi.

Témoignez avec une énergie ardente votre satisfaction de ce discours, et rendez hommage au bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas et au bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor."

Alors tous ces êtres, après avoir entendu cette voix qui venait du ciel, prononcèrent, de l'endroit où ils se trouvaient et tenant les mains jointes en signe de respect, les paroles suivantes : "Adoration au bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, au Vénérable complètement et parfaitement Éveillé !"

Ensuite ils couvrirent la partie de l'espace qu'occupe l'univers Endurance, de fleurs, d'encens, de parfums, de guirlandes, de substances onctueuses, de poudres odorantes, de vêtements, de parasols, de drapeaux, d'étendards, de bannières, ainsi que d'ornements, de parures, de vêtements, de colliers, de chapelets, de joyaux et de pierres précieuses de toute espèce, dans le but de rendre hommage au bienheureux Sage-des-Çâkyas et à l'Ainsi-Venu Maint-Trésor, ainsi qu'à cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi.

Ces fleurs, ces encens, ne furent pas plutôt répandues, qu'elles se dirigèrent du côté de l'univers Endurance. Là ces masses de fleurs, formèrent un grand dais de fleurs suspendu au milieu des airs au-dessus des Ainsi-Venus qui étaient assis, tant dans l'univers Endurance, que dans les myriades de milliers de milliards d'autres univers réunis tous sous son ombre.

_____________

Ensuite le Bienheureux s'adressa ainsi aux êtres d'Éveil, les grands êtres qui avaient pour chef Pratique-Supérieure : "Ils ont un pouvoir qui dépasse l'imagination, ô fils de famille, les Ainsi-Venus, les Vénérables parfaitement et complètement Éveillés. Quand, dans le dessein de communiquer cette exposition de la loi, je passerais, ô fils de famille, plusieurs myriades de milliers de milliards d'éons à exposer les nombreuses énumérations des avantages qu'elle possède, en me servant des diverses introductions à la loi, je ne pourrais atteindre le terme des mérites de cette exposition de la loi.

Toutes les lois des Éveillés, leur supériorité, leurs mystères, leur état si profond, tout cela se trouve enseigné par moi en abrégé dans cette exposition de la loi. C'est pourquoi, ô fils de famille, quand l'Ainsi-Venu sera entré dans l'Extinction complète, il faudra, après l'avoir vénérée, la posséder, l'enseigner, la réciter, l'expliquer, l'honorer.

Et dans quelque lieu de la terre, ô fils de famille, que cette exposition de la loi vienne à être récitée, expliquée, enseignée, écrite, méditée, prêchée, lue, réduite en un volume, que ce soit dans un ermitage, ou dans un monastère, ou dans une maison, ou dans un bois, ou auprès d'un arbre, ou dans une ville, ou dans un palais, ou dans un édifice, ou dans une caverne, il faudra, dans cet endroit même, dresser un monument à l'intention de l'Ainsi-Venu.

Pourquoi cela ? C'est que cet endroit doit être regardé comme le lieu où tous les Ainsi-Venus ont acquis l'essence même de l'état d'Éveil; c'est qu'il faut reconnaître qu'en cet endroit, tous les Ainsi-Venus, les Vénérables, sont parvenus à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli; qu'en cet endroit, tous les Ainsi-Venus ont fait tourner la roue de la loi; qu'en cet endroit, tous les Ainsi-Venus sont entrés dans l'Extinction complète."

_____________

Ensuite le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"C'est une condition qui échappe à l'intelligence, une condition
utile au monde, que celle des êtres établis dans la science
des connaissances surnaturelles, qui, doués d'une vue infinie,
manifestent ici-bas leur puissance pour réjouir toutes les créatures.

L'organe de la langue de ces Éveillés qui atteignit
jusqu'au monde de Brahmâ, en lançant des milliers de rayons,
fit voir un prodige, effet d'une puissance surnaturelle,
lequel apparut pour ceux qui sont arrivés à l'état suprême d'Éveil.

Les Éveillés chassèrent avec force la voix de leur gosier
et firent entendre une fois le bruit que produit le craquement des doigts;
ils attirèrent l'attention de ce monde tout entier,
de ces univers situés dans les dix points de l'espace.

Pleins de bonté et de compassion, ils manifestent leurs qualités,
ainsi que ces miracles et d'autres semblables,
pour que ces êtres, remplis de joie, possèdent ce discours,
lorsque le Bien-Allé sera entré dans l'Extinction complète.

Quand même je passerais plusieurs dizaines de milliards
d'éons à chanter les louanges des fils de Bien-Allé
qui posséderont cet éminent discours, lorsque le Guide du monde
sera entré dans l'Extinction complète,

Je ne pourrais atteindre le terme de leurs qualités,
qui sont infinies comme celles de l'éther dans les dix points
de l'espace; car elles échappent à l'intelligence,
les qualités de ceux qui possèdent toujours ce beau discours.

Ils me voient, ainsi que tous ces Guides des hommes
et ce Guide du monde qui est entré dans l'Extinction complète;
ils voient tous ces êtres d'Éveil si nombreux,
ainsi que les quatre assemblées.

Un tel fils de Bien-Allé me comble maintenant ici de satisfaction;
il réjouit tous ces Guides du monde, et cet empereur des Vainqueurs
qui est entré dans l'Extinction, ainsi que les autres Éveillés
établis dans les dix points de l'espace.

Les Éveillés des dix points de l'espace,
tant passés que futurs,
ont été et seront vus et adorés
par celui qui possède ce discours.

Il connaît le mystère des Meilleurs des hommes,
il arrive bien vite à méditer comme eux sur ce qui a fait
l'objet de leurs méditations dans l'intime essence de l'état d'Éveil,
celui qui possède ce discours, qui est la loi véritable.

Sa puissance est sans limites; semblable à celle du vent,
elle ne rencontre d'obstacles nulle part;
il connaît la loi, il en connaît le sens
et les explications, celui qui possède cet éminent discours.

Il connaît toujours la liaison des discours qu'ont exposés
les Guides du monde après y avoir réfléchi;
lorsque le Guide des hommes est entré dans l'Extinction complète,
ce sage connaît le vrai sens des discours.

Il brille semblable à la lune et au soleil;
il resplendit de la lumière et de l'éclat qu'il répand
autour de lui; parcourant la terre dans tous les sens,
il forme un grand nombre d'êtres d'Éveil.

Aussi les sages êtres d'Éveil qui, après avoir entendu une énumération
des avantages de ce discours, semblable à celle que je viens de faire,
le posséderont au temps où je serai entré dans l'Extinction,
parviendront sans aucun doute à l'état d'Éveillé."
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:23    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 21 : Formules
Don de la protection que confèrent les formules à ceux qui les prononcent.


_____________


Chapitre 21

Les formules

_____________

Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes s'étant levé de son siège, après avoir rejeté sur son épaule son vêtement supérieur, posé à terre le genou droit, et réuni ses mains en signe de respect en se tournant vers le Bienheureux, lui parla ainsi : "Combien donc est grand, ô Bienheureux, le mérite que doit recueillir le fils ou la fille de famille qui possédera cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, soit qu'il l'ait confiée à sa mémoire, soit qu'il la tienne renfermée dans un volume !"

Cela dit, le Bienheureux répondit ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes : "Le fils ou la fille de famille, ô Roi-des-Remèdes, qui respecterait, honorerait, adorerait des myriades de milliers de milliards d'Ainsi-Venus, aussi nombreuses que les sables de quatre-vingts Ganges, quel mérite, ô Roi-des-Remèdes, penses-tu qu'il recueillerait comme conséquence de cette action ?"

L'être d'Éveil, le grand être répondit : "Un immense mérite, ô Bienheureux, un immense, ô Bien-Allé."

le Bienheureux reprit : "Je vais te parler, ô Roi-des-Remèdes, je vais t'instruire. Oui, le fils ou la fille de famille, quel qu'il soit, qui possédera, qui récitera, qui comprendra ou qui acquerra par la force de son application, ne fût-ce qu'une seule stance à quatre vers de cette exposition de la loi, recueillera, comme conséquence de cette action, un mérite beaucoup plus considérable que celui dont je viens de parler."

_____________

Alors l'être d'Éveil Roi-des-Remèdes parla ainsi, dans cette occasion, au Bienheureux : "Nous donnerons, ô Bienheureux, à ces fils ou à ces filles de famille par qui cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi aura été retenue de mémoire, ou renfermée dans un livre, les paroles des formules détentrices de pouvoir, afin de les garder, de les protéger et de les défendre; ce seront :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

Ces paroles des formules détentrices de pouvoir, ô Bienheureux, ont été prononcées par des Éveillés bienheureux, en nombre égal à celui des sables de soixante-deux Ganges. Tous ces bienheureux Éveillés seraient blessés par celui qui attaquerait de tels interprètes de la loi, des hommes qui possèdent ainsi ce discours."

Alors le Bienheureux exprima ainsi son assentiment à l'être d'Éveil Roi-des-Remèdes : "Bien, bien, ô Roi-des-Remèdes; c'est dans l'intérêt des créatures que les paroles des formules ont été prononcées; c'est par compassion pour les créatures, afin de les garder, de les protéger et de les défendre."

_____________

Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Don-Héroïque parla ainsi au Bienheureux : "Et moi aussi, ô Bienheureux, dans l'intérêt de tels prédicateurs de la loi, je leur donnerai les paroles des formules, afin qu'aucun des êtres qui chercheraient l'occasion de surprendre de tels interprètes de la loi ne la puisse saisir, que ce soit un génie, un démon religieux, un zombie, un spectre, un ogre, un fantôme; si un de ces êtres cherche ou épie l'occasion de les surprendre, il ne pourra la saisir."

Alors l'être d'Éveil, le grand être Don-Héroïque prononça, dans cette occasion, les paroles suivantes des formules :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

"Ces paroles des formules, ô Bienheureux, ont été prononcées et approuvées par des Ainsi-Venus, des Vénérables en nombre égal à celui des sables du Gange. Tous ces Ainsi-Venus seraient blessés par celui qui attaquerait de tels interprètes de la loi."

_____________

Ensuite le grand roi céleste Vâiçravana parla ainsi au Bienheureux : "Et moi aussi, ô Bienheureux, je dirai les paroles suivantes des formules, dans l'intérêt de ces interprètes de la loi, par compassion pour eux, pour les garder, les protéger et les défendre; ce seront :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

C'est avec ces paroles des formules, ô Bienheureux, que je protège ces interprètes de la loi dans une étendue de cent Yôdjanas; c'est de cette manière que les fils ou les filles de famille qui posséderont ainsi ce discours, seront protégés et en sûreté."

Alors le grand roi céleste Virûdhaka se trouvait aussi dans cette grande assemblée, entouré et suivi par des myriades de milliers de milliards d'ogres. Après s'être levé de son siège Virûdhaka, tenant ses mains réunies en signe de respect, et les dirigeant du côté du Bienheureux, lui parla ainsi : "Et moi aussi, ô Bienheureux, je dirai les paroles des formules détentrices de pouvoir, dans l'intérêt de tels interprètes de la loi qui retiennent ainsi ce discours, afin de les garder, de les protéger et de les défendre; ce seront :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

"Ces paroles des formules, ô Bienheureux, ont été prononcées par quarante-deux myriades de milliers de milliards d'Éveillés. Tous ces Éveillés seraient blessés par celui qui attaquerait de tels interprètes de la loi."

_____________

Ensuite les démones religieuses nommées Lambâ, Pralambâ, Mâlâkutadantî, Puchpadantî, Matutatcbandî, Kêçinî, Atchalâ, Mâlâdharî, Kuntî, Sarvasattvâudjôhârî, Hârîti, toutes avec leurs enfants et avec leur suite, s'étant rendues à l'endroit où se trouvait le Bienheureux, lui parlèrent ainsi d'une voix unanime :

"Et nous aussi, ô Bienheureux, nous garderons, nous protégerons, nous défendrons ceux qui posséderont ainsi ce discours; nous garantirons leur sécurité, de telle sorte qu'aucun de ceux qui chercheront, qui épieront l'occasion de surprendre de tels interprètes de la loi, ne puisse y parvenir."

Alors les démones religieuses, d'une seule voix et d'un chant unanime, donnèrent au Bienheureux les paroles suivantes des formules :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

"Qu'aucune créature, se plaçant sur leur tête, ne puisse blesser de tels interprètes de la loi, que ce soit un génie, un démon religieux, un fantôme, un vampire, un Bhûta, un spectre, un zombie, un ogre, un Stabdha, un Utsâraka, un Autsâraka, un Apasmâraka, un génie spectral, un spectre n'appartenant pas à l'espèce humaine, un Asurakrïtya, un Dvâitîya, un Tritîya, un Tchaturthakrïtya, un Nityadjvara; enfin, si même des formes de femmes, d'hommes ou de filles lui apparaissant pendant son sommeil, veulent lui nuire, que cela ne puisse avoir lieu."

_____________

Ensuite les démones religieuses, d'une seule voix et d'un chant unanime, adressèrent au Bienheureux les stances suivantes :

"Il sera brisé en sept morceaux comme la tige
du Mardjaka, le crâne de celui qui,
après avoir entendu les paroles de ces formules,
attaquera un interprète de la loi.

La voie des matricides,
celle des parricides,
c'est là la voie dans laquelle marche
celui qui attaque un interprète de la loi.

La voie de ceux qui expriment par la pression,
l'huile de la graine de sésame, celle de ceux qui battent
cette espèce de graine, c'est là la voie dans laquelle
marche celui qui attaque un interprète de la loi.

La voie de ceux qui trompent sur les balances,
celle de ceux qui trompent sur les mesures,
c'est là la voie dans laquelle marche
celui qui attaque un interprète de la loi."

Cela dit, les démones religieuses à la tête desquelles était Kuntî, parlèrent ainsi au Bienheureux : "Et nous aussi, ô Bienheureux, nous protégerons de tels interprètes de la loi; nous garantirons leur sécurité; nous repousserons pour eux les atteintes du bâton et nous détruirons le poison."

Cela dit, le Bienheureux parla ainsi à ces démones religieuses : "Bien, bien, mes sœurs; vous faites bien de protéger, de défendre ces interprètes de la loi, dussent-ils ne posséder que le nom de cette exposition de la loi; à bien plus forte raison devez-vous défendre ceux qui posséderont complètement et dans son entier cette exposition de la loi.

Ou qui l'honoreront, quand elle sera renfermée dans un volume, en lui offrant des fleurs, de l'encens, des parfums, des guirlandes, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des vêtements, des parasols, des drapeaux, des étendards, des bannières, des lampes alimentées par de l'huile de sésame, par du beurre clarifié, par des huiles odorantes, par des huiles de Tchampaka, de Vârchika, de lotus, de jasmin, qui, enfin, par cent mille espèces d'offrandes de ce genre, l'honoreront et la vénéreront; ceux-là, ô Kuntî, doivent être protégés par toi et par ta troupe."

Or, pendant que ce chapitre des formules était exposé, huit mille êtres vivants acquirent la patience surnaturelle de la loi.
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:24    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 22 : Les actes antérieurs du Bodhisattva Roi-des-Remèdes
Décrit les anciennes pratiques du Bodhisattva Roi-des-Remèdes. Çâkyamuni confie la garde de ce soutra au Bodhisattva Splendeur-Royale-des-Constellations et prédit un grand développement de ce chapitre pour la 5ème période de 500 ans apres sa disparition, durant les difficiles derniers jours de la Loi, pour soulager les êtres.


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Chapitre 22

L'ancienne méditation de Roi-des-Remèdes

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Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Splendeur-Royale-des-Constellations parla ainsi au Bienheureux : "Pourquoi, ô Bienheureux, l'être d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes se trouve-t-il dans cet univers Saha ? Il doit avoir eu à surmonter pour cela plusieurs myriades de milliers de milliards de difficultés.

Que le Bienheureux, vénérable, parfaitement et complètement Éveillé, veuille bien m'enseigner une partie quelconque des règles de conduite suivies par l'être d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes, pour qu'après avoir entendu cette exposition, les dieux, les dragons, les génies, les centaures, les titans, les griffons, les chimères, les serpents géants, les hommes, les êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine et les êtres d'Éveil, les grands êtres venus d'autres univers que celui-ci, ainsi que ces grands auditeurs, soient tous contents, satisfaits, ravis."

Alors le Bienheureux, connaissant en ce moment l'intention de l'être d'Éveil, le grand être Splendeur-Royale-des-Constellations, lui parla ainsi : "Jadis, ô fils de famille, dans le temps passé, à une époque depuis laquelle se sont écoulés des éons aussi nombreux que les sables du Gange, parut dans le monde l'Ainsi-Venu nommé Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, le Vénérable doué de science et de conduite.

_____________

Or cet Ainsi-Venu, ce Vénérable, avait pour auditeurs une grande assemblée formée de quatre-vingts fois des myriades de milliers de milliards d'êtres d'Éveil, des grands êtres. Et des Auditeurs en nombre égal à celui des sables de soixante-douze Ganges.

Son enseignement était débarrassé de la présence des femmes. La terre d'Éveillé où il résidait, n'avait ni enfers, ni créatures nées dans des matrices d'animaux, ni corps de fantômes, ou de demi-dieux. Elle était agréable, unie comme la paume de la main; une partie du sol était faite de lapis-lazulis d'une nature divine. Elle était ornée d'arbres de santal et de diamant, recouverte de réseaux faits de pierreries; des guirlandes d'étoffes de soie y étaient suspendues; elle était embaumée de vases à parfums faits de pierres précieuses.

Sous ces arbres de diamant, à la distance d'un jet de flèche, étaient placés des chars faits de pierreries, et sur le front de ces chars se tenaient un milliard de fils des dieux, faisant résonner les cymbales et les plaques d'airain, pour honorer le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, le Vénérable.

_____________

Alors le bienheureux Ainsi-Venu expliqua avec étendue cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi à ces grands auditeurs et à ces êtres d'Éveil, en commençant par l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres.

La durée de la vie de ce bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, ce Vénérable, fut de quarante mille éons, ainsi que celle de ces êtres d'Éveil et de ces grands auditeurs.

Et l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, s'appliqua, sous l'enseignement du Bienheureux, à la pratique des devoirs difficiles. Il passa douze mille années à se promener, se livrant exclusivement à la méditation par le développement d'une application intense.

Au bout de ces douze mille années, il acquit la méditation des êtres d'Éveil nommée "l'enseignement complet de toutes les formes". Et à peine eut-il acquis cette méditation, que, content, charmé, ravi, plein de joie, de satisfaction et de plaisir, il fit en ce moment la réflexion suivante : "Pour avoir possédé cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, la méditation de l'enseignement de toutes les formes a été acquise par moi."

Puis l'être d'Éveil fit encore la réflexion suivante : "Si je rendais un culte à ce bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire et à cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi ?"

_____________

En ce moment il acquit la méditation des formes, de telle manière qu'aussitôt, du haut du ciel, il tomba une grande pluie de pétales de petites et grandes fleurs blanches. Il se forma un nuage de santal de l'espèce dite Kalânusârin, et il tomba une pluie de santal de l'espèce dite Uragasâra. Et la nature de ces essences était telle, qu'un seul Karcha de ces parfums valait l'univers Endurance tout entier.

Ensuite, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, doué de mémoire et de sagesse, sortit de cette méditation; et, en étant sorti, il fit la réflexion suivante : "Le spectacle de cet effet de ma puissance surnaturelle ne sert pas à honorer le bienheureux Ainsi-Venu autant que le ferait l'abandon de mon propre corps."

Alors l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres se mit à manger dans ce moment de l'Aguru, de l'encens, de l’oliban, et à boire de l'huile de Tchampaka. L'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres passa ainsi douze années à manger sans cesse et sans relâche des parfums qui viennent d'être nommés, et à boire de l'huile de Tchampaka.

_____________

Au bout de ces douze années, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, après avoir revêtu son corps de vêtements divins et l'avoir arrosé d'huiles odorantes, se donna à lui-même sa bénédiction, et ensuite consuma son corps par le feu, afin d'honorer l'Ainsi-Venu et cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi.

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, des univers aussi nombreux que les sables de quatre-vingts Ganges furent éclairés par la splendeur des feux que lançait en brûlant le corps de l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres; et les bienheureux Éveillés, égaux en nombre aux sables de quatre-vingts Ganges, qui se trouvaient dans ces univers, exprimèrent tous ainsi leur approbation :

"Bien, bien, ô fils de famille; c'est bien à toi, ô fils de famille; c'est là le véritable développement de l'énergie des êtres d'Éveil, les grands êtres. C'est là le véritable culte dû à l'Ainsi-Venu, c'est le culte dû à la loi.

On ne lui rend pas un pareil culte en lui offrant des fleurs, de l'encens, des parfums, des guirlandes, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des vêtements, des parasols, des drapeaux, des étendards, des bannières, ni en lui offrant toute espèce d'objets de jouissance, ou du santal de l'espèce dite Uragasâra.

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C'est là, ô fils de famille, la première des aumônes; celle qui consiste dans l'abandon de la royauté, dans l'abandon d'une femme et d'enfants chéris ne l'égale pas. C'est le plus distingué, le premier, le meilleur, le plus éminent, le plus parfait des cultes rendus à la loi, que l'hommage qu'on lui adresse en faisant l'abandon de son propre corps."

Ensuite, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, ces bienheureux Éveillés, après avoir prononcé ces paroles, gardèrent le silence. Douze cents, années s'écoulèrent ainsi pendant que le corps de Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres brûlait, et cependant il ne cessait de brûler.

Enfin, au bout de ces douze cents années, le feu s'arrêta, alors l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, après avoir ainsi honoré le Ainsi-Venu, quitta cette existence.

Ensuite il naquit, sous l'enseignement du bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, dans la maison du roi Vimaladatta, d'une manière surnaturelle, et assis les jambes croisées.

_____________

À peine l'être d'Éveil, le grand être; fut-il né, qu'il prononça au moment même, en présence de son père et de sa mère, la stance suivante :

"Voilà, ô le meilleur des rois, le lieu de promenade
sur lequel j'ai obtenu, en y restant, la méditation;
j'ai développé la force énergique d'un grand sacrifice,
après avoir abandonné ce corps qui nous est si cher."

Ensuite l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, après avoir prononcé cette stance, parla ainsi à son père et à sa mère : "Aujourd'hui même, ô mon père et ma mère, le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, le Vénérable, se trouve en ce monde, il y vit, il y existe, il y enseigne la loi aux créatures.

C'est de ce bienheureux Ainsi-Venu que j'ai reçu, après l'avoir honoré, la formule magique de l'habileté dans tous les sons, et que j'ai entendu cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, formée de quatre-vingts fois des myriades, de milliers de milliards de stances, de millions de milliards, de cent millions de milliards, d'un nombre de stances dit Akchôbhya.

C'est pourquoi, ô mon père, il est bon que je me rende. en la présence de ce Bienheureux, et que, l'ayant vu, je lui offre de nouveau un culte."

_____________

Alors l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres s'étant élevé à l'instant même dans l'air, à la hauteur de sept empans, se plaça, les jambes croisées, au sommet d'une maison à étages élevés, faite des sept substances précieuses; puis, s'étant rendu en la présence du Bienheureux.

Après avoir salué ses pieds en les touchant de la tête, après avoir tourné sept fois autour de lui en le laissant à sa droite, il dirigea ses mains, réunies en signe de respect, du côté où se tenait le Bienheureux, et, l'ayant adoré, il le célébra dans la stance suivante :

"Ô toi dont la face est si pure, ô sage, ô empereur des hommes,
l'éclat dont tu brilles resplendit dans les dix points de l'espace;
après t'avoir rendu, ô Bien-Allé, un culte excellent,
je suis venu ici, ô Maître, dans l'intention de te voir."

L'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres ayant prononcé cette stance, parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, au Vénérable : "Tu existes donc encore, ô Bienheureux, même aujourd'hui ?"

Alors le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, vénérable, parla ainsi à l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres : "Le temps où je dois entrer dans l'Extinction complète est arrivé, ô fils de famille; le temps de la fin de ma vie est arrivé. Va donc, ô fils de famille, prépare ma couche; je vais entrer dans l'Extinction complète."

_____________

Ensuite le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire dit encore à l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres les paroles suivantes :

"Je te confie, ô fils de famille, ces commandements; je te confie ces êtres d'Éveil, ces grands êtres, et ces grands auditeurs, et cet état d'Éveil réservé aux Éveillés, et cet univers, et ces chars divins faits de joyaux, et ces arbres de corail, et ces fils des dieux, mes serviteurs.

Et les os qui resteront de moi, quand je serai entré dans l'Extinction complète, je te les confie, ô fils de famille; et quand je serai entré dans l'Extinction complète, ô fils de famille, tu devras rendre de grands honneurs aux monuments qui renfermeront mes os; et mes reliques devront être distribuées; et il faudra élever plusieurs milliers de monuments."

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire, après avoir donné ces instructions à l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, entra complètement, cette nuit là même, à la dernière veille, dans l'élément de l'Extinction, où il ne reste aucune trace de l'agrégation.

_____________

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres voyant que le bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire était entré dans l'Extinction complète, éleva un bûcher formé de santal, de l'espèce dite Uragasâra, et y consuma le corps de l'Ainsi-Venu.

Quand il vit que le corps était brûlé et éteint, il retira un os du bûcher et se mit à pleurer, à se lamenter et à gémir. Après avoir ainsi pleuré et s'être livré à la douleur, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres ayant fait faire quatre-vingt-quatre mille vases formés des sept substances précieuses, y déposa l'os de l'Ainsi-Venu qu'il avait divisé, et dressa quatre-vingt-quatre mille monuments formés des sept substances précieuses, ornés de lignes de parasols qui s'élevaient jusqu'au monde de Brahmâ et qui étaient recouverts d'étoffes de soie et de clochettes.

Après avoir dressé ces monuments, il réfléchit ainsi : "Je viens de rendre un culte aux monuments qui contiennent les reliques du bienheureux Ainsi-Venu Vertu-de-Pure-Clarté-Solaire-et-Lunaire. Mais je rendrai encore à ces reliques un culte plus élevé, plus supérieur."

_____________

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres s'adressa ainsi à la troupe tout entière des êtres d'Éveil, aux grands auditeurs, aux dieux, aux dragons, aux génies, aux centaures, aux titans, aux griffons, aux chimères, aux serpents géants, aux hommes, et aux créatures n'appartenant pas à l'espèce humaine :

"vous tous, fils de famille, concevez tous ensemble cette pensée : "Nous rendrons un culte aux reliques de ce Bienheureux"."

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres alluma en cet instant son bras qui était orné des cent signes de pureté, en présence de ces quatre-vingt-quatre mille monuments qui renfermaient les reliques de l'Ainsi-Venu.

Et, après l'avoir allumé, il rendit un culte pendant soixante et douze mille ans aux monuments qui renfermaient les reliques de l'Ainsi-Venu. Et pendant qu'il leur rendait ainsi un culte, il disciplina d'incalculables myriades de milliers de milliards d'auditeurs faisant partie de l'assemblée; et tous les êtres d'Éveil acquirent la méditation nommée "l'enseignement complet de toutes les formes".

_____________

Alors, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, la troupe tout entière des êtres d'Éveil et tous les grands auditeurs, en voyant l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres privé de son bras, étant tous suffoqués par les larmes, pleurant, gémissant, se lamentant, se dirent les uns aux autres : "L'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, notre maître et notre directeur, est maintenant privé d'un membre, privé d'un bras."

Mais l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres s'adressa ainsi aux êtres d'Éveil, aux grands auditeurs et aux fils des dieux : "Ne pleurez pas, ô fils de famille, en me voyant privé d'un bras; ne vous lamentez pas.

Tous les bienheureux Éveillés qui sont, qui existent, qui se trouvent dans les univers, infinis et sans limites, situés aux dix points de l'espace, sont tous pris par moi à témoin; je prononce en leur présence une bénédiction de vérité, et, au nom de cette vérité et par la déclaration de cette vérité, après avoir abandonné mon propre bras pour honorer l'Ainsi-Venu, j'aurai un corps qui sera en entier de couleur d'or.

Au nom de cette vérité, par la déclaration de cette vérité, que mon bras redevienne tel qu'il était auparavant, et que cette grande terre tremble de six manières différentes, et que les enfants des dieux, répandus dans le ciel, fassent tomber une grande pluie de fleurs."

_____________

À peine cette bénédiction de vérité eut-elle été prononcée par l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, que cet univers tout entier, formé d'un grand millier de trois mille mondes, trembla de six manières différentes, et que, du haut des airs, il tomba une grande pluie de fleurs.

Le bras de l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres redevint tel qu'il était auparavant, et cela par l'effet de la force de la science, de la force de la vertu qui appartenaient à cet être d'Éveil, ce grand être.

Pourrait-il, après cela, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, te rester quelque incertitude, quelque perplexité ou quelque doute à ce sujet ? Il ne faut pas s'imaginer que, dans ce temps-là et à cette époque, ce fût un autre que Roi-des-Remèdes qui était l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres.

Pourquoi cela ? C'est que l'être d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes était dans ce temps-là et à cette époque, l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres. Cet être d'Éveil, ce grand être Roi-des-Remèdes accomplit des myriades de milliers de milliards de choses difficiles; il consomma l'abandon complet de son propre corps.

_____________

Le fils ou la fille de famille, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, qui étant entré dans le véhicule des êtres d'Éveil, viendrait, dans le dessein d'obtenir l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, brûler auprès des monuments de l'Ainsi-Venu un pouce de ses pieds, ou un doigt de ses pieds ou de ses mains, ou l'un de ses membres, ou l'un de ses bras.

Ce fils ou cette fille de famille, étant entré dans le véhicule des êtres d'Éveil, recueillerait de cette action un bien plus grand mérite, qu'il ne ferait de l'abandon de la royauté, de celui de ses fils, de ses filles, de son épouse chérie, et de la totalité de cet univers formé d'un grand millier de trois mille mondes, avec ses forêts, ses mers, ses montagnes, ses fleuves, ses lacs, ses étangs, ses puits et ses jardins.

Et le fils ou la fille de famille, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, entré dans le véhicule des êtres d'Éveil, qui ayant rempli des sept substances précieuses la totalité de cet univers formé d'un grand millier de trois mille mondes, en ferait don à tous les Éveillés, à tous les êtres d'Éveil, à tous les Auditeurs, à tous les Éveillés-pour-Soi, ce fils ou cette fille de famille, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, ne recueillerait pas de cette action autant de mérite que le fils ou la fille de famille qui posséderait ne fût-ce qu'une seule stance, formée de quatre vers, de cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi.

Je déclare que la masse des mérites de ce dernier est plus considérable que celle de celui qui, ayant rempli des sept substances précieuses la totalité de cet univers formé d'un grand millier de trois mille mondes, en ferait don à tous les Éveillés, à tous les êtres d'Éveil, à tous les Auditeurs, à tous les Éveillés-pour-Soi.

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De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que le grand océan est le premier de tous les fleuves, de tous les lacs et de tous les étangs; de même cette exposition du Lotus de la bonne loi est le premier de tous les discours prêchés par les Ainsi-Venus.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que de toutes les montagnes, telles que les Kâlaparvatas, les Tchakravâlas, de toutes les grandes montagnes enfin, la première est le Sumêru, roi des montagnes, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi est le roi de tous les discours prêchés par les Ainsi-Venus.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, qu'entre toutes les constellations, la lune est considérée comme le premier luminaire de la nuit, de même entre tous les discours prêchés par les Ainsi-Venus, cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi est la première des lumières, une lumière dont l'éclat l'emporte sur celui de myriades de milliers de milliards de lunes.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que le disque du soleil dissipe l'obscurité de toutes les ténèbres, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi dissipe l'obscurité de toutes les ténèbres des mauvaises œuvres.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que Çakra, l'empereur des dieux, est le chef des dieux Trente-Trois, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi est l'empereur de tous les discours prêchés par les Ainsi-Venus.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que Brahmâ, le maître de l'univers Endurance, est le roi de tous les Corps-Divins et qu'il remplit, dans le monde de Brahmâ l'office d'un père, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi remplit l'office de père à l'égard de tous les êtres, qu'ils soient Maîtres ou qu'ils ne le soient pas, à l'égard de tous les Auditeurs, des Éveillés-pour-Soi et de ceux qui sont entrés dans le véhicule des êtres d'Éveil.

_____________

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que Celui qui est entré dans le courant de la loi l'emporte sur tous les hommes ordinaires, qui sont ignorants, et qu'il en faut dire autant de celui qui ne revient qu'une fois à l'existence, de celui qui ne revient pas à l'existence, du vénérable et de l'Éveillé-pour-Soi, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, l'emportant sur les discours prêchés par tous les Ainsi-Venus, doit en être reconnue comme le chef.

Ces êtres aussi, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, doivent être reconnus comme les premiers de tous, qui posséderont ce roi des discours. De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que l'être d'Éveil est appelé le chef des Auditeurs et des Éveillés-pour-Soi réunis, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi est appelée le chef de tous les discours prêchés par les Ainsi-Venus.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, que parmi les Auditeurs, les Éveillés-pour-Soi et les êtres d'Éveil réunis, c'est l'Ainsi-Venu qui sollicite l'habileté nécessaire pour devenir Roi de la loi, de même cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi est comme l'Ainsi-Venu lui-même, parmi ceux, qui sont entrés dans le véhicule des êtres d'Éveil.

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Oui, Splendeur-Royale-des-Constellations, cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi protège tous les êtres contre tous les dangers, les délivre de toutes leurs douleurs; c'est comme un étang pour ceux qui ont soif, comme ]e feu pour ceux qui souffrent du froid, comme un vêtement pour ceux qui sont nus, comme une caravane pour les marchands, comme une mère pour des enfants.

Comme une barque pour ceux qui veulent atteindre à l'autre rive d'un fleuve, comme un médecin pour des malades, comme une lampe pour ceux qui sont environnés de ténèbres, comme un joyau pour ceux qui désirent des richesses, comme un monarque universel pour les rois cherchant un commandant fort pour les réunir, comme l'océan pour les fleuves, comme une torche enfin parce qu'il dissipe toutes les ténèbres.

De même, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi affranchit de tous les maux, tranche toutes les douleurs, délivre de tous les passages difficiles et de tous les liens de la transmigration.

Et celui par lequel cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi sera entendue, celui qui l'écrira, celui qui la fera écrire, recueillera de cette action une masse de mérites dont la science même d'un Éveillé ne pourrait atteindre le terme, tant est grande la masse de mérites que recueilleront ces fils ou ces filles de famille.

Lorsque possédant cette exposition de la loi, lorsque l'enseignant, l'écoutant, l'écrivant, la renfermant dans un volume, ils l'honoreront, la vénéreront, la respecteront, l'adoreront, en lui offrant des fleurs, de l'encens, des guirlandes de fleurs, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des parasols, des drapeaux, des étendards, des bannières, des vêtements, en faisant retentir les instruments de musique, en réunissant leurs mains en signe de respect, en faisant brûler des lampes alimentées par du beurre clarifié, par des huiles odorantes, par de l'huile de Tchampaka, de jasmin, de Patala, de Pâtalâ, de Vârchika, de Navamâlikâ; lorsqu'enfin ils l'honoreront et la vénéreront de beaucoup de manières différentes.

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Elle est très-considérable, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, la masse de mérites que recueillera le fils ou la fille de famille, porté dans le véhicule des êtres d'Éveil, qui possédera ce chapitre de l'ancienne méditation de Roi-des-Remèdes, qui le prêchera, qui l'entendra.

Et si, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, une femme, après avoir entendu cette exposition de la loi, la saisit et la possède, cette existence sera pour elle sa dernière existence de femme.

L'être quel qu'il soit du sexe féminin, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, qui après avoir entendu, dans les cinq cents dernières années de l'éon, ce chapitre de l'ancienne méditation de Roi-des-Remèdes, s'en rendra parfaitement maître, après être sorti de ce monde, renaîtra dans l'univers Bonheur-Paisible, où le bienheureux Ainsi-Venu Lumière-Infinie, le Vénérable, se trouve, réside, vit, existe entouré d'une troupe d'êtres d'Éveil; et il reparaîtra dans cet univers assis sur un trône formé du centre d'un lotus.

La passion, la haine, l'erreur, l'orgueil, l'envie, la colère, le désir de nuire n'auront pas de prise sur lui. À peine né, il obtiendra les cinq connaissances surnaturelles; il obtiendra la patience surnaturelle de la loi, et après qu'il l'aura obtenue, devenant être d'Éveil, le grand être, il verra des Ainsi-Venus en nombre égal à celui des sables de soixante et dix Ganges.

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L'organe de la vue acquerra chez lui une telle perfection, qu'avec cet organe perfectionné, il verra ces Éveillés bienheureux; et ces bienheureux Éveillés lui témoigneront ainsi leur approbation :

"Bien, bien, ô fils de famille; il est bien qu'après avoir entendu cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, qui a été faite sous l'enseignement du bienheureux Sage-des-Çâkyas, dans la prédication de l'Ainsi-Venu, le Vénérable, tu l'aies lue, méditée, examinée, saisie avec ton esprit et expliquée à d'autres créatures.

La masse de mérites qui en résulte pour toi, ô fils de famille, ne peut être consumée par le feu, ni enlevée par l'eau; cette masse de mérites ne peut être indiquée même par cent mille Éveillés. Tu as renversé l'opposition que te faisait le diable, ô fils de famille.

Tu as franchi les défilés de l'existence; tu as brisé les obstacles qu'avait élevés ton ennemi; tu as été béni par cent mille Éveillés; et il n'y a pas, ô fils de famille, ton pareil dans le monde formé de la réunion des dieux, des démons, ni dans l'ensemble des créatures, en y comprenant les prêtres et les auditeurs.

Il n'est personne, à l'exception de l'Ainsi-Venu seul, ni parmi les Auditeurs, ni parmi les Éveillés-pour-Soi, ni parmi les êtres d'Éveil, qui soit capable de l'emporter sur toi, soit en vertu, soit en science, soit en méditation."

Telle est, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, la production de l'énergie de la science à laquelle sera parvenu cet être d'Éveil.

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Celui qui, après avoir entendu réciter, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, ce chapitre de l'ancienne méditation de Roi-des-Remèdes, y donnera son assentiment, exhalera de sa bouche le parfum du lotus, et de ses membres, celui du santal. Celui qui donnera son assentiment à cette exposition de la loi, jouira des avantages que produisent les qualités extérieures que je viens d'indiquer.

C'est pourquoi; ô Splendeur-Royale-des-Constellations, je te confie ce chapitre de l'ancienne méditation de l'être d'Éveil, le grand être Vision-de-Joie-pour-Tous-les-Êtres, pour qu'à la fin des temps, dans la dernière époque, pendant les cinq cents dernières années, il se répande dans ce continent Jambu, pour qu'il ne disparaisse pas, pour que le diable, le pécheur, ne puisse trouver l'occasion de le surprendre, non plus que les divinités nommés "Corps-Démoniaques", ni les dragons, ni les génies, ni les ogres.

C'est pourquoi, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, je bénis ici cette exposition de la loi; elle sera, dans le continent Jambu, comme un médicament salutaire pour les créatures malades et souffrantes. Quand on aura entendu cette exposition de la loi, la maladie n'envahira pas le corps, non plus que la vieillesse, ni la mort prématurée.

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Si un homme quelconque, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, étant entré dans le véhicule des êtres d'Éveil, vient à voir un religieux possédant ainsi ce discours, il doit, après l'avoir couvert de santal et de lotus bleus, concevoir cette pensée : "Ce fils de famille parviendra à l'intime essence de l'état d'Éveil; arrivé à l'essence de l'Éveil, il prendra le lit de gazon; il mettra en déroute le parti du diable; il fera résonner la conque de la loi; il fera retentir le tambour de la loi; il traversera l'océan de l'existence."

Telle est, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, la pensée que doit concevoir le fils ou la fille de famille, entré dans le véhicule des êtres d'Éveil, qui aura vu un religieux possédant ainsi ce discours. Les avantages qu'un tel homme retirera de ses qualités seront tels que ceux qui ont été énumérés par le Ainsi-Venu.

Pendant que ce chapitre de l'ancienne méditation de Roi-des-Remèdes était exposé, quatre-vingt-quatre mille êtres d'Éveil devinrent possesseurs de la formule qui est accompagnée de l'habileté dans tous les sons.

Et le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor, le Vénérable, y donna ainsi son assentiment : "Bien, bien, ô Splendeur-Royale-des-Constellations, il est bon que tu interroges ainsi sur la loi l'Ainsi-Venu, qui est doué de conditions et de qualités qui échappent à l'intelligence."
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:25    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 23 : Le Bodhisattva Son-Merveilleux
Décrit un Bodhisattva nommé Son-Merveilleux qui dans un lointain passé joua 100 000 morceaux de musique et offrit 84 000 coupes à aumône incrustées de joyaux au Bouddha Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations. En récompense, il renaquit dans la terre nimbée de parc de lumière et obtint divers pouvoirs mystiques.


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Chapitre 23

L'Être-d'Éveil Son-Merveilleux

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Ensuite le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas lança en cet instant un rayon de lumière du cercle de poils placé entre ses deux sourcils, l'un des signes caractéristiques des grands hommes. Cette lumière illumina de sa splendeur des myriades de milliers de milliards de terres d'Éveillé situées à l'orient, en nombre égal à celui des sables de dix-huit Ganges.

Par delà ces centaines de milliers de myriades de terres d'Éveillé, en nombre égal à celui des sables de dix-huit Ganges, est situé l'univers nommé Ornement-de-Pure-Lumière. Là se trouvait vivant, existant, l'Ainsi-Venu nommé Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations, le Vénérable, qui, avec une vaste et immense assemblée d'Êtres-d'Éveil, dont il était environné et suivi, enseignait la loi.

Alors le rayon de lumière lancé du cercle placé entre ses sourcils par le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas illumina en cet instant d'une grande lumière l'univers Ornement-de-Pure-Lumière.

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Or dans cet univers habitait l'Être-d'Éveil, le grand être nommé Son-Merveilleux, qui avait fait croître les racines de vertu qui étaient en lui, qui avait vu jadis la lumière de semblables rayons lancés par beaucoup d'Ainsi-Venus, et qui était en possession de nombreuses méditations.

C'est ainsi qu'il avait acquis les méditations de l'anneau de l'extrémité de l'étendard, du lotus blanc de la bonne loi, de celui qui est donné pur, des plaisirs du roi des constellations, de celui qui ressemble au vent, du sceau de la science, de celui qui a l'éclat de la lune, de l'habileté dans tous les sons, du trésor extrait de toutes les vertus, de celle qui est favorable, des plaisirs de la puissance surnaturelle, de la torche de la science, du roi de la construction, de la splendeur sans tache, de l'essence sans tache, de qui enlève toute l'eau, de la révolution du soleil.

En un mot, il avait acquis des myriades de milliers de milliards de méditations, en nombre égal à celui des sables du Gange. Or cette lumière tomba sur le corps de l'Être-d'Éveil, du grand être Son-Merveilleux.

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Alors l'Être-d'Éveil s'étant levé de son siège, rejetant sur son épaule son vêtement supérieur, posant à terre le genou droit, et dirigeant ses mains réunies en signe de respect, du côté où se trouvait le bienheureux Éveillé, parla ainsi au vénérable Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations :

"J'irai, ô Bienheureux, dans l'univers Endurance pour voir, pour honorer, pour servir le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, pour voir le prince Doux-et-Glorieux et les Êtres-d'Éveil Roi-des-Remèdes, Don-Héroïque, Splendeur-Royale-des-Constellations, Intention-de-Pratique-Supérieure, Roi-des-Ornements, Supérieur-des-Remèdes."

Alors le bienheureux Ainsi-Venu parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être : "Ne va pas, ô fils de famille, après t'être rendu dans l'univers Endurance, en concevoir des idées misérables. Car ce monde-là, ô fils de famille, est couvert de hauteurs et de lieux bas; il est fait d'argile, hérissé de montagnes, rempli d'ordures.

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Le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas est d'une courte stature, ainsi que ses Êtres-d'Éveil, ses grands êtres, tandis que ta taille, ô fils de famille, s'élève à quarante-deux mille Yôdjanas, et la mienne à soixante-six fois cent mille Yôdjanas.

Et toi, ô fils de famille, tu es aimable, beau, agréable à voir; tu es doué de la perfection suprême de l'éclat et de la beauté. Tu es particulièrement distingué par plus de cent mille mérites. C'est pourquoi, ô fils de famille, après t'être rendu dans cet univers Endurance, ne conçois pas des idées méprisables, ni des Ainsi-Venus, ni des Êtres-d'Éveil qui s'y trouvent, ni de cette terre d'Éveillé."

Cela dit, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations : "J'agirai, ô Bienheureux, selon ce que l'ordonne l'Ainsi-Venu; j'irai, ô Bienheureux, dans cet univers Endurance en vertu de la bénédiction de l'Ainsi-Venu, de la production de son énergie, de ses plaisirs, de sa construction, de la science émanée de l'Ainsi-Venu."

_____________

Alors l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, sans sortir de la terre d'Éveillé où il se trouvait, et sans quitter son siège, se plongea en ce moment dans une méditation telle, qu'immédiatement après qu'il s'y fut plongé, tout d'un coup, dans l'univers Endurance, sur la montagne de Pic-du-Vautour, devant le trône de la loi de l'Ainsi-Venu, apparurent quatre-vingt-quatre fois des myriades de milliers de milliards de lotus, portés sur des tiges d'or, ayant des feuilles d'argent et parés des couleurs du lotus et du Kimçuka.

En ce moment l'Être-d'Éveil, le grand être Doux-et-Glorieux, prince, voyant l'apparition de cette masse de lotus, s'adressa en ces termes au bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas : "De quelle cause, ô Bienheureux, ce que nous voyons est-il l'effet, et par qui sont produits ces lotus au nombre de quatre-vingt-quatre fois des myriades de milliers de milliards, portés sur des tiges d'or, ayant des feuilles d'argent et parés des couleurs du lotus et du Kimçuka ?"

Cela dit, le Bienheureux répondit ainsi au prince Doux-et-Glorieux : "C’est, ô Doux-et-Glorieux, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux qui, entouré et suivi par quatre-vingt-quatre fois des myriades de milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil, et sortant de la région orientale, de l'univers Ornement-de-Pure-Lumière, de la terre d'Éveillé du bienheureux Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations, vient dans cet univers Endurance avec l'intention de me voir, de m'honorer, de me servir, et pour écouter cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi."

_____________

Alors le prince Doux-et-Glorieux parla ainsi au Bienheureux : "Quelle masse de racines de vertu a donc accumulée ce fils de famille, pour que par l'accumulation de cette masse de vertus, il ait acquis la supériorité qui le distingue ? Dans quelle méditation, ô Bienheureux, cet Être-d'Éveil est-il plongé ? C'est là ce que nous désirons entendre, ô Bienheureux.

Puissions-nous aussi, ô Bienheureux, nous plonger dans cette méditation ! Puissions-nous voir cet Être-d'Éveil, ce grand être, voir quelle est sa couleur, quelle est sa forme, quel attribut le distingue, quel est son état, quelle est sa conduite ! Que l'Ainsi-Venu consente à nous expliquer par quel prodige cet Être-d'Éveil, ce grand être, a été tout d'un coup excité à venir dans l'univers Endurance."

Ensuite le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas s'adressa en ces termes au bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor, le Vénérable qui était entré dans l'Extinction complète : "Opère, ô Bienheureux, un prodige tel que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux soit excité à venir dans l'univers Endurance."

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Alors le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor, qui était entré dans l'Extinction complète, opéra en ce moment un prodige à l'effet d'exciter l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux : "Va, ô fils de famille, lui dit-il, dans l'univers Endurance; le prince Doux-et-Glorieux souhaite le plaisir de te voir."

Alors l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, après avoir salué, en les touchant de la tête, les pieds du bienheureux Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations, après avoir tourné trois fois autour de lui en signe de respect, étant environné et suivi des quatre-vingt-quatre mille myriades de milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil, disparut tout d'un coup de l'univers Ornement-de-Pure-Lumière, et vint dans l'univers Endurance, au milieu du tremblement des terres d'Éveillé, d'une pluie de fleurs de lotus, du bruit de myriades de milliers de milliards d'instruments.

Il vint avec un visage dont les yeux ressemblaient à la feuille du lotus bleu, avec un corps de la couleur de l'or, orné de cent mille marques de pureté, resplendissant de beauté, brillant d'éclat, ayant les membres marqués des signes de la beauté, et un corps dont la charpente solide était l'œuvre de Nârâyana. Placé au sommet d'un édifice à étages élevés et fait des sept substances précieuses, il s'avançait suspendu dans l'air à la hauteur de sept empans, entouré, suivi par la troupe des Êtres-d'Éveil.

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S'étant rendu dans l'univers Endurance, et, dans cet univers, au lieu où était situé Pic-du-Vautour, le roi des montagnes, il descendit du haut de sa demeure élevée, et ayant pris un collier de perles du prix de cent mille pièces d'or, il se dirigea vers le lieu où se trouvait le Bienheureux.

Quand il y fut arrivé, ayant salué, en les touchant de la tête, les pieds du Bienheureux, et ayant tourné sept fois autour de lui en le laissant à sa droite, il lui présenta ce collier pour l'honorer, et l'ayant présenté, il parla ainsi au Bienheureux : "Le bienheureux Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations souhaite au Bienheureux peu de douleurs, peu de craintes, une position facile; il lui souhaite l'énergie, l'habitude des contacts agréables.

Car le Bienheureux a parlé ainsi : "Est-il, ô Bienheureux, une chose pour laquelle tu aies besoin de patience et de persistance ? Les éléments dont se compose ton être sont-ils en parfaite harmonie ? Les créatures qui t'appartiennent sont-elles douées d'intelligence, faciles à discipliner, faciles à guérir ? Ont-elles le corps pur ? Leur conduite est-elle exempte des excès de l'affection, de la haine, de l'erreur ?

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Ces êtres, ô Bienheureux, sont-ils affranchis de l'envie, de l'égoïsme, de l'ingratitude à l'égard de leurs pères et mères, de la haine contre les prêtres, des fausses doctrines, de la révolte des pensées, du désordre des sens ? Ces êtres ont-ils, grâce à toi, détruit les obstacles que leur opposait le diable ? l'Ainsi-Venu Maint-Trésor, qui est entré dans l'Extinction complète, s'est-il rendu dans l'univers Endurance pour entendre la loi, assis au milieu d'un temple fait des sept substances précieuses ?"

Voici les vœux que le Bienheureux qui m'envoie adresse au bienheureux Maint-Trésor : "Est-il, ô Bienheureux, une chose pour laquelle le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor ait besoin de patience et de persistance ? Le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor restera-t-il longtemps ici ?"

Et nous aussi, ô Bienheureux, puissions-nous voir la forme des reliques du bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor ! Que le Bienheureux consente à nous montrer la forme des reliques du bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor."

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Alors le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor, le Vénérable qui était entré dans l'Extinction complète : "L'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, ô Bienheureux, désire voir le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor qui est entré dans l'Extinction complète."

Alors le bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux : "Bien, bien, ô fils de famille, il est bon que tu sois venu dans le désir de me voir, ainsi que l'Ainsi-Venu, le Bienheureux Sage-des-Çâkyas, et pour entendre cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, et pour voir le prince Doux-et-Glorieux."

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Splendeur-de-Vertu parla ainsi au Bienheureux : "Quelle racine de vertu, ô Bienheureux, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a-t-il fait croître autrefois, et en présence de quel Ainsi-Venu ?"

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Alors le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Splendeur-de-Vertu : "Jadis, ô fils de famille, dans le temps passé, à une époque depuis laquelle se sont écoulés des éons plus innombrables que ce qui est sans nombre, immenses, sans mesure et sans limite, dans ce temps et à cette époque, parut au monde l'Ainsi-Venu nommé Roi-au-Son-d'Orage-des-Nuées, le Vénérable, doué de science et de conduite, dans l'univers nommé Apparition-de-Tous-les-Mondes, dans l'éon Vue-de-Joie.

L'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, honora le bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-d'Orage-des-Nuées, en faisant résonner pour lui cent mille instruments de musique, pendant la durée de douze cent mille années. Il lui offrit quatre-vingt-quatre mille vases faits de substances précieuses. C'est alors qu'en vertu de la prédication de l'Ainsi-Venu Roi-au-Son-d'Orage-des-Nuées, l'Être-d'Éveil Son-Merveilleux acquit une beauté telle que celle qu'il possède aujourd'hui.

Pourrait-il, après cela, ô fils de famille, te rester quelque incertitude, quelque perplexité, ou quelque doute ? Il ne faut pas s'imaginer que dans ce temps et à cette époque il y eût un autre Être-d'Éveil que le grand être nommé Son-Merveilleux, qui rendit ce culte au bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-d'Orage-des-Nuées, qui lui offrit ces quatre-vingt-quatre mille vases.

_____________

Pourquoi cela ? C'est que, ô fils de famille, c'était l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux lui-même qui rendit ce culte au bienheureux Ainsi-Venu Roi-au-Son-d'Orage-des-Nuées, qui lui offrit ces quatre-vingt-quatre mille vases. C'est ainsi, ô fils de famille, que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a servi un grand nombre d'Éveillés, qu'il a fait croître les racines de vertu qui étaient en lui sous un grand nombre d'Éveillés, que, sous ces Éveillés, il s'est parfaitement purifié; c'est ainsi que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a vu autrefois des Éveillés bienheureux en nombre égal à celui des sables du Gange.

Vois-tu, ô Splendeur-de-Vertu, sous sa propre forme, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux ?" Splendeur-de-Vertu répondit : "Je le vois, ô Bienheureux; je le vois, ô Bien-Allé."

Le Bienheureux dit : "Eh bien, ô Splendeur-de-Vertu, l'Être-d'Éveil Son-Merveilleux enseigne en prenant beaucoup de formes différentes, l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi; par exemple, il enseigne cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, tantôt sous la forme de Brahmâ, tantôt sous celle de Rudra, tantôt sous celle de Çakra, tantôt sous celle d'Içvara, tantôt sous celle de Sênâpati, tantôt sous celle de Çiva, tantôt sous celle de Vâiçravana.

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Tantôt sous celle d'un monarque universel, tantôt sous celle d'un roi commandant un fort, tantôt sous celle d'un chef de marchands, tantôt sous celle d'un maître de maison, tantôt sous celle d'un villageois, tantôt sous celle d'un prêtre.

Quelquefois c'est sous la forme d'un religieux, d'autres fois sous celle d'une religieuse, ou sous celle d'un fidèle de l'un ou de l'autre sexe, ou sous celle de la femme d'un chef de marchands, ou d'un maître de maison, où sous celle d'un enfant, ou sous celle d'une fille, que l'Être-d'Éveil Son-Merveilleux a enseigné cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi.

C'est sous l'apparence d'autant de formes différentes que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a enseigné aux créatures l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi. Sous l'apparence de ces différentes formes, ô fils de famille, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux enseigne l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi aux créatures, et même à celles qui ont, les unes la forme de génies, les autres celle de titans, les autres celle de Griffons, les autres celle de serpents géants.

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L'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux est le protecteur des êtres, même de ceux qui sont nés misérablement dans les enfers, dans des matrices d'animaux, dans le monde de Yama. Revêtant la forme d'une femme, l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux enseigne l'exposition de la loi du Lotus de la bonne loi aux créatures même qui sont renfermées dans l'intérieur des gynécées. Dans cet univers Endurance, il a enseigné la loi aux créatures.

Oui, il est le protecteur, ô Splendeur-de-Vertu, des créatures qui sont nées dans l'univers Endurance et dans l'univers Ornement-de-Pure-Lumière, cet Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux. C'est sous ces formes qu'il revêt miraculeusement, que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux enseigne aux créatures l'exposition de la loi du Lotus de la bonne loi.

Et il n'y a, ô vertueux personnage, ni diminution de la puissance surnaturelle de l'Être-d'Éveil, ni anéantissement de sa sagesse. Telles sont, ô fils de famille, les manifestations de science par lesquelles l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux se fait connaître dans l'univers Endurance.

_____________

De même, dans d'autres univers égaux en nombre aux sables du Gange, il prend la figure d'un Être-d'Éveil pour enseigner la loi aux créatures qui doivent être converties par un Être-d'Éveil, celle d'un Auditeur pour l'enseigner aux créatures qui doivent être converties par un Auditeur, celle d'un Éveillé-pour-Soi pour l'enseigner aux créatures qui doivent être converties par un Éveillé-pour-Soi, celle d'un Ainsi-Venu pour celles qui doivent être converties par un Ainsi-Venu.

À ceux qui ne peuvent être convertis que par les reliques de l'Ainsi-Venu, il fait voir les reliques de l'Ainsi-Venu. À ceux qui ne peuvent être convertis que par l'Extinction complète, il se fait voir entrant lui-même dans l'Extinction complète. Telle est, ô Splendeur-de-Vertu, la force de la science dont l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a obtenu la production."

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Splendeur-de-Vertu parla ainsi au Bienheureux : "L'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a fait croître, ô Bienheureux, les racines de vertu qui étaient en lui. Quelle est, ô Bienheureux, la méditation par laquelle l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, une fois qu'il y a été établi, a converti un aussi grand nombre d'êtres ?"

_____________

Cela dit, le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Splendeur-de-Vertu : "C'est, ô fils de famille, la méditation nommée "la manifestation de toutes les formes". C'est en étant ferme dans cette méditation que l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux a fait le bien d'un nombre immense d'êtres."

Pendant que cette histoire de Son-Merveilleux était exposée, les quatre-vingt-quatre myriades de milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil qui étaient venues dans l'univers Endurance avec l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, devinrent possesseurs de la méditation de la manifestation de toutes les formes; et dans l'univers Endurance, il y eut une foule d'Êtres-d'Éveil dont le nombre dépasse tout calcul, qui devinrent également possesseurs de cette méditation.

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, après avoir rendu un culte étendu et complet au bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, et au temple qui contenait les reliques du bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor, remontant de nouveau au sommet de son édifice élevé, fait des sept substances précieuses, au milieu du tremblement des terres d'Éveillé, des pluies de fleurs de lotus, du bruit de cent mille myriades de dizaines de millions d'instruments, entouré et suivi de ses quatre-vingt-quatre myriades de milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil.

_____________

Il regagna de nouveau la terre d'Éveillé qu'il habitait, et y étant arrivé, il parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Pure-Splendeur-de-Sagesse-du-Roi-des-Constellations : "J'ai fait, ô Bienheureux, dans l'univers Endurance, le bien des créatures.

J'ai vu et j'ai honoré le temple contenant les reliques du bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor; j'ai vu et j'ai honoré le bienheureux Sage-des-Çâkyas; le prince Doux-et-Glorieux, ainsi que l'Être-d'Éveil, le grand être Roi-des-Remèdes qui a acquis l'impétuosité de la force de la science, et l'Être-d'Éveil, le grand être Don-Héroïque ont été vus par moi; et ces quatre-vingt-quatre myriades de milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil ont tous obtenu la méditation nommée "l'exposition de toutes les formes"."

Or pendant qu'était exposé ce récit de l'arrivée et du départ de l'Être-d'Éveil, le grand être Son-Merveilleux, quarante-deux mille Êtres-d'Éveil acquirent la patience dans les lois surnaturelles; et l'Être-d'Éveil, le grand être Splendeur-de-Vertu obtint la possession de la méditation du lotus de la bonne loi.
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:26    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 24 : La Porte Universelle de l'Être-d'Éveil Considérant-les-Voix-du-Monde.
Décrit les bienfaits dispensés par le Bodhisattva de la compassion Considérant-les-Voix-du-Monde. Retenir son nom vaut autant que faire un culte à une myriade de Bouddhas.

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Chapitre 24

Récit parfaitement heureux

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Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable s'étant levé de son siège, après avoir rejeté sur son épaule son vêtement supérieur, et posé à terre le genou droit, dirigeant ses mains réunies en signe de respect du côté où se trouvait le Bienheureux, lui adressa ces paroles : "Pourquoi, ô Bienheureux, Considérant-les-Voix-du-Monde porte-t-il ce nom ?"

Cela dit, le Bienheureux parla ainsi à l'Être-d'Éveil Intention-Inépuisable : "Fils de famille, tout ce qui existe en ce monde de millions de myriades de créatures qui souffrent des douleurs, toutes ces créatures n'ont qu'à entendre le nom de l'Être-d'Éveil Considérant-les-Voix-du-Monde pour être délivrées de cette masse de douleurs.

Ceux qui se rappellent le nom de cet Être-d'Éveil, ce grand être, s'ils viennent tomber dans une grande masse de feu, tous par la splendeur de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, seront délivrés de cette grande masse de feu.

_____________

Si ces êtres, ô fils de famille, emportés par le courant des rivières, venaient à invoquer l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, toutes ces rivières offriraient aussitôt un gué sûr à ces êtres.

Si des myriades de milliers de milliards de créatures, montées sur un vaisseau au milieu de l'océan, voyaient l'or, les Suvarnas, les diamants, les perles, le lapis-lazuli, les conques, le cristal, le corail, le diamant, les émeraudes, les perles rouges et les autres marchandises dont leur navire est chargé, précipitées à la mer, et leur vaisseau jeté par une noire tempête sur l'île des démones religieuses, et que dans ce vaisseau il y ait un être, ne fût-ce qu'un seul, qui vienne à invoquer l'Être-d'Éveil Considérant-les-Voix-du-Monde, tous seront délivrés de cette île des démones religieuses. C'est pour cela, ô fils de famille, que l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde est appelé de ce nom.

_____________

Si quelqu'un, ô fils de famille, échappant aux attaques des assassins, invoquait l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, aussitôt s'emparant du glaive des meurtriers, l'homme attaqué les disperserait et les détruirait.

Si cet univers formé d'un grand millier de trois mille mondes, était, ô fils de famille, rempli tout entier de génies et de démons religieux, le seul acte de prononcer le nom de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde enlèverait la faculté de voir à tous ces êtres pleins de mauvaises pensées.

Si un homme était lié par des chaînes et par des anneaux de fer ou de bois, qu'il fût coupable ou innocent, il n'aurait qu'à prononcer le nom de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde pour que ces chaînes et ces anneaux s'ouvrissent immédiatement devant lui. Car telle est, ô fils de famille, la puissance de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde.

_____________

Si cet univers formé d'un grand millier de trois mille mondes, ô fils de famille, était plein de méchants, d'ennemis et de voleurs armés de glaives, et qu'un chef de marchands partît, ayant avec lui une grande caravane, riche en joyaux, chargée de biens précieux, et qu'au milieu de son voyage il vît ces voleurs, ces méchants armés de glaives, et que les ayant vus, effrayé, épouvanté, il se reconnût sans ressource; et que le marchand parlât ainsi à la caravane : "Ne craignez rien, ô fils de famille, ne craignez rien; invoquez tous d'une seule voix l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, qui donne la sécurité; par là vous serez délivrés du danger dont vous menacent les voleurs et les ennemis."

Qu'alors tous les marchands invoquent d'une seule voix Considérant-les-Voix-du-Monde : "Adoration ! adoration à l'Être-d'Éveil Considérant-les-Voix-du-Monde qui donne la sécurité !" Eh bien, par le seul acte de prononcer ce nom, la caravane serait délivrée de tous les dangers. Car telle est, ô fils de famille, la puissance de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde.

_____________

Les êtres, ô fils de famille, qui agissent sous l'empire de la passion, après avoir adoré l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, sont affranchis du joug de la passion; et il en est de même de ceux qui agissent sous l'empire de la haine et de l'erreur. Car telle est, ô fils de famille, la grande puissance surnaturelle de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde.

La femme désirant un fils, qui adore l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, obtient un fils, beau, aimable, agréable à voir, doué des signes caractéristiques de la virilité, aimé de beaucoup de gens, enlevant les cœurs, ayant fait croître les racines de vertu qui étaient en lui.

Celle qui désire une fille, obtient une fille, belle, aimable, agréable à voir, douée de la perfection suprême d'une belle forme et des signes caractéristiques du sexe féminin, aimée de beaucoup de gens, enlevant les cœurs, ayant fait croître les racines de vertu qui étaient en elle. Car telle est, ô fils de famille, la puissance de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde.

_____________

Ceux qui adoreront, ô fils de famille, l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde et qui retiendront son nom, en retireront un avantage certain. Supposons, ô fils de famille, un homme qui adorerait l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde et qui retiendrait son nom, et un autre homme qui adorerait des Éveillés bienheureux en nombre égal à celui des sables de soixante-deux Ganges, qui retiendrait leurs noms, qui honorerait tous ces Éveillés bienheureux, pendant leur vie, pendant leur existence, pendant qu'ils seraient dans le monde, en leur offrant des vêtements, des vases pour recueillir les aumônes, des lits, des sièges, des médicaments destinés aux malades; que penses-tu de cela, ô fils de famille ? quelle masse de mérites doit recueillir, de cette dernière action, le fils ou la fille de famille ?"

Cela dit, l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable parla ainsi au Bienheureux : "Elle est grande, ô Bienheureux, elle est grande, ô Bien-Allé, la masse de mérites que ce fils ou cette fille de famille recueillerait comme conséquence de cette dernière action."

_____________

Le Bienheureux reprit : "Eh bien la masse de mérites que recueillerait le fils de famille qui aurait honoré un aussi grand nombre d'Éveillés bienheureux, et la masse de mérites qui est recueillie par celui qui ne ferait qu'adresser, ne fut-ce qu'une seule fois, adoration à l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, et qui retiendrait son nom, sont égales entre elles; l'une n'est pas supérieure à l'autre.

Ces deux masses de mérites ne sont pas plus considérables l'une que l'autre, pas plus celle de celui qui honorerait des bienheureux Éveillés en nombre égal à celui des sables de soixante-deux Ganges et qui retiendrait leurs noms, que celle de celui qui adorerait l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde et qui retiendrait son nom. Ces deux masses de mérites ne peuvent pas aisément se dissiper même pendant des myriades de de milliers de milliards d'éons, tant est immense, ô fils de famille, le mérite qui résulte de l'action de retenir le nom de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde.

_____________

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable parla ainsi au Bienheureux : "Comment, ô Bienheureux, l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde se trouve-t-il dans ce monde ? Comment enseigne-t-il la loi aux créatures ? Quel est le but que l'Être-d'Éveil, le grand être donne à son habileté dans l'emploi des moyens qu'il possède ?"

Cela dit, le Bienheureux parla ainsi à l'Être-d'Éveil Intention-Inépuisable : "Il y a, ô fils de famille, des univers dans lesquels l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde enseigne la loi aux créatures sous la figure d'un Éveillé, Il y a des univers où l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde enseigne la loi aux créatures sous la figure d'un Être-d'Éveil.

À quelques-uns, c'est sous la figure d'un Éveillé-pour-Soi que l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde enseigne la loi; à d'autres, c'est sous celle d'un Auditeur, ou sous celle de Brahmâ, ou de Çakra, ou d'un centaure.

Aux êtres faits pour être convertis par un génie, c'est sous la figure d'un génie qu'il enseigne la loi, et c'est ainsi qu'il prend les figures d'Içvara, de Mahêçvara, d'un roi monarque universel, d'un vampire, de Vâiçravana, de Sênâpati, d'un prêtre, de Vadjrapâni, pour enseigner la loi aux créatures faites pour être converties par ces divers personnages.

_____________

Telles sont, ô fils de famille, les qualités inconcevables à cause desquelles l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde est appelé de ce nom. C'est pourquoi, ô fils de famille, vous devez ici rendre un culte à l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde. Car l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde donne la sécurité aux créatures effrayées. Aussi est-il, dans cet univers Endurance, désigné par le nom de Donneur-d'Assurance."

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable parla ainsi au Bienheureux : "Nous donnerons, ô Bienheureux, à l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, la parure de la loi, le vêtement de la loi."

Le Bienheureux reprit : "Soit, puisque tu en trouves en ce moment l'occasion."

Alors l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable ayant détaché de son cou un collier de perles du prix de cent mille pièces d'or, l'offrit à l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde comme vêtement de la loi, en lui disant : "Reçois de moi, ô homme vertueux, ce vêtement de la loi."

_____________

Mais Considérant-les-Voix-du-Monde ne le reçut pas. Alors l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde : "Prends, ô fils de famille, ce collier de perles, pour nous témoigner ta miséricorde."

Alors l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde reçut des mains de l'Être-d'Éveil, le grand être Intention-Inépuisable le collier de perles, par un sentiment de miséricorde pour l'Être-d'Éveil et pour les quatre assemblées, ainsi que pour les dieux, les dragons, les génies, les centaures, les titans, les griffons, les chimères, les serpents géants, les hommes et les créatures n'appartenant pas à l'espèce humaine.

Après l'avoir accepté, il fit deux saluts; et après les avoir faits, il en adressa un au bienheureux Sage-des-Çâkyas; et comme second salut, il inclina la tête devant le temple de pierreries du bienheureux Tathâgata Maint-Trésor qui était entré dans le Nirvana complet.

"C'est, ô fils de famille, en développant de tels jeux de sa puissance que l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde existe dans l'univers Endurance."

_____________

Alors le Bienheureux prononça dans cette occasion les stances suivantes :

"Le pourvu de la totalité des marques merveilleuses
désira connaître, de la bouche d'Intention-Inépuisable,
le sujet suivant : "Pour quelle raison, ô fils de Vainqueur,
Considérant-les-Voix-du-Monde porte-t-il le nom qu'il a ?"

Alors Intention-Inépuisable, qui est comme un océan de prières,
après avoir porté ses regards sur tous les points de l'espace,
s'adressa en ces termes au pourvu de la totalité des marques merveilleuses :
"Écoute quelle est la conduite de Considérant-les-Voix-du-Monde.

Apprends de moi, qui vais te l'exposer complètement, comment,
pendant un nombre de centaines d'éons que l'intelligence
ne peut concevoir, il s'est perfectionné dans la prière
qu'il adressait à de nombreuses dizaines de milliards d'Éveillés.

L'audition et la vue de l'enseignement
et le souvenir régulier de ce qu'on a entendu
ont pour résultat certain, ici-bas, d'anéantir
toutes les douleurs et les chagrins de l'existence.

Si un homme venait à être précipité dans une fosse
pleine de feu par un être méchant qui voudrait le détruire,
il n'a qu'à se souvenir de Considérant-les-Voix-du-Monde,
et le feu s'éteindra comme s'il était arrosé d'eau.

Si un homme venait à tomber dans l'océan redoutable, qui est
la demeure des dragons, des monstres marins et des demi-dieux,
qu'il se souvienne de Considérant-les-Voix-du-Monde qui est
le roi des habitants des mers, et il ne s'enfoncera jamais dans l'eau.

Si un homme venait à être précipité du haut du Mêru par un être
méchant qui voudrait le détruire, il n'a qu'à se souvenir de
Considérant-les-Voix-du-Monde qui est semblable au soleil,
et il se soutiendra, sans tomber, au milieu du ciel.

Si des montagnes de diamant venaient à se précipiter
sur la tête d'un homme pour le détruire,
qu'il se souvienne de Considérant-les-Voix-du-Monde,
et ces montagnes ne pourront lui enlever un poil du corps.

Si un homme est entouré par une troupe d'ennemis, armés de leurs épées
et ne songeant qu'à le détruire, il n'a qu'à se souvenir
de Considérant-les-Voix-du-Monde, pour qu'en un instant
ses ennemis conçoivent en sa faveur des pensées de bienveillance.

Si quelqu'un, s'étant approché d'un lieu d'exécution,
venait à tomber entre les mains du bourreau, il n'a
qu'à se souvenir de Considérant-les-Voix-du-Monde,
pour que le glaive de l'exécuteur se brise en mille pièces.

Si un homme est enchaîné par des anneaux
de fer ou de bois, il n'a qu'à se souvenir
de Considérant-les-Voix-du-Monde,
pour que ses chaînes tombent aussitôt.

_____________

La force des sortilèges, les malédictions magiques,
les potions de poison, les Bhûtas, les goules, la destruction
du corps, tous ces dangers sont renvoyés à leur auteur
par celui qui se souvient de Considérant-les-Voix-du-Monde.

Si un homme venait à être entouré de génies, de dragons,
de titans, de Bhûtas et de démons religieux qui ravissent aux hommes
leur vigueur, qu'il se souvienne de Considérant-les-Voix-du-Monde,
et ces êtres ne pourront lui enlever un poil du corps.

Si un homme est environné de bêtes féroces et d'animaux
sauvages, terribles, armés de défenses et d'ongles aigus,
qu'il se souvienne de Considérant-les-Voix-du-Monde, et ces
animaux se disperseront aussitôt dans les dix points de l'espace.

Si un homme se trouve entouré de reptiles d'un aspect terrible,
lançant le poison par les yeux, et répandant autour d'eux un éclat
semblable à la flamme, il n'aura qu'à se souvenir de Considérant-
les-Voix-du-Monde, et ces animaux seront dépouillés de leur poison.

Si une pluie épaisse vient à tomber du milieu
des nuages sillonnés par les éclairs et par la foudre,
on n'a qu'à se souvenir de Considérant-les-Voix-du-Monde,
et la tempête se calmera au même instant.

Voyant les êtres accablés par de nombreuses
centaines de misères et souffrant de maux nombreux,
Considérant-les-Voix-du-Monde sauve, par l'énergie
de sa science fortunée, les créatures réunies aux dieux.

Ayant atteint la perfection de l'énergie des facultés surnaturelles,
exercé à l'emploi des moyens habiles et à une science immense,
il voit d'une manière complète les êtres renfermés dans
tous tes univers situés vers les dix points de l'espace.

Alors les dangers des mauvaises voies de l'existence, les douleurs
que souffrent les êtres dans les enfers, dans des matrices
d'animaux, sous l'empire de Yama, celles de la naissance,
de la vieillesse, de la maladie disparaissent successivement"."

_____________

Ensuite Intention-Inépuisable, plein de joie, prononça les stances suivantes :

"Ô toi dont les yeux sont beaux, pleins de bienveillance,
distingués par la sagesse et par la science,
remplis de compassion, de charité et de pureté, toi
dont les beaux yeux et le beau visage sont si aimables;

Ô toi qui es sans tache, toi dont l'éclat est pur de toute
souillure, toi qui répands la splendeur d'un soleil de science
dégagé de toute obscurité, toi dont la lumière n'est interceptée
par aucun nuage, tu brilles plein de majesté au-dessus des mondes.

Célébré pour la moralité de ta conduite laquelle naît de ta
charité, semblable à un grand nuage de miséricorde et de bonnes
qualités, tu éteins le feu du malheur qui consume les êtres,
en faisant tomber sur eux la pluie de l'ambroisie de la loi.

L'homme qui tombe au milieu d'une fournaise, d'une dispute,
d'un combat, d'un champ de bataille, d'un danger redoutable,
n'a qu'à se souvenir de Considérant-les-Voix-du-Monde,
pour voir se calmer aussitôt la fureur de ses ennemis.

Il faut se souvenir de Considérant-les-Voix-du-Monde dont
la voix est comme le bruit du nuage ou du tambour, comme
le mugissement de l'océan, comme la voix de Brahmâ, dont
la voix enfin franchit la limite de l'espace où règne le son.

Souvenez-vous, souvenez-vous de Considérant-les-Voix-du-Monde,
de cet être pur; ne concevez à ce sujet aucune incertitude;
au temps de la mort, au temps où la misère accable l'homme,
il est son protecteur, son refuge, son asile.

Parvenu à la perfection de toutes les vertus, exprimant par ses
regards la charité et la compassion pour tous les êtres, possédant
les qualités véritables, Considérant-les-Voix-du-Monde, qui est
comme un grand océan de vertus, est digne de tous les hommages.

Ce sage, si compatissant pour les créatures, sera dans
un temps à venir un Éveillé qui anéantira toutes
les douleurs et les peines de l'existence; aussi
m'incliné-je devant Considérant-les-Voix-du-Monde.

Ce Guide des rois des chefs du monde, cette mine des
devoirs du religieux, ce sage honoré par l'univers,
après avoir rempli les devoirs de la conduite religieuse,
s'est mis en possession de l'état suprême et pur d'Éveil.

Debout à la droite ou à la gauche du Guide des hommes Lumière-Infinie,
qu'il rafraîchit de son éventail, s'étant rendu, à l'aide de
la méditation qui est semblable à une apparence magique,
dans toutes les terres d'Éveillé, il adore les Vainqueurs.

À l'occident, là où se trouve Bonheur-Paisible,
cet univers pur qui est une mine de bonheur,
est établi le Guide des hommes Lumière-Infinie,
qui dirige les créatures comme un cocher.

Là il ne naît pas de femmes; là les lois de l'union
des sexes sont absolument inconnues; là les fils du
Vainqueurs, mis au monde par des transformations
surnaturelles, paraissent assis au centre de purs lotus.

Et Lumière-Infinie, le Guide des hommes,
assis sur un trône formé du centre
d'un pur et gracieux lotus, resplendit
semblable au roi des Çâlas.

Ce Guide du monde dont je viens de célébrer les vertus
accumulées, n'a pas son semblable dans les trois régions
de l'existence; et nous aussi, ô le meilleur de tous
les hommes, puissions-nous bientôt devenir tels que tu es !"

_____________

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Soutien-de-la-Terre, après s'être levé de son siège, après avoir rejeté sur son épaule son vêtement supérieur, et posé à terre le genou droit, dirigeant ses mains réunies en signe de respect du côté où se trouvait le Bienheureux, lui parla ainsi : "Ils ne posséderont pas peu de racines de vertu, ô Bienheureux, ceux qui entendront cette histoire de l'Être-d'Éveil, le grand être Considérant-les-Voix-du-Monde, laquelle expose les jeux de pouvoir de l'Être-d'Éveil et manifeste les prodiges de ses jeux de pouvoir sous le nom de "Récit parfaitement heureux"."

Or, pendant que ce récit parfaitement heureux était exposé par le Bienheureux, quatre-vingt-quatre mille êtres vivants de cette assemblée conçurent l'idée de l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, qui est et n'est pas uniforme.
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:27    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 25 : La première conduite du Roi Ornement-Sublime
L'histoire de la conversion du roi Ornement-Sublime, sa femme et ses fils, pendant qu'un Éveillé, dans le désir d'amener à lui et guider le roi Ornement-Sublime, ainsi que par pitié pour les êtres, exposa le livre du lotus de la Loi sublime.


_____________


Chapitre 25

L'ancienne méditation du roi Ornement-Sublime

_____________

Ensuite le Bienheureux s'adressa ainsi à l'assemblée tout entière des Êtres-d'Éveil : "Jadis, ô fils de famille, dans le temps passé, à une époque depuis laquelle se sont écoulés des éons plus innombrables que ce qui est sans nombre, dans ce temps et à cette époque, parut dans le monde le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse-du-Roi-des-Constellations-et-du-Tonnerre-des-Nuées, Vénérable, doué de science et de conduite, dans l'éon Vue-de-Joie, dans l'univers Ornement-de-Lumière.

Pendant que ce bienheureux Ainsi-Venu enseignait, il existait un roi nommé Ornement-Sublime; ce roi, ô fils de famille, avait une femme nommée Pur-Don, et deux fils, l'un nommé Pur-Réceptacle, l'autre Pur-Regard. Ces deux fils étaient doués d'une puissance surnaturelle, de sagesse, de vertu, de science; ils étaient appliqués à l'accomplissement des devoirs imposés aux Êtres-d'Éveil; par exemple, à la perfection de l'aumône, à celle de la morale, à celle de la patience, à celle de l'énergie, à celle de la contemplation, à celle de la sagesse, à celle de l'habileté dans l'emploi des moyens; ils étaient pleins de charité, de miséricorde, de contentement, d'indifférence; ils avaient accompli d'une manière parfaite jusqu'aux trente-sept conditions qui constituent l'état d'Éveil.

Ils étaient arrivés au terme de la méditation "pure", de la méditation "le soleil roi des étoiles et des constellations", de la méditation "la splendeur sans tache", de la méditation "l'éclat sans tache", de la méditation "le soleil des ornements", de la méditation "l'essence de la grande splendeur".

_____________

Or, en ce temps-là et à cette époque, le bienheureux Ainsi-Venu enseignait l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi, par compassion pour les créatures et pour le roi Ornement-Sublime. Alors les deux jeunes princes Pur-Réceptacle et Pur-Regard, s'étant rendus au lieu où se trouvait leur mère, lui dirent, les mains réunies en signe de respect : "Nous irons, chère mère, en la présence du bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse pour le voir, pour l'honorer, pour le servir.

Pourquoi cela ? C'est que le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse explique d'une manière développée l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi, en présence du monde formé de la réunion des hommes et des dieux; nous irons entendre son enseignement."

Cela dit, Pur-Don, la femme du roi, répondit ainsi à Pur-Réceptacle et à Pur-Regard : "Votre père, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime, est favorable aux prêtres; c'est pourquoi vous n'obtiendrez pas la permission d'aller voir l'Ainsi-Venu."

Alors les deux jeunes princes Pur-Réceptacle et Pur-Regard, réunissant leurs mains en signe de respect, parlèrent ainsi à leur mère : "Nés dans une famille qui suit la fausse doctrine, nous sommes devenus les fils du Roi de la loi."

Alors Pur-Don, la femme du roi, dit à ses deux enfants : "Bien, bien, ô fils de famille; par compassion pour le roi Ornement-Sublime votre père, faites paraître quelque prodige, pour qu'il vous témoigne de la bienveillance, et que, par suite de ce sentiment, il vous accorde la permission d'aller voir le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse."

_____________

Alors, ô fils de famille, les deux jeunes princes Pur-Réceptacle et Pur-Regard, s'étant élevés en l'air à la hauteur de sept empans, par compassion pour le roi Ornement-Sublime leur père, accomplirent les prodiges que l'Éveillé leur permit de faire.

Tous deux suspendus en l'air, ils s'y assirent, ils y marchèrent, ils y soulevèrent de la poussière. Tantôt de la partie inférieure de leur corps s'échappait un courant d'eau, et de la partie supérieure s'élançait une masse de feu; tantôt c'était de la partie supérieure que jaillissait l'eau et de la partie inférieure que sortait le feu. Tantôt ils grandissaient au milieu des airs, et devenaient ensuite comme des nains; tantôt, après être devenus comme des nains, ils grandissaient tout à coup. Ils disparaissaient du milieu des airs, et s'étant plongés sous terre, ils s'élançaient de nouveau dans le ciel.

Tels furent, ô fils de famille, les prodigieux effets de leur puissance surnaturelle, lesquels convertirent le roi Ornement-Sublime leur père. Le roi, en effet, ayant vu les miracles opérés par ses deux fils, content, satisfait, ravi, l'esprit transporté, plein de joie, de satisfaction et de plaisir, tenant ses mains jointes, parla ainsi à ses enfants : "Quel est, ô fils de famille, votre maître, et de qui êtes-vous les disciples ?"

_____________

Alors les deux jeunes princes parlèrent ainsi au roi Ornement-Sublime : "Il y a, ô grand roi, il existe un bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, un Vénérable assis sur le trône de la loi, auprès d'un arbre Éveil fait de substances précieuses, il explique d'une manière développée l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi, en présence du monde réuni aux dieux. Ce bienheureux est notre maître, et nous sommes, ô grand roi, ses disciples."

Alors le roi Ornement-Sublime dit aux deux jeunes princes : "Nous verrons nous-mêmes, ô fils de famille, votre maître; nous irons nous-mêmes en la présence du Bienheureux."

Ensuite, ô fils de famille, les deux jeunes princes étant descendus du haut des airs, se rendirent au lieu où se trouvait leur mère, et après avoir réuni leurs mains en signe de respect, ils lui parlèrent ainsi : "Notre père vient d'être converti à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, nous avons rempli à son égard l'office de maîtres; c'est pourquoi tu peux maintenant nous laisser aller; nous irons, en présence du bienheureux Ainsi-Venu, embrasser la vie religieuse."

_____________

Ensuite les deux princes adressèrent à leur mère les deux stances suivantes :

"Daigne consentir, chère mère, à ce que nous entrions
dans la vie religieuse en quittant la maison; nous
allons devenir religieux, car un Ainsi-Venu est aussi
difficile à rencontrer que le fruit de l'Udumbara;

Le Vainqueur est même plus difficile à obtenir.
Après avoir abandonné la maison, nous allons
entrer dans la vie religieuse; car le bonheur
d'un tel moment n'est pas facile à rencontrer."

Aussitôt Pur-Don, femme du roi, reprit en ces termes :

"Je vous laisse aller aujourd'hui, partez,
mes enfants, c'est bien; et nous aussi nous
entrerons dans la vie religieuse; car c'est
un être difficile à rencontrer qu'un Ainsi-Venu."

_____________

Ensuite les deux jeunes gens, après avoir prononcé les deux stances précédentes, s'adressèrent ainsi à leurs père et mère : "Bien, chers père et mère, réunis avec vous, nous irons tous ensemble auprès du bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse pour voir ce Vénérable, pour l'honorer, pour le servir et pour entendre la loi.

Pourquoi cela ? C'est que c'est une chose difficile à rencontrer que la naissance d'un Éveillé, aussi difficile à rencontrer que la fleur de l'Udumbara, que l'introduction du col d'une tortue dans l'ouverture d'un joug formé par le grand océan. Elle est difficile à rencontrer, ô chers père et mère, l'apparition des bienheureux Éveillés.

Aussi est-ce pour nous un mérite suprême d'être nés en ce monde au temps de la prédication d'un Éveillé. Laissez-nous donc partir, chers père et mère; nous irons embrasser la vie religieuse sous l'enseignement du bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse.

Pourquoi cela ? C'est que c'est une chose difficile à obtenir que la vue d'un Ainsi-Venu. C'est une chose difficile à rencontrer, au temps d'aujourd'hui, qu'un tel Roi de la loi, une chose extrêmement difficile à rencontrer qu'un être décoré de telles marques de perfection."

_____________

Or en ce temps-là, ô fils de famille, les femmes au nombre de quatre vingt-quatre mille, dont se composait la cours du roi Ornement-Sublime, devinrent capables de recevoir l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi.

Le jeune Pur-Regard s'exerça sur cette exposition de la loi, et le jeune Pur-Réceptacle pratiqua, pendant plusieurs myriades de milliers de milliards d'éons, la méditation "l'abandon du péché par la totalité des créatures", en disant : "Comment faire pour que toutes les créatures renoncent à toute espèce de péchés !"

La mère de ces deux jeunes princes, Pur-Don, femme du roi, acquit la connaissance de l'accord des discours de tous les Éveillés et l'intelligence des passages mystérieux de toutes leurs lois.

Ensuite, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime fut converti par ses deux fils à la loi de l'Ainsi-Venu; il y fut introduit, mûri complètement avec la foule de tous ses serviteurs; et la femme du roi, Pur-Don, avec la suite de tous ses gens, et les deux jeunes princes, fils du roi Ornement-Sublime, avec quarante-deux mille êtres vivants, avec leurs courtisanes et leurs ministres, réunis tous ensemble, s'étant rendus au lieu où se trouvait le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, après avoir adoré ses pieds en les touchant de leur tête, et avoir tourné sept fois autour de lui en le laissant à leur droite, se tinrent debout à l'écart.

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Alors le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, vénérable, voyant que le roi Ornement-Sublime était arrivé avec sa suite, l'instruisit complètement, l'éclaira, l'excita et le remplit de joie par un entretien relatif à la loi. Alors, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime fut bien et complètement instruit, éclairé, excité et rempli de joie par l'entretien relatif à la loi qu'avait eu avec lui le bienheureux Ainsi-Venu.

En ce moment, content, ravi, l'âme transportée, plein de joie, de satisfaction et de plaisir, après avoir attaché sur la tête de son jeune frère la bandelette royale, et l'ayant établi roi, Ornement-Sublime, suivi de ses fils et de ses gens, puis Pur-Don, la reine, également suivie de la troupe de toutes ses femmes, et ses deux fils avec quatre-vingt-quatre mille êtres vivants, réunis tous ensemble, pleins de foi dans l'enseignement du bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, quittèrent leur maison pour entrer dans la vie religieuse.

Et après qu'ils y furent entrés, le roi Ornement-Sublime, avec la suite de ses gens, passa quatre-vingt-quatre mille années dans l'application, occupé à contempler, à méditer, à approfondir cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi.

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Ensuite le roi Ornement-Sublime, parvenu au terme de ces quatre-vingt-quatre mille ans, acquit la méditation nommée "la Série des ornements de toutes les qualités", et aussitôt qu'il eut acquis cette méditation, il s'éleva dans les airs à la hauteur de sept empans. Alors, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime, se tenant suspendu en l'air, parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse :

"Mes deux fils que voilà, ô Bienheureux, sont mes maîtres; car c'est par les miracles, effets de leur puissance surnaturelle, que j'ai été détaché de cette grande foule de fausses doctrines, que j'ai été établi dans l'enseignement de l'Ainsi-Venu, que j'ai été mûri et introduit dans cette loi et excité à voir et à honorer l'Ainsi-Venu. Ce sont de vertueux amis, ô Bienheureux, que ces deux jeunes gens qui sont nés dans ma maison comme mes fils, c'est à-dire pour rappeler à mon souvenir l'ancienne racine de vertu qui était en moi."

Cela dit, le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse parla ainsi au roi Ornement-Sublime : "C'est, ô grand roi, comme tu le dis toi-même; car pour les fils ou pour les filles de famille, ô grand roi, en qui se sont développées des racines de vertu, et qui sont nés dans les lieux où se sont accomplies la naissance et la mort d'un Bienheureux, il est facile d'obtenir des amis vertueux, qui remplissent à leur égard l'office de maîtres.

_____________

Des amis vertueux sont des précepteurs, des introducteurs, des conducteurs qui mènent à l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli. C'est une noble position, ô grand roi, que l'acquisition d'amis vertueux, laquelle procure la vue d'un Ainsi-Venu. Vois-tu, ô grand roi, ces deux jeunes gens ?"

Le roi répondit : "Je les vois, ô Bienheureux ; je les vois, ô Bien-Allé."

Le Bienheureux reprit : "Eh bien, ces deux fils de famille, ô grand roi, rendront un culte à des Ainsi-Venus bienheureux en nombre égal à celui des sables de soixante-cinq Ganges; ils posséderont cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, par compassion pour les créatures livrées à de fausses doctrines, et pour faire naître, dans les créatures livrées à l'erreur, un effort vers la bonne doctrine."

Alors, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime, étant descendu de l'atmosphère, réunissant ses mains en signe de respect, parla ainsi au bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse : "Bien, bien, que l'Ainsi-Venu consente à m'enseigner de quelle science il faut que l'Ainsi-Venu soit doué, pour qu'on voie briller sur sa tête l'éminence qui la distingue, pour que le Bienheureux ait les yeux purs, pour que brille entre ses deux sourcils un cercle de poils dont l'éclat ressemble à la blancheur du disque de la lune, pour qu'une rangée de dents unies et serrées brille dans sa bouche, pour qu'il ait les lèvres comme le fruit de la plante Bimbâ et qu'il ait de beaux yeux."

_____________

Ensuite, ô fils de famille, le roi Ornement-Sublime ayant loué par cette énumération de ses qualités le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, et l'ayant célébré en chantant des myriades de milliers de milliards d'autres mérites qui le distinguaient, parla ainsi dans cette occasion au bienheureux Ainsi-Venu : "C'est une chose merveilleuse, ô Bienheureux, combien l'enseignement de l'Ainsi-Venu produit de grands avantages; de combien de qualités qui échappent à l'imagination est douée la discipline de la loi exposée par l'Ainsi-Venu; combien l'instruction donnée par l'Ainsi-Venu arrive heureusement à son but.

À partir de ce jour, ô Bienheureux, nous n'obéirons plus en esclaves à notre esprit, nous n'obéirons plus en esclaves aux fausses doctrines, nous n'obéirons plus en esclaves à la production des pensées de péché. En possession ô Bienheureux, de telles conditions vertueuses, je ne désire plus quitter la présence du Bienheureux."

Après avoir salué, en les touchant de la tête, les pieds du bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse, le roi, s'élançant dans le ciel, se tint debout. Ensuite le roi Ornement-Sublime et sa femme Pur-Don jetèrent du haut des airs, sur le Bienheureux, un collier de perles de la valeur de cent mille pièces d'or; et ce collier ne fut pas plutôt jeté, qu'un édifice élevé, fait de colliers de perles, s'arrêta au-dessus de la tête du Bienheureux, supporté sur quatre bases, ayant quatre colonnes, régulier, bien construit, beau à voir.

_____________

Et au sommet de cet édifice parut un lit recouvert de plusieurs centaines de milliers de pièces d'étoffes précieuses; et sur ce lit se montra une forme d'Ainsi-Venu, ayant les jambes croisées et ramenées sous son corps. Alors cette réflexion vint à l'esprit du roi Ornement-Sublime : "Il faut que la science de l'Éveillé ait une grande puissance, et que l'Ainsi-Venu soit doué de qualités qui échappent à la pensée, pour qu'au sommet de cet édifice ait apparu cette forme d'Ainsi-Venu aimable, agréable à voir, douée de la perfection d'une beauté supérieure."

Alors le bienheureux Ainsi-Venu Splendide-Sagesse s'adressa ainsi aux quatre assemblées : "Voyez-vous, ô religieux, le roi Ornement-Sublime se tenant suspendu en l'air et faisant entendre le rugissement du lion ?"

Les religieux répondirent : "Nous le voyons."

"Eh bien, reprit le Bienheureux, le roi Ornement-Sublime, ô religieux, après être devenu religieux sous mon enseignement, sera dans le monde le bienheureux Ainsi-Venu Roi-à-l'Arbre-Çâla, Vénérable, doué de science et de conduite. Il naîtra dans l'univers Grande-Lumière, et l'éon dans lequel il paraîtra portera le nom de Grand-Roi-Élevé.

Ce bienheureux Ainsi-Venu, ô religieux, aura une assemblée immense d'Êtres-d'Éveil, une assemblée immense d'Auditeurs. L'univers Grande-Lumière qu'il habitera, sera uni comme la paume de la main, et reposera sur un fonds de lapis-lazuli. C'est ainsi qu'il deviendra un Ainsi-Venu, un Vénérable tel que l'esprit ne peut l'imaginer."

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Pourrait-il, après cela, ô fils de famille rester encore en vous quelque incertitude, quelque perplexité, quelque doute ? Il ne faut pas vous imaginer que ce fut un autre que Splendeur-de-Vertu qui en ce temps-là et à cette époque était le roi nommé Ornement-Sublime. Pourquoi cela ? C'est que c'est l'Être-d'Éveil Splendeur-de-Vertu qui dans ce temps-là et à cette époque était le roi Ornement-Sublime.

Pourrait-il après cela, ô fils de famille, rester encore en vous quelque incertitude, quelque perplexité ou quelque doute ? Il ne faut pas vous imaginer que ce fût un autre que Marqué-d'Ornements-de-Lumière qui en ce temps-là et à cette époque était Pur-Don, femme du roi Ornement-Sublime. Pourquoi cela ? C'est que c'est l'Être-d'Éveil, le grand être nommé Marqué-d'Ornements-de-Lumière, qui dans ce temps-là et à cette époque était Pur-Don la femme du roi. C'est par compassion pour le roi Ornement-Sublime et pour les créatures, qu'il avait pris le rôle de femme du roi Ornement-Sublime.

Pourrait-il, après cela, ô fils de famille, rester en vous quelque incertitude, quelque perplexité ou quelque doute ? Il ne faut pas vous imaginer que ce fussent deux autres hommes que Roi-des-Remèdes et Remèdes-Supérieurs qui dans ce temps-là et à cette époque étaient ces deux jeunes princes. Pourquoi cela ? C'est que c'étaient Roi-des-Remèdes et Remèdes-Supérieurs qui dans ce temps-là et à cette époque étaient les deux fils de Ornement-Sublime.

_____________

C'est ainsi que les deux Êtres-d'Éveil Roi-des-Remèdes et Remèdes-Supérieurs, doués, ô fils de famille, de qualités qui échappent à l'imagination, et qui ont fait croître les racines de vertu qui étaient en eux, sous plusieurs myriades de milliers de milliards d'Éveillés; c'est ainsi que ces deux hommes vertueux sont doués de mérites inconcevables. Ceux qui se rappelleront le nom de ces deux hommes vertueux, deviendront tous dignes de respect dans le monde réuni aux dieux.

Or, pendant que ce récit de l'ancienne méditation du roi Ornement-Sublime était exposé, quatre-vingt-quatre fois cent mille êtres vivants acquirent, dans toutes les lois, la perfection de la vue de la loi pure et sans tache.
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Dernière édition par Coeur de Loi le Sam 8 Oct 2011 - 12:45; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:28    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 26 : Encouragements du Bodhisattva Sage-Universel
Le Bodhisattva Sage-Universel promet au Bouddha de protéger et d'encourager ceux qui propageront la Loi, surtout à l'époque de la fin de l'éon, où l'esprit religieux déclinera chez les hommes et où la Loi disparaitra progressivement.


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Chapitre 26

La satisfaction de Sage-Universel

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Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel, qui se trouvait à l'orient, entouré, suivi par des Êtres-d'Éveil qui dépassaient tout calcul, au milieu du tremblement des terres d'Éveillé, à travers une pluie de fleurs de lotus accompagnée du bruit de myriades de milliers de milliards d'instruments, s'avançant avec la grande puissance des Êtres-d'Éveil, avec leur grande facilité à se transformer, avec leur grand pouvoir surnaturel, avec leur grande magnanimité, avec leurs grandes facultés, avec le grand éclat de leur visage resplendissant, avec leur grand véhicule, avec leur grande force à produire des miracles.

Sage-Universel, dis-je, entouré, suivi par de grandes troupes de dieux, de dragons, de génies, de centaures, de titans, de chimères, de serpents géants, d'hommes et d'êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine, au milieu d'une foule de miracles, produits par sa puissance surnaturelle et que la pensée ne pourrait concevoir, se rendit dans l'univers Endurance; et après s'être dirigé vers le lieu où est situé Pic-du-Vautour le roi des montagnes, et où se trouvait le Bienheureux, après avoir salué, en les touchant de la tête, les pieds du Bienheureux, et avoir tourné sept fois autour de lui en le laissant sur sa droite, il lui parla ainsi :

"J'arrive ici, ô Bienheureux, de la terre d'Éveillé du bienheureux Ainsi-Venu Roi-Supérieur-en-Précieuse-Majesté, sachant qu'ici, ô Bienheureux, dans cet univers Endurance, a lieu l'exposition de la loi du lotus de la bonne loi; je suis venu ici pour l'entendre, en présence du bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas.

Et toutes ces centaines de milliers d'Êtres-d'Éveil, ô Bienheureux, sont venues également pour entendre cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi. Que le Bienheureux consente donc à l'enseigner; que l'Ainsi-Venu explique en détail cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi aux Êtres-d'Éveil, les grands êtres."

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Cela dit, le Bienheureux parla ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel : "Ces Êtres-d'Éveil, ô fils de famille, sont intelligents, mais cependant cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi est comme la vérité indivisible."

Les Êtres-d'Éveil répondirent : "C'est cela, ô Bienheureux, c'est cela, ô Bien-Allé."

Alors, pour établir dans cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi les religieux et les fidèles des deux sexes qui se trouvaient réunis dans cette assemblée, le Bienheureux parla de nouveau ainsi à l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel : "Cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, ô fils de famille, ne tombera dans les mains d'une femme que si celle-ci est douée de quatre conditions.

Et quelles sont ces quatre conditions ? C'est qu'elle recevra la bénédiction des bienheureux Éveillés; qu'elle fera croître les racines de vertu qui seront en elle; qu'elle sera établie sur l'amas de la certitude; qu'elle concevra l'idée de l'état suprême d'Éveillé parfaitement accompli dans le dessein de sauver tous les êtres.

Ce sont là, ô fils de famille, les quatre conditions dont devra être douée la femme à laquelle sera confiée cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi."

_____________

Ensuite l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel parla ainsi au Bienheureux : "Je veillerai, ô Bienheureux, à la fin des temps, dans la dernière période, dans les cinq cents dernières années de l'éon, sur les religieux qui posséderont ce discours; j'assurerai leur sécurité; je les protégerai contre le bâton et contre le poison, de sorte qu'aucun de ceux qui chercheront l'occasion de surprendre ces interprètes de la loi, ne puisse y parvenir, et que le diable, le pêcheur, voulant les surprendre, ne puisse y réussir, non plus que les fils du diable, ni les Corps-de-Démon, fils des dieux, ni les serviteurs du diable; de sorte qu'ils ne soient plus entourés de démons; de sorte que ni les fils des dieux, ni les génies, ni les fantômes, ni les zombies, ni les spectres, ni les goules désirant, cherchant l'occasion de surprendre ces interprètes de la loi, ne puissent y parvenir.

Je garderai, ô Bienheureux, toujours, sans cesse, dans tous les temps, un tel interprète de la loi. Et quand cet interprète de la loi, après avoir dirigé l'application de son esprit sur cette exposition de la loi, sera occupé à se promener, alors, ô Bienheureux, je m'avancerai à sa rencontre, porté sur un éléphant de couleur blanche et armé de six défenses; je me dirigerai, entouré d'une troupe d'Êtres-d'Éveil, vers l'endroit où se promènera cet interprète de la loi, afin de garder cette exposition de la loi.

_____________

De plus, si pendant que cet interprète de la loi dirigera l'application de son esprit sur cette exposition de la loi, il venait à en laisser échapper ne fût-ce qu'un seul mot ou qu'une seule lettre, alors monté sur ce roi des éléphants, de couleur blanche et armé de six défenses, me montrant face à face à cet interprète de la loi, je prononcerai de nouveau cette exposition de la loi dans son entier.

Et cet interprète de la loi m'ayant vu, et ayant entendu de ma bouche cette exposition de la loi dans son entier, satisfait, ravi, l'âme transportée, plein de joie, de satisfaction et de plaisir, acquerra une grande force dans cette exposition de la loi; et aussitôt qu'il me verra, il obtiendra la méditation. Et il sera en possession des formules nommées "l'accumulation des formules", "l'accumulation de milliers de milliards", et "l'habileté dans tous les sons".

Si à la fin des temps dans la dernière période, pendant les cinq cents dernières années de l'éon, ô Bienheureux, des religieux ou des fidèles de l'un ou de l'autre sexe, possédant, écrivant, recherchant, récitant ainsi cette exposition de la loi, s'appliquaient, en se promenant trois fois sept, ou vingt et un jours, à cette exposition de la loi, je leur montrerai mon propre corps dont la vue est agréable à tous les êtres.

_____________

Monté sur un éléphant de couleur blanche et armé de six défenses, environné d'une foule d'Êtres-d'Éveil, je me rendrai, le vingt et unième jour, au lieu où se promènent les interprètes de la loi, et y étant arrivé, j'instruirai ces interprètes de la loi je leur ferai accepter l'enseignement, je les exciterai, je les remplirai de joie, et je leur donnerai des formules, de sorte que ces interprètes de la loi ne pourront être opprimés par personne; de sorte qu'aucun être, soit parmi les hommes, soit parmi ceux qui n'appartiennent pas à l'espèce humaine, ne trouvera l'occasion de les surprendre, et que les femmes ne pourront les entraîner.

Je veillerai sur eux; j'assurerai leur sécurité, je les protégerai contre le bâton et contre le poison. Et je donnerai à ces prédicateurs de la loi les paroles des formules; écoute quelles sont les paroles de ces formules :

(Phrase en sanscrit, la formule est gardée secrète)

Ce sont là, ô Bienheureux, les mots des formules détentrices de pouvoirs. l'Être-d'Éveil, ô Bienheureux, dont l'ouïe sera frappée de ces formules, devra reconnaître que c'est la bénédiction de l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel qu'il vient d'entendre.

_____________

Et les Êtres-d'Éveil, les grands êtres dans les mains desquels tombera cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, ô Bienheureux, pendant qu'elle se trouvera dans le continent Jambu, ces Êtres-d'Éveil, dis-je, interprètes de la loi, devront reconnaître ce qui suit : "Oui, c'est grâce à la puissance et à la splendeur de l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel que cette exposition de la loi est tombée dans nos mains."

Les êtres, ô Bienheureux, qui écriront et qui posséderont ce discours, acquerront la conduite de l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel; ils deviendront de ceux qui auront fait croître, sous beaucoup d'Éveillés, les racines de vertu qui étaient en eux, de ceux dont l'Ainsi-Venu essuie le front avec sa main.

Ces êtres, ô Bienheureux, feront une chose qui m'est agréable. Ceux qui écriront ce discours et qui en comprendront le sens, s'ils viennent, ô Bienheureux, à quitter ce monde, après l'avoir écrit, renaîtront pour aller partager la condition des dieux Trente-Trois. À peine seront-ils nés parmi eux, que quatre-vingt-quatre mille nymphes célestes s'avanceront à leur rencontre. Ornés d'un diadème large comme un grand tambour, ces fils des dieux demeureront au milieu de ces nymphes célestes.

Voilà, ô Bienheureux, la masse de mérites que l'on recueille, lorsqu'on a écrit cette exposition de la loi; que dire de celle que l'on recueille quand on l'enseigne, quand on en fait sa propre lecture, quand on la médite, quand on la grave dans son esprit ?

_____________

C'est pourquoi, ô Bienheureux, il faut honorer en ce monde cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, il faut l'écrire, il faut la saisir de toute sa pensée. Celui qui l'écrira en y apportant une attention que rien ne soit capable de détourner, verra des milliers d'Éveillés lui tendre la main, et, au moment de sa mort, des milliers d'Éveillés lui montreront leur visage.

Il n'ira pas tomber dans les misères des mauvaises voies. Et quand il aura quitté ce monde, il renaîtra pour aller partager le sort des dieux Satisfaits, au milieu desquels réside l'Être-d'Éveil, le grand être Amour-Bienveillant, et où, portant les trente-deux signes de la beauté, entouré d'une troupe d'Êtres-d'Éveil, servi par des myriades de milliers de milliards de nymphes célestes, il enseigne la loi.

C'est pourquoi le fils ou la fille de famille qui est sage, doit en ce monde, après avoir honoré cette exposition de la loi, l'enseigner, la lire, la méditer, la graver dans son esprit. Après avoir écrit, ô Bienheureux, cette exposition de la loi, après l'avoir enseignée, après l'avoir lue, après l'avoir méditée, après l'avoir gravée dans son esprit, il entrera en possession de ces innombrables qualités. C'est pourquoi, ô Bienheureux, je bénirai moi-même en ce monde cette exposition de la loi, afin que, grâce à ma bénédiction, elle subsiste dans le continent Jambu."

_____________

En ce moment, le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas donna son assentiment à l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel : "Bien, bien, ô Sage-Universel; oui, c'est pour l'avantage et pour le bonheur de beaucoup d'êtres, par compassion pour le monde, pour l'utilité, l'avantage et le bonheur du grand corps des créatures, que tu es accompli, toi qui es doué de mérites inconcevables, toi qui, avec une attention extrême, portée à son comble par une grande miséricorde, avec une conception perfectionnée d'une manière inconcevable, donnes ta bénédiction à ces interprètes de la loi.

Les fils ou les filles de famille qui retiendront le nom de l'Être-d'Éveil, le grand être Sage-Universel, auront vu, il faut le reconnaître, l'Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas; ils auront entendu cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi de la bouche du bienheureux Sage-des-Çâkyas; ils auront adoré ce Bienheureux; ils auront donné leur assentiment à l'enseignement de la loi fait par l'Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas; ils auront accepté en la louant cette exposition de la loi.

L'Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas aura posé ses mains sur leur tête; le bienheureux Sage-des-Çâkyas aura été recouvert de leur vêtement. Il faut regarder, ô Sage-Universel, ces fils ou ces filles de famille comme, possédant l'enseignement de l'Ainsi-Venu; ils n'éprouveront pas de plaisir dans la doctrine des matérialistes; les hommes livrés à la poésie ne leur plairont pas; les danseurs, les musiciens, les lutteurs, les vendeurs de viande, les bouchers, ceux qui font le commerce des coqs ou des porcs, ceux qui entretiennent des femmes pour les autres, ne leur plairont pas davantage.

_____________

Après qu'ils auront entendu ce discours, qu'ils l'auront écrit, possédé, prêché, rien d'autre chose ne pourra leur plaire. De tels êtres doivent être regardés comme doués de la nature propre de la loi; ils posséderont chacun la compréhension personnelle la plus profonde. Ils seront capables de produire la force de leur propre vertu et agréables à voir pour les créatures, les religieux qui posséderont ainsi ce discours. Ils ne seront esclaves ni de l'affection, ni de la haine, ni de l'erreur, ni de l'envie, ni de l'égoïsme, ni de l'hypocrisie, ni de l'orgueil, ni de l'arrogance, ni du mensonge. Ces interprètes de la loi, ô Sage-Universel, se contenteront de ce qu'ils posséderont.

Ceux, ô Sage-Universel, qui à la fin des temps, dans la dernière période, dans les cinq cents dernières années de l'éon, verront un religieux possédant cette exposition de la loi du lotus de la bonne loi, devront, après l'avoir vu, concevoir cette pensée : "Ce fils de famille parviendra au trône de l'Éveil; ce fils de famille vaincra la foule des soldats du diable; il fera tourner la roue de la loi; il fera résonner les timbales de la loi; il fera retentir la conque de la loi; il fera tomber la pluie de la loi; il montera sur le trône de la loi.

Ceux qui à la fin des temps, dans la dernière période, dans les cinq cents dernières années de l'éon, posséderont cette exposition de la loi, ne seront pas des religieux avides, désirant avec passion des vêtements et des boissons. Ces interprètes de la loi seront justes; ils posséderont les trois moyens de délivrance; ils seront exempts de la nécessité de reparaître à l'avenir dans les conditions de ce monde.

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Mais ceux qui jetteront dans le trouble de tels interprètes de la loi, deviendront aveugles. Ceux qui feront entendre des injures à de tels religieux possesseurs de la loi, verront, dans ce monde même, leur corps marqué de taches de lèpre. Ceux qui parleront avec un ton de hauteur et de mépris aux religieux qui écriront ce discours, auront les dents brisées; ils les auront séparées par de grands intervalles les unes des autres; ils auront des lèvres dégoûtantes, le nez plat, les pieds et les mains de travers, les yeux louches; leur corps exhalera une mauvaise odeur; il sera couvert de pustules, de boutons, d'enflures, de lèpre et de gale.

Ceux qui feront entendre des paroles désagréables, fondées ou non, à ceux qui possèdent, qui écrivent ou qui enseignent ce discours, doivent être regardés comme se rendant coupables du plus grand crime. C'est pourquoi, ô Sage-Universel, il faut en ce monde se lever du plus loin qu'on peut pour aller à la rencontre de tels religieux possesseurs de cette exposition de la loi. De même qu'en présence de l'Ainsi-Venu on témoigne du respect, de même il faut en témoigner aux religieux qui possèdent ce discours."

Or, pendant que ce récit de la satisfaction de Sage-Universel était exposé, des milliers de milliards d'Êtres-d'Éveil, des grands êtres en nombre égal â celui des sables du Gange, devinrent possesseurs de la formule qui se nomme "l'accumulée".
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Dernière édition par Coeur de Loi le Ven 18 Juin 2010 - 20:24; édité 4 fois
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin 2010 - 16:28    Sujet du message: Le soutra du lotus Répondre en citant

Résumé du chapitre 27 : Transmission
Le Bouddha Sage-des-Çâkyas remet entre les mains des Bodhisattvas présents la Loi qu'il vient de prêcher et il leur recommande de la garder et de l'enseigner.


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Chapitre 27

Le dépôt

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Alors le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, après s'être levé de dessus le siège de la loi, ayant réuni sur un seul point tous les Êtres-d'Éveil, et ayant pris leur main droite de sa grande habileté à faire des miracles, prononça en ce moment les paroles suivantes :

"Je remets en vos mains, ô fils de famille, je vous confie, je vous livre, je vous transmets cet état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, que je n'ai acquis qu'au bout d'innombrables myriades de milliers de milliards d'éons; vous devez, ô fils de famille, faire en sorte qu'il s'étende et se répande au loin."

Une seconde et une troisième fois le Bienheureux étendant sa main droite sur l'assemblée tout entière des Êtres-d'Éveil, leur dit ces paroles : "Je remets entre vos mains, ô fils de famille, je vous confie, je vous livre, je vous transmets cet état suprême d'Éveillé parfaitement accompli, qui est arrivé jusqu'à moi après d'innombrables myriades de milliers de milliards d'éons, Vous devez, ô fils de famille, le recevoir, le garder, le réciter, le comprendre; l'enseigner, l'expliquer et le prêcher à tous les êtres."

_____________

"Je suis sans avarice, ô fils de famille, je ne renferme pas en moi mes pensées; je suis intrépide; je donne la science de l'Éveil; je donne la science de l'Ainsi-Venu, celle de l'Être existant par lui-même. Je suis le maître de la grande aumône, ô fils de famille; aussi devez-vous, ô fils de famille, apprendre de moi cette science; vous devez, exempts d'avarice, prêcher aux fils et aux filles de famille qui viendront se réunir autour de vous cette exposition de la loi, qui est la vue de la science de l'Ainsi-Venu, et la grande habileté dans l'emploi des moyens.

Et les êtres qui ont de la foi, comme ceux qui n'en ont pas, doivent être également amenés à recevoir cette exposition de la loi. C'est ainsi, fils de famille, que vous acquitterez votre dette envers les Ainsi-Venus."

_____________

Cela dit, les Êtres-d'Éveil furent remplis d'une grande joie et d'une grande satisfaction par le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas, et après avoir conçu pour lui un grand respect, inclinant, courbant, penchant leur corps en avant, baissant la tête et dirigeant leurs mains réunies en signe de respect du côté où se trouvait le Bienheureux, ils lui dirent d'une seule voix : "Nous ferons, ô Bienheureux, selon ce que le bienheureux Ainsi-Venu l'ordonne; nous exécuterons, nous remplirons les ordres de tous les Ainsi-Venus. Que le Bienheureux modère son ardeur, qu'il se repose tranquille."

Une seconde et une troisième fois la foule tout entière des Êtres-d'Éveil s'écria d'une seule voix : "Que le Bienheureux modère son ardeur, qu'il se repose tranquille. Nous ferons, ô Bienheureux, selon ce que le bienheureux Ainsi-Venu l'ordonne, et nous remplirons les ordres de tous les Ainsi-Venus."

_____________

Ensuite le bienheureux Ainsi-Venu Sage-des-Çâkyas congédia tous les Ainsi-Venus, les Vénérables venus chacun de différents univers, et il leur annonça une existence heureuse en disant : "Les vénérables Ainsi-Venus vivent heureusement." Puis il fixa sur la terre le temple du bienheureux Ainsi-Venu Maint-Trésor et lui annonça aussi une heureuse existence. Voilà ce que dit le Bienheureux.

Transportés de joie, les innombrables Ainsi-Venus, les Vénérables venus des autres univers, assis sur des trônes auprès d'arbres de diamant, le vénérable Ainsi-Venu Maint-Trésor, l'assemblée toute entière des innombrables Êtres-d'Éveil ayant à leur tête Pratique-Supérieure, qui étaient sortis des fentes de la terre, tous les grands auditeurs, la réunion toute entière des quatre assemblées et l'univers avec les dieux, les hommes, les titans et les centaures, louèrent ce que le Bienheureux avait dit.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:49    Sujet du message: Le soutra du lotus

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